Budget : « Il y aura un 49.3, le débat est dans l’impasse politique », affirme Eric Woerth
Alors que les députés examinent depuis lundi le projet de loi de finances 2023, l’exécutif a déjà dû faire face à deux motions de censure déposées par La France Insoumise. Pour le député Renaissance Éric Woerth, invité mardi de « Bonjour chez vous » sur Public Sénat, le recours au 49.3 apparaît inévitable.

Budget : « Il y aura un 49.3, le débat est dans l’impasse politique », affirme Eric Woerth

Alors que les députés examinent depuis lundi le projet de loi de finances 2023, l’exécutif a déjà dû faire face à deux motions de censure déposées par La France Insoumise. Pour le député Renaissance Éric Woerth, invité mardi de « Bonjour chez vous » sur Public Sénat, le recours au 49.3 apparaît inévitable.
Romain David

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Une question de jours, d’heures peut-être ? La teneur des débats à l’Assemblée nationale, où a débuté lundi l’examen du projet de loi de finances 2023, ne laisse guère de doutes quant au recours par l’exécutif de l’article 49.3 pour faire adopter son budget en se passant du vote des députés. Reste encore à savoir quand est-ce que le gouvernement estimera utile de dégainer cette arme constitutionnelle et de mettre fin aux discussions. « Il n’y a pas de vérité dans ce domaine-là. Il faut regarder comment se passe le débat », commente Éric Woerth, l’ancien ministre du Budget de Nicolas Sarkozy. « Hier il y a eu deux motions de l’extrême gauche, qui étaient des motions de rejet du débat. C’est assez curieux parce qu’ils disaient : ‘Le débat ! Le débat ! Le débat ! On ne dialogue pas !’ Et là, on a des motions pour rejeter le débat. Ces gens sont toujours à la limite de l’incohérence complète en prenant des contradictions permanentes », soupire l’ex-LR, qui a rallié Emmanuel Macron pendant la présidentielle, et qui était, ce mardi 11 octobre, l’invité de la matinale de Public Sénat.

« Il y aura un 49.3, puisque chacun a indiqué qu’il ne voterait pas le budget », assure Éric Woerth, qui reproche aux oppositions, en particulier celles de gauche, de tout faire pour entraver les discussions. 3 341 amendements ont été déposés et doivent être examinés en séance publique. « On n’est pas loin de l’obstruction parlementaire […] c’est évidemment extrêmement difficile », relève notre invité. « Il y a une brutalité du débat parce qu’une grande partie de la Nupes en a une vision violente, estime encore Éric Woerth qui évoque « l’interruption des orateurs, le non-respect de ce que disent les uns et les autres. » « Bref, ajoute-t-il, ils n’écoutent pas. »

« On ne peut pas non plus perdre trop de temps »

Monté à la tribune en fin d’après-midi, Éric Coquerel, le président de la commission des finances à l’Assemblée nationale, et l’une des principales voix du groupe La France insoumise à l’Assemblée, a demandé au gouvernement de surseoir à l’utilisation du 49.3. « Laissons le temps du débat », a-t-il lancé.

« Les oppositions agrégées de LR à Nupes, en passant par le RN, ont dit qu’elles ne voteraient pas avant même d’entamer le débat. Elles ont mis sur la table, dès le départ, la conclusion du débat. Et comme la conclusion c’est de ne pas voter, c’est un débat qui est dans l’impasse politique », poursuit Éric Woerth, qui invoque également un calendrier parlementaire chargé pour justifier un éventuel passage en force. « On ne peut pas non plus perdre trop de temps, nous avons besoin de beaucoup de temps pour faire plein d’autres choses ».

Partager cet article

Dans la même thématique

4min

Politique

Esclavage : « L’identité française est faite de grands récits et de grands crimes », reconnaît Emmanuel Macron

A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.

Le

Gabriel Attal walks in Bordeaux
4min

Politique

Présidentielle 2027 : en Aveyron, Gabriel Attal officialise sa candidature

C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.

Le

French ruling Renaissance party holds political meeting in Arras
6min

Politique

Gabriel Attal, à l’heure du grand saut présidentiel ?

Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.

Le

ZFE la fin des Zones a Faibles Emissions votee par l Assemblee Nationale
3min

Politique

Loi de « simplification » : le Conseil constitutionnel censure la suppression des ZFE et l’assouplissement du ZAN

Le Conseil constitutionnel a censuré ce jeudi 21 mai plusieurs articles emblématiques de la loi de « simplification économique », parmi lesquels la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) et un assouplissement des règles du « zéro artificialisation nette » (ZAN). Jugées sans rapport direct avec le projet de loi initial, ces dispositions ont été qualifiées de « cavaliers législatifs ». Au total, 25 articles sur 84 ont été censurés totalement ou partiellement, au terme d’un feuilleton parlementaire de deux ans.

Le