Budget : le Sénat relève de nouveau le plafond du quotient familial
Les sénateurs ont relevé de 1570 à 1750 euros par demi-part le plafond du quotient familial pour donner plus de pouvoir d’achat aux familles. Le ministre Olivier Dussopt a donné le bilan définitif de la baisse de l’impôt sur le revenu, décidée l’an dernier pour 17 millions de Français. Elle a rapporté en moyenne 302 euros.

Budget : le Sénat relève de nouveau le plafond du quotient familial

Les sénateurs ont relevé de 1570 à 1750 euros par demi-part le plafond du quotient familial pour donner plus de pouvoir d’achat aux familles. Le ministre Olivier Dussopt a donné le bilan définitif de la baisse de l’impôt sur le revenu, décidée l’an dernier pour 17 millions de Français. Elle a rapporté en moyenne 302 euros.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Parfois, les débats sur le budget se suivent et se ressemblent. Comme les années précédentes, la majorité sénatoriale LR-UDI a adopté un relèvement du quotient familial. Et comme chaque année, le gouvernement, qui s’y oppose, reviendra sur ce vote devant l’Assemblée.

Mais pour les sénateurs de droite et du centre, c’est une question autant de fond que de position politique. Il faut aider les familles. L’amendement du rapporteur LR, Jean-François Husson, propose ainsi de relever le plafond du quotient familial de 1570 euros à 1750 euros par demi-part pour l’impôt sur le revenu 2021 pour donner plus de pouvoir d’achat aux familles. « Près de 2 millions de familles seraient concernées » souligne le rapporteur ou plus exactement 1,7 million. La droite sénatoriale a le mérite de la constance sur le sujet. La mesure était déjà adoptée en 2017 par exemple ou encore en 2019.

« Nous ne partageons pas les critiques sur la réforme du quotient intervenue entre 2013 et 2015 » a répondu le ministre en charge des Comptes publics, Olivier Dussopt. Il a au passage informé la Haute assemblée des résultats définitifs, obtenus « depuis quelques heures », sur la baisse de l’impôt sur le revenu de 5 milliards d’euros, décidée par le gouvernement depuis le début 2020 au bénéfice de 17 millions de Français : « 302 euros de montant moyen » annonce Olivier Dussopt, « nous le retrouvons de manière extrêmement bien répartie sur l’ensemble du territoire ». Pour le ministre, c’est aussi « une réponse à l’argument de la réévaluation des tranches ».

« Débat éternel » et « rituel » sur l’impôt sur le revenu

Car ce fut, là encore comme les années précédentes, l’autre débat de ce début de PLF : le niveau de l’impôt sur le revenu. Pour le centriste Vincent Delahaye, il faut baisser les premières tranches. Pour les socialistes et les communistes, il faut au contraire relever les plus hautes, voire en créer, pour augmenter la contribution des plus hauts revenus.

Sur ces « dernières tranches, c’est un débat éternel » lance Jean-François Husson. « Ces amendements soulèvent des débats presque rituels à l’ouverture du PLF, année après année » ajoute le ministre, qui rappelle la ligne du gouvernement : ne « pas créer de prélèvement obligatoire nouveau et maintenir la stabilité fiscale ».

Réponses qui ne suffisent pas aux communistes, qui insistent sur la progressivité de l’impôt. « Depuis 2017, cet article ne change jamais. C’est de la surdité totale. On n’arrive pas à faire passer des amendements pour faire évoluer la répartition. On ne change rien. On est hors sol » regrette le sénateur PCF Pascal Savoldelli. Ces amendements ont été rejetés.

Relèvement du taux forfaitaire d’abattement pour frais professionnels

Certains amendements LR ont, eux, été adoptés. Pour compenser les surcoûts des masques ou les coûts pour les télétravailleurs (perte de la participation employeur aux frais du déjeuner, nécessité de chauffer et d’éclairer son logement pendant la journée), les sénateurs Jean-Baptiste Blanc et Christine Lavarde ont voulu augmenter temporairement le taux forfaitaire d’abattement pour frais professionnels (qui est légalement fixé à 10 % des revenus) à 12,5 %, en limitant la hausse de la déduction à 1500 euros. Un amendement de Roger Karoutchi a été adopté également. Il vise à supprimer, pour les professionnels médicaux hospitaliers, la limite de 5000 euros pour la non-imposition des heures supplémentaires.

Partager cet article

Dans la même thématique

France Protests
4min

Politique

Mobilisation du 31 octobre : à quoi faut-il s’attendre ?

Le samedi 31 octobre s’annonce comme une journée sous haute tension en France. Après la mobilisation du 24 octobre qui s’est déroulée relativement dans le calme, la coordination des gilets jaunes et les organisations syndicales des lycéens et des étudiants ont appelé à « un acte III », une nouvelle journée de mobilisation sociale contre la vie chère. Face au risque « très élevé » de débordements, le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez prévoit de mobiliser 70 000 forces de l’ordre.

Le

Paris. french socialist parti national council.
15min

Politique

« Je ne veux pas devenir un vieux con » : du mouvement lycéen à Raphaël Glucksmann, David Assouline, l’ancien trotskiste toujours dans les coulisses

Ancienne figure du mouvement étudiant contre la loi Devaquet, en 1986, David Assouline fait aujourd’hui partie de ceux qui œuvrent au succès de la campagne de Raphaël Glucksmann. Formé à l’école trotskiste, cet ancien de la LCR a rejoint le PS dans les années 90, avant de passer 19 ans comme sénateur. « Tacticien et stratège », ce natif d’une famille juive marocaine, naturalisé à l’âge de 13 ans, sait ferrailler dans l’appareil socialiste. Il met aujourd’hui son expérience au profit de Raphaël Glucksmann, prédisant une « recomposition » et « un moment de dépassement » pour le PS.

Le

Nationwide protests over cost of living – Dijon
6min

Politique

Mouvement lycéen : Un « semi mea culpa » du gouvernement sur la gestion de la crise

Interviewé ce mercredi sur la chaîne YouTube Hugo Décrypte, Emmanuel Macron s’est dit « dans le soutien et la compassion » des élèves blessés lors des manifestations et blocus. De son côté, ce jeudi, Edouard Geffray, ministre de l’Education, reconnaît que le gouvernement aurait « dû être plus rapide » dans sa gestion de la crise. A l’approche de la rentrée scolaire, la communication du gouvernement semble vouloir donner des signes d’apaisement.

Le

FRA – ASSEMBLEE – 4 COLONNES
8min

Politique

Après la proposition de primaire de Gabriel Attal, rejetée par le camp Philippe et Retailleau, le blocage perdure

En proposant une « grande primaire des démocrates », Gabriel Attal ne fait qu’un « exercice de communication » pour avoir un « prétexte » pour se maintenir, dénonce-t-on dans l’équipe de campagne d’Edouard Philippe. « Ce ne sont pas les ego qui doivent parler mais bien le sens de la responsabilité », soutient la députée Prisca Thévenot, proche du candidat Renaissance.

Le