Climat : « Ce serait honteux pour les sénateurs si on n’arrivait pas à un référendum », réagit Barbara Pompili
Après le vote des sénateurs et l’échec de la deuxième lecture au Parlement sur l’inscription de la protection de l’environnement à l’article 1 de la Constitution, la ministre de la Transition écologique fait part de sa « colère ». Elle veut aussi se battre pour réinscrire le texte à l’agenda.

Climat : « Ce serait honteux pour les sénateurs si on n’arrivait pas à un référendum », réagit Barbara Pompili

Après le vote des sénateurs et l’échec de la deuxième lecture au Parlement sur l’inscription de la protection de l’environnement à l’article 1 de la Constitution, la ministre de la Transition écologique fait part de sa « colère ». Elle veut aussi se battre pour réinscrire le texte à l’agenda.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti était aux premières loges lorsqu’il a constaté que le Sénat en resterait à sa rédaction. A l’issue de la deuxième lecture du projet de loi constitutionnelle, ce sont encore deux formulations irréconciliables qui s’opposent sur l’article 1 de la Constitution, qui doit accueillir la préservation de l’environnement et la lutte contre le réchauffement climatique. Promesse d’Emmanuel Macron formulée après le filtre appliqué aux propositions de la Convention citoyenne pour le climat, l’adoption de ce projet de révision constitutionnelle par référendum reste impossible à ce stade, députés et sénateurs ayant refusé d’adopter un texte identique.

Une semaine après la fin des débats au Sénat sur le projet de loi climat et résilience, la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili a rejeté la responsabilité sur les sénateurs. Elle était l’invitée d’Audition publique, ce 5 juillet, sur Public Sénat et LCP-Assemblée nationale, en partenariat avec Le Figaro. « Je constate que manifestement les sénateurs sont contre la transition écologique. Ils ont vidé de sa substance une bonne partie du projet de loi climat résilience. Et là, ils empêchent de faire ce référendum que nous attendons », a-t-elle réagi, regrettant que la majorité sénatoriale de droite et du centre n’ait pas su « dépasser les postures idéologiques ». Si la ministre n’a pas été jusqu’à reprendre les mots du porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, qui dénonçait dans la matinée une « ligne climatosceptique » chez les Républicains, elle a néanmoins employé des mots durs à leur égard. A travers leur vote, les sénateurs sont apparus comme des « climato-inactifs » et des « climato-résignés », selon ses mots.

« M. le président, trouvons des solutions pour aboutir »

Dans le prolongement de Christophe Castaner, le patron des députés La République en marche, Barbara Pompili a lancé un appel en direction de Gérard Larcher, pour tenter de parvenir à un compromis. « M. le président, trouvons des solutions pour aboutir, ce serait honteux pour la classe politique et honteux pour les sénateurs si on n’arrivait pas à un référendum à la fin de l’année. »

Sa « colère » n’a pas entamé sa « détermination » à favoriser le processus à aller à son terme. Cependant, la ministre admet qu’il ne sera pas facile de remettre le texte à l’agenda une fois de plus après l’été. « On a un agenda parlementaire qui est très chargé. Il y a beaucoup de réformes qu’on veut continuer de faire passer. Est-ce que l’on va réussir à réinscrire le texte ? Il faut voir s’il y a possibilité d’atterrir sur une rédaction. » Barbara Pompili l’a assuré au cours de l’émission, l’ordre du jour « va faire l’objet de discussions ».

L’horizon du référendum s’est obscurci, mais la ministre garde un espoir. « J’essaye d’y croire toujours. Je serai toujours aux côtés de ceux qui veulent y arriver. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Climat : « Ce serait honteux pour les sénateurs si on n’arrivait pas à un référendum », réagit Barbara Pompili
6min

Politique

Breturn : « La porte est ouverte, ils n'ont qu'à revenir ! » lance cet eurodéputé espagnol

Alors que la présidente de la Commission a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l’UE, les 27 s’interrogent : faut-il créer un nouveau statut ? Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne qui exprime ses regrets et son envie de se rapprocher de l’Union, dix ans après le référendum sur le Brexit. Alors faut-il que l’Europe s’ouvre et jusqu’où ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).

Le

FRA – VOEUX DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
11min

Politique

Marine Le Pen demande la démission de Richard Ferrand : le président du Conseil constitutionnel est-il vraiment sorti de sa réserve ?

Les parlementaires du RN et de l’UDR ont saisi le Conseil constitutionnel pour demander la « démission d'office » de son président, Richard Ferrand. Celui-ci a estimé publiquement que la révision de la Constitution proposée par Marine Le Pen n’était pas faisable. Interrogés par Public Sénat, plusieurs constitutionnalistes considèrent qu’il a pris parti sur une question de droit toujours en suspens depuis plus de soixante ans. D’autres, comme Dominique Rousseau et Benjamin Morel, dénoncent une tentative de déstabilisation de la part de l’extrême droite, contre une institution susceptible de jouer les garde-fous face à l’application du programme du RN.

Le

France, Perpignan, October 13, 2026: High school and university students demonstrate with trade union support
7min

Politique

Vote à 16 ans : la jeunesse doit-elle avoir son mot à dire dans les urnes ?

Comme d’autres avant lui, Jean-Luc Mélenchon veut ouvrir les urnes aux lycéens, alors que les mobilisations de la jeunesse se multiplient. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier défendent aussi la mesure. Pourtant, malgré des retours réguliers dans le débat présidentiel, le vote à 16 ans reste lettre morte. Plusieurs universitaires analysent les résistances à cette réforme et ses effets possibles sur la participation politique.

Le