Audiovisuel public : le Sénat valide le remplacement de la redevance par la TVA, mais demande une réforme pérenne
Lors de l’examen du budget 2023, le Sénat a confirmé la suppression de la contribution à l’audiovisuel public, et sa compensation par une fraction du produit de la TVA. La gauche a contesté le montant de cette compensation, alors que le rapporteur général a demandé une réforme pérenne, puisque la solution trouvée cette année reste provisoire.

Audiovisuel public : le Sénat valide le remplacement de la redevance par la TVA, mais demande une réforme pérenne

Lors de l’examen du budget 2023, le Sénat a confirmé la suppression de la contribution à l’audiovisuel public, et sa compensation par une fraction du produit de la TVA. La gauche a contesté le montant de cette compensation, alors que le rapporteur général a demandé une réforme pérenne, puisque la solution trouvée cette année reste provisoire.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Les sénateurs avaient entériné la suppression de la contribution à l’audiovisuel public cet été, lors du projet de loi de finances rectificative, mais ils avaient déjà alerté, à l’époque, sur l’impréparation du gouvernement et l’absence de proposition alternative de financement pérenne. Plus de trois mois plus tard, les interrogations soulevées n’ont trouvé aucune réponse. Le gouvernement a bien affecté une fraction de la TVA au financement de l’audiovisuel public dans le budget 2023, mais à terme, aucune solution crédible et solide n’a pu émerger. Le Sénat a fait des propositions de l’organisation et du financement de l’audiovisuel public pour pallier la suppression de la redevance, mais dans ce budget 2023, le gouvernement s’est contenté d’affecter une fraction du produit de la TVA à un compte spécial « d’avances à l’audiovisuel public. »

« Le gouvernement n’a cessé de baisser ce budget »

Le sénateur socialiste David Assouline a contesté le montant affecté par le gouvernement à l’audiovisuel public, en dénonçant un écart entre « les grands discours » et le budget effectivement présenté : « Le gouvernement n’a cessé de baisser ce budget, puisqu’il y a eu 60 millions d’euros en moins pour Radio France sur la période 2018-2022, et 454 millions pour France Télévision. Aujourd’hui on nous dit le gouvernement fait un effort. Le budget augmente, mais deux fois moins que l’inflation. »

« On a tenu compte de l’impact de l’inflation sur les dépenses » des entreprises de l’audiovisuel public, s’est défendu le ministre des Comptes publics, Gabriel Attal. « Le budget part du plan d’affaires de l’audiovisuel public, et d’un travail extrêmement fin pour qualifier les besoins en termes d’inflation, qui ne s’applique pas de manière forfaitaire aux postes de dépenses », a-t-il ajouté, pour défendre les 3,8 milliards affectés à l’audiovisuel public.

« La TVA c’est l’inverse de l’impôt juste et progressif »

Face aux différentes propositions de la gauche de créer un financement par un nouvel impôt, plus progressif, qui ferait payer un montant inférieur à l’ancienne redevance à 85 % des ménages, ou par des taxes, Gabriel Attal a simplement confié être « défavorable aux augmentations d’impôt. » David Assouline s’est un peu agacé de cette fin de non-recevoir : « Il ne faut pas mentir, il ne faut pas dire que les Français ne payent pas votre mode de financement. Au contraire, c’est beaucoup plus injuste parce que c’est par la TVA que tous les Français payent maintenant l’audiovisuel public, et c’est l’inverse de l’impôt juste et progressif. Vous avez décidé tout seul de vous priver de cet argent. »

La majorité sénatoriale n’a pas voté les différents amendements de la gauche sur le sujet, tout en enjoignant l’exécutif d’entamer une réflexion pour proposer « rapidement » une réforme pérenne. « J’appelle le gouvernement à engager la réforme de l’audiovisuel public », a ainsi répété le rapporteur général LR du budget, Jean-François Husson. « Il y a nécessité de se mettre au travail, on l’a dit dans la foulée de la suppression de la redevance audiovisuelle. Il n’y a pas de temps à perdre », a-t-il développé, tout en ne se disant « pas spécialement favorable à la création de taxes dans ce contexte de forte inflation. »

Partager cet article

Dans la même thématique

PSG Victory Celebration Champions League Paris
7min

Politique

Violences après la victoire du PSG : « Plutôt une spécificité parisienne que française », note le politiste Fabien Jobard

Le deuxième sacre du PSG en ligue des Champions ce week-end a une nouvelle fois été marqué par des scènes de débordements, de casses et de violences dans l’espace public. Des faits qui ont conduit à 890 interpellations. Fabien Jobard, directeur de recherches au CNRS rappelle la particularité du club de la capitale dont « l’essentiel des forces supportrices vient de banlieues parisiennes. Des territoires caractérisés par la récurrence des affrontements entre ses habitants et la police ».

Le

UNIVERSITE TOULOUSE CAPITOLE
6min

Politique

Parcoursup, apprentissage… que contient le projet de régulation de l’enseignement supérieur privé examiné ce lundi par le Sénat ?

Les sénateurs examinent en séance ce lundi 1er juin le projet de loi sur la régulation de l’enseignement supérieur privé, censé offrir des garanties aux étudiants face aux pratiques douteuses d’une partie du secteur. Un agrément de l’État et une réforme des conditions de l’apprentissage sont prévus dans le texte issu de la commission.

Le

Paris Gabriel Attal Meeting
8min

Politique

« Un an pour convaincre » : pour son premier grand meeting, Gabriel Attal mise sur « l’espoir » et joue sa différence avec Edouard Philippe

Devant 5.000 personnes réunies à Paris, Gabriel Attal a réussi sa première grande démonstration de force. Le candidat à la présidentielle entend dessiner un projet loin du « pessimisme » ambiant avec « quatre chantiers capitaux » : l’école, avec « moins de 20 élèves par classe » en primaire, les salaires, les frontières et l’intelligence artificielle, et « deux dettes à résorber », celle des finances publiques et du réchauffement climatique. Mais il n’oublie pas de se démarquer de son principal concurrent, un certain Edouard Philippe…

Le