Affaire Benalla : « Les contradictions paraissent justifier que le procureur ouvre une enquête pour qu’on sache qu’on n’a pas le droit de mentir à une commission d’enquête » considère Philippe Bas
Philippe Bas, sénateur de la Manche et Président de la commission d’enquête Benalla revient, après la conférence de presse, sur les éléments du rapport.

Affaire Benalla : « Les contradictions paraissent justifier que le procureur ouvre une enquête pour qu’on sache qu’on n’a pas le droit de mentir à une commission d’enquête » considère Philippe Bas

Philippe Bas, sénateur de la Manche et Président de la commission d’enquête Benalla revient, après la conférence de presse, sur les éléments du rapport.
Public Sénat

Par Marion D'Hondt

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Pour Philippe Bas, la mise en cause de hauts personnages de l’État, pour faux témoignages et retenue d’informations, n’est que « la pointe extrême de notre travail ». Il considère que « nous avons contribué à l’œuvre de vérité » et que, désormais, « chacun peut se faire son propre jugement ». Pour lui, « la société a le droit de demander des comptes à son administration », cela fait partie d’un « droit de regard sur l’État ».

Le Président Bas salue « un Sénat libre, indépendant et non-aligné ». Pour lui, « il est le seul à pouvoir réellement apporter un contre-pouvoir » et à « éclairer les Français quand un sujet émerge ». Il réaffirme que « nous avons été attentifs à bien respecter notre mandat », ainsi que « les prérogatives de la justice et du Président de la République ». Il précise que la commission a été « scrupuleuse » et « soucieuse que les Français accèdent à toute l’information ».

« Nous exerçons un droit de contrôle sur l’État, si on nous ment, on ne peut pas remplir ce rôle »

Philippe Bas rappelle qu’ « au début des auditions, nous avons demandé : "Est-ce que M. Benalla a des responsabilités en matière de sécurité ?" Et il nous a été répondu que non ». Ensuite, « au mois de septembre, la Présidence a reconnu que M. Benalla exerçait une fonction de coordination et de garde du corps ». C’est alors que la commission a considéré que « la vérité avait été retenue ».

Philippe Bas rappelle « une très bonne coopération de ces mêmes autorités [qui sont mises en cause] sur d’autres points de l’enquête ». Il précise que « nous ne sommes pas dans une sorte de vindicte », mais plutôt que « nous relevons les compteurs et constatons les contradictions ». Le sénateur considère que « le procureur doit ouvrir une enquête pour qu’on sache qu’on n’a pas le droit de mentir à une commission d’enquête ».

Concernant Yann Drouet, l'ancien chef de cabinet du préfet de police de Paris, la commission « n’a pas souhaité que le procureur soit spécifiquement saisi de son cas ». Elle a préféré « faire une liste de propos contradictoires qui ont été entendus ». Ainsi, « il appartiendra au procureur de déterminer s’il y a eu faux témoignage », mais la commission, elle, n’a « pas souhaité l’incriminer nommément ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : suivez le premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
7min

Politique

Présidentielle 2027 : une multitude de candidats mais combien seront-ils réellement sur la ligne de départ ?

À huit mois de l’élection présidentielle, la course à l’Élysée donne l’impression d’une compétition sans limite. Une trentaine de personnalités, déclarées, pressenties ou envisagées, ambitionnent déjà de se présenter. Mais entre les primaires, le financement des campagnes et surtout les 500 parrainages d’élus nécessaires, la liste devrait rapidement se réduire.

Le

Photo illustration collage affiches election presidentielle de 2027
5min

Politique

Présidentielle : et si les électeurs français étaient moins indécis qu’on ne le pense ?

Une étude de Terra Nova en partenariat avec Cluster 17 sortie ce mercredi étudie la structure de l’électorat français à quelques mois de la présidentielle. Elle décrit des électeurs répartis en cinq blocs politiques. Si la porosité entre eux est possible, elle est plus probable entre blocs voisins. Si aucune majorité ne se dégage des estimations du premier tour, au second, le modèle prédit une victoire de Marine Le Pen dans tous les cas.

Le

Paris: The senate vote on an amendment of a government plan to enshrine the « freedom » to have an abortion in the French Constitution
11min

Politique

« La disparition de François Patriat nous ressoude encore plus » : confiant sur son maintien lors des sénatoriales, le groupe RDPI face à l’après Macron

Avec le décès de François Patriat, qui dirigeait le groupe macroniste depuis sa création en 2017, le RDPI, dont plus de la moitié des membres est renouvelable, aborde les sénatoriales dans des conditions très spéciales. Mais la disparition du fidèle d’Emmanuel Macron vient aujourd’hui resserrer les liens. Des questions se poseront plutôt après la présidentielle, où la « recomposition au centre » pourrait concerner le groupe, qui va avant se trouver un nouveau président. Plusieurs noms circulent.

Le