Air France-KLM : les aides de l’Etat seront remboursables
Mercredi, quatre dirigeants d’Air France-KLM ont été auditionnés au Sénat. Sans aides de l’Etat, la survie de la compagnie aérienne est menacée. Le gouvernement s’apprête à dévoiler son plan pour sauver l’entreprise de la faillite : plusieurs milliards d’euros de prêts.

Air France-KLM : les aides de l’Etat seront remboursables

Mercredi, quatre dirigeants d’Air France-KLM ont été auditionnés au Sénat. Sans aides de l’Etat, la survie de la compagnie aérienne est menacée. Le gouvernement s’apprête à dévoiler son plan pour sauver l’entreprise de la faillite : plusieurs milliards d’euros de prêts.
Public Sénat

Par Samia Dechir

Temps de lecture :

4 min

Publié le

C’est l’un des secteurs les plus durement touchés par la pandémie de coronavirus. En 2020, les pertes des entreprises aériennes pourraient s’élever à 290 milliards d’euros d’après l’association internationale du transport aérien. En France, comme ailleurs, la quasi-totalité des avions est clouée au sol. Air France-KLM assure moins de 5% de son trafic habituel. « C’est une situation d’une extrême gravité, à laquelle le secteur aérien n’a jamais été confronté depuis ses origines » a jugé son directeur général Benjamin Smith devant les sénateurs.

« Nous avons besoin de liquidités »

La commission de l’aménagement du territoire et du développement durable attendait des précisions sur la situation financière du groupe, dont l’Etat français détient aujourd’hui 14,3% du capital. Mais les dirigeants sont restés très discrets. Tout juste a-t-on appris qu’un besoin de liquidités était attendu « au troisième trimestre 2020. C’est vous dire que la situation est très sérieuse » a reconnu la présidente non exécutive Anne-Marie Couderc.

Autrement dit, Air-France KLM aura très rapidement besoin de cash pour assurer sa survie. Et compte bien sur l’aide du gouvernement français, ainsi que sur celle de l’Etat néerlandais, lui aussi actionnaire à hauteur de 14,3% du groupe.

Un plan dévoilé dans les prochains jours

Un temps envisagée par le gouvernement, la piste d’une nationalisation d’Air France semble avoir été abandonnée au profit d’une recapitalisation. Le nouveau budget rectificatif prévoit 20 milliards d’euros pour renflouer le capital des entreprises stratégiques comme Air France. Combien l’Etat pourrait-il mettre sur la table pour sauver l’entreprise et ses 46 000 salariés de la faillite ?

Là encore, les dirigeants n’ont laissé filtré aucun chiffre durant l’audition. Ils ont cependant précisé que ces aides seront remboursables. Elles prendront la forme de « prêts garantis par les Etats ou des prêts directs des Etats » a précisé Anne-Marie Couderc. Des discussions sont actuellement en cours, et devraient aboutir « dans les prochains jours ».

« Nous sommes prêts à accélérer notre transformation »

Quelque soit le montant des aides, beaucoup de parlementaires souhaiteraient qu’elles soient conditionnées à des exigences environnementales pour la compagnie. « Nous sommes prêts à accélérer notre transformation » a déclaré Benjamin Smith. Sans annoncer de nouvelles promesses écologiques, le Directeur général a assuré que malgré la crise, l’ensemble des engagements environnementaux antérieurs à la pandémie seraient maintenus.

La compagnie prévoit donc toujours une réduction de 50% des émissions de CO2 par passager-kilomètre d’ici à 2030 (année de référence 2005). « La moitié de cet objectif a déjà été atteint en 2019 », a rappelé Ben Smith. Air France-KLM participera aussi à la construction d’une filière française de biocarburant aéronautique. L’entreprise s’engage enfin à un renouvellement accéléré de sa flotte, avec la sortie anticipée des avions les plus polluants et l’entrée d’avions moins polluants comme l’Airbus220 « qui consomme 20% de fuel en moins » a expliqué Anne Rigail, directrice générale d’Air France.

L’avenir des petites lignes aériennes en jeu

Si les sénateurs se sont dit plutôt rassurés sur le plan environnemental, ils n’ont pas caché leur inquiétude sur le maintien des vols d’Air France dans les territoires ruraux. La compagnie assure cinq délégations de service public pour desservir des zones enclavées. Toutes sont aujourd’hui suspendues. Les liaisons les moins rentables seront-elles maintenues à la même fréquence qu’avant ?

Rien n’est moins sûr. Avant la crise, Air France avait déjà engagé un plan pour restaurer ses marges sur les vols domestiques. Il prévoyait encore un ajustement de 18%. « Il faut avoir en tête de maintenir certaines destinations (…) Nous regarderons au cas par cas, il faut que ces lignes d’aménagement du territoire soient soutenables économiquement » a prévenu Anne Rigail.

Partager cet article

Dans la même thématique

Air France-KLM : les aides de l’Etat seront remboursables
3min

Politique

« Scroller sur son téléphone tue l’empathie, on est anesthésié », Tina Kieffer

Journaliste de renom passée par « Frou Frou » et les rédactions engagées de « Marie Claire » et « DS Magazine », elle a mis l’engagement humanitaire au cœur de sa vie après la rencontre bouleversante d’une petite fille cambodgienne. Une petite fille qui deviendra sa fille adoptive et qui donnera son nom à l’école « Happy Chandara ». L’établissement fête cette année ses 20 ans, il est aujourd’hui un campus et il forme des milliers de filles, petites et grandes, qui participent activement à la reconstruction d’un pays meurtri par le génocide et la dictature des Khmers rouges. Cette semaine, Tina Kieffer est l’invitée de Rebecca Fitoussi dans Un monde, un regard.

Le

Air France-KLM : les aides de l’Etat seront remboursables
3min

Politique

« Soit je quittais l’Afghanistan, soit j’étais morte » : le récit bouleversant de la fuite de cette para-athlète de son pays

Désormais, Zakia Khudadadi concourt sous les couleurs de la France. Un épilogue heureux pour cette championne de para-taekwondo qui a fui son pays en 2021 lors de la prise de pouvoir des talibans. Un récit émouvant, ainsi qu’un combat personnel mené aussi bien sur les tapis que dans la vie, qu’elle raconte au micro de Caroline Delage dans Sport etc… sur Public Sénat.

Le

Air France-KLM : les aides de l’Etat seront remboursables
6min

Politique

Breturn : « La porte est ouverte, ils n'ont qu'à revenir ! » lance cet eurodéputé espagnol

Alors que la présidente de la Commission a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l’UE, les 27 s’interrogent : faut-il créer un nouveau statut ? Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne qui exprime ses regrets et son envie de se rapprocher de l’Union, dix ans après le référendum sur le Brexit. Alors faut-il que l’Europe s’ouvre et jusqu’où ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).

Le