Black blocks : les mesures coup de poing des sénateurs LR contre les casseurs
Le Sénat examine ce mardi, une proposition de loi du groupe Les Républicains, pour lutter contre les violences dans les manifestations. Ce texte instaure des fouilles des manifestants et des sanctions plus dures.

Black blocks : les mesures coup de poing des sénateurs LR contre les casseurs

Le Sénat examine ce mardi, une proposition de loi du groupe Les Républicains, pour lutter contre les violences dans les manifestations. Ce texte instaure des fouilles des manifestants et des sanctions plus dures.
Alexandre Poussart

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La droite sénatoriale s’attaque aux black blocks. Le Sénat va examiner une proposition de loi, déposée par Bruno Retailleau et plusieurs sénateurs Les Républicains, pour lutter contre les violences dans les manifestations. La droite sénatoriale a souhaité réagir aux violences et aux dégradations commises durant les manifestations du 1er mai par les « black blocks », ces groupes éphémères qui se fondent dans les cortèges, visent certains bâtiments et s’en prennent aux forces de l’ordre. Le 1er mai, 1200 black blocks ont été dénombrés et 300 ont été interpellés.

Des fouilles à l’entrée des cortèges de manifestants

Cette proposition de loi permet de créer des périmètres dans les manifestations à l’entrée desquels les policiers pourront fouiller les manifestants. Ce dispositif se rapproche des périmètres de sécurité dans les zones exposées à des risques terroristes, mis en place par la loi d’octobre 2017 intégrant certaines mesures de l’état d’urgence dans le droit commun.

Un fichier national des personnes interdites de manifestation

Ce texte donne au préfet le pouvoir d’interdire à une personne de manifester si elle représente une menace pour l’ordre public. Actuellement, seul le pouvoir judiciaire peut prononcer des interdictions individuelles de manifester. Les sénateurs souhaitent créer un fichier national regroupant toutes les personnes interdites de manifestation.

Port de la cagoule : un délit passible d’un an de prison

Alors que les black blocks sont souvent cagoulés pour ne pas être identifiés, la droite sénatoriale veut sanctionner plus durement la dissimulation de son visage dans une manifestation et créer un délit, passible d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende. Un manifestant cagoulé écope pour le moment d’une contravention et de 1 500 euros d’amende.

Le texte élargit aussi la sanction du port d’arme dans une manifestation (3 ans de prison et 45 000 euros d’amende) au port de fusées d’artifice et matériel pyrotechnique pouvant être utilisés comme une arme. Une mesure que le gouvernement considère inutile du point de vue du droit actuel.

La gauche dénonce une atteinte à la liberté de manifester

Les sénateurs socialistes et communistes s’opposent à cette proposition de loi car ils dénoncent une atteinte à la liberté de manifester. Pour le sénateur PS Jérôme Durain, « il ne faut avoir aucune indulgence vis-à-vis des casseurs, mais le droit de manifester est fondamental en démocratie. Ce texte est une caricature. Il faut comprendre comment fonctionnent les black blocks plutôt que d’entrer dans une logique répressive. »  Pour Jérôme Durain, ce texte rappelle la loi anti-casseurs adoptée en 1970 et supprimée par François Mitterand en 1981 dès son arrivée au pouvoir (lire l’article de Simon Barbarit). Mardi, dans l’hémicycle du Sénat, le clivage droite-gauche sera encore d’actualité.

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