Confinement : l’opposition renvoie la faute sur le gouvernement pour son manque d’anticipation
Les partis d’opposition sont ressortis pour le moins mécontents de la réunion avec Jean Castex sur la situation sanitaire. Ils reprochent le manque d’information sur ce que va annoncer Emmanuel Macron. Le porte-parole du gouvernement évoque « un élargissement du couvre-feu, un confinement territorialisé, qui peut aussi être national ».

Confinement : l’opposition renvoie la faute sur le gouvernement pour son manque d’anticipation

Les partis d’opposition sont ressortis pour le moins mécontents de la réunion avec Jean Castex sur la situation sanitaire. Ils reprochent le manque d’information sur ce que va annoncer Emmanuel Macron. Le porte-parole du gouvernement évoque « un élargissement du couvre-feu, un confinement territorialisé, qui peut aussi être national ».
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Venus pour rien, ou presque. Voilà en résumé, le sentiment des présidents de groupes parlementaires et chefs de partis, après la réunion avec le premier ministre, Jean Castex, sur la situation sanitaire. Alors que les options – confinement le week-end, confinement national sans les écoles – fuitent dans la presse, l’exécutif est resté flou, à en croire la classe politique à la sortie. Un peu, finalement, comme à chaque réunion de ce type, qui s’apparente plus à un habillage de la consultation qu’à un véritable échange. Pour le plan com’ du gouvernement, c’est pratique. Pour les élus, beaucoup moins. Il faudra de nouveau attendre la parole présidentielle, mercredi, à 20 heures, pour connaître les annonces.

« Café du commerce »

« Nous venons de vivre un voyage en absurdie. On nous réunit pour nous demander notre avis sur des mesures qu’on ne connaît pas » a lâché à la sortie Marine Le Pen, présidente du RN. Regardez :

« Cette réunion nous laisse sur un goût amer d’inachevé », « toutes les cartes n’ont pas été abattues » souligne de son côté Patrick Kanner, président du groupe PS du Sénat (voir la première vidéo). Il ajoute :

On a posé un diagnostic mais on ne nous a pas donné les éléments du traitement.

Même sentiment pour Hervé Marseille, président du groupe Union centriste du Sénat. « On n’apprend pas beaucoup de choses. On réunit tous les groupes du Parlement pour donner un avis sur quelque chose qu’on n’exprime pas. Ça finit par tourner… je ne vais pas dire au café du commerce mais presque ». « Ce qui est assez pénible, c’est qu’on nous demande un avis sur quelque chose qu’on ne pose pas », et en même temps, « sans attendre les effets du couvre-feu, on va certainement passer à autre chose ». Et de conclure : « Je ne comprends pas pourquoi on nous réunit ». Regardez (images Aurélien Romano) :

« On était venu en espérant que cette fois-ci, le gouvernement ne convoquerait pas les présidents de groupe et chefs pour faire le teasing des mesures annoncées demain, sur lesquelles on ne sait rien » rage Olivier Faure, numéro 1 du PS, devant les locaux du ministère de la Santé, où avait lieu la réunion. Il continue : « Nous avons malheureusement assisté à une forme de grand café du commerce où chacun était invité à dire ce qu’il avait envie ou pas de connaître dans les prochaines semaines ».

« Défaut d’anticipation total »

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a en revanche clairement exposé la situation. Elle est « grave ». « D’ici le 11 novembre nos hôpitaux seront saturés (…) si nous ne changeons pas complètement de politique pour limiter l’épidémie, donc il y a une urgence. A partir de là, la question est posée : faut-il un reconfinement généralisé, sectorisé ou partiel ? » demande le numéro 1 du PCF, Fabien Roussel, qui n’a pas la réponse. Situation qui « suppose des mesures drastiques », confirme Olivier Faure.

A regarder les chiffres, « on est à quelques semaines du pic de la première vague », corrobore Julien Bayou, secrétaire national d’EELV. Pour les oppositions, la responsabilité de la situation revient clairement à l’exécutif. « On s’oriente tout droit vers des mesures drastiques rendues nécessaires par un défaut d’anticipation. On paie le fait que gouvernement n’a pas renforcé l’hôpital public, (…) que les masques n’étaient pas gratuits alors qu’ils étaient obligatoires, (…) qu’on n’ait pas incité les salariés au télétravail en septembre » dénonce l’écologiste. « Si le gouvernement prend des décisions difficiles, c’est d’abord le fruit de ses errements. Nous ne voulons pas que la représentation nationale endosse une responsabilité qui est d’abord la sienne » ajoute Julien Bayou. « C’est l’échec du déconfinement depuis le 11 mai dernier » pour Patrick Kanner. « On aurait pu tirer les leçons de la première vague. La réalité, c’est qu’on est dans une situation pire » estime Marine Le Pen, qui dénonce aussi « un défaut d’anticipation total ».

« Elargissement du couvre-feu », « confinement territorialisé » ou « national » selon le porte-parole du gouvernement

Après les responsables d’opposition, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a tenté d’exposer une autre vision de la réunion aux journalistes. « Nous constatons une hausse exponentielle, dans une majeure partie de l’Europe, de l’épidémie » a-t-il commencé. Manière de souligner que quel que soit le pays, et donc le gouvernement, la deuxième vague est inéluctable. Regardez :

Selon les prévisions, « nous devrions atteindre dans une semaine le même nombre de patients hospitalisés qu’au pic de la première vague » a confirmé Gabriel Attal, « la situation est grave ».

Le porte-parole du gouvernement a en revanche récusé toute volonté de laisser l’opposition dans le flou. « Le premier ministre a été très clair sur les mesures qu’il est possible de prendre pour freiner l’épidémie : un élargissement du couvre-feu, un confinement territorialisé, qui peut aussi être national. Les pistes ont été clairement exposées par le premier ministre » assure Gabriel Attal.

Mais selon Patrick Kanner, Jean Castex n’a pas eu cette clarté. « Non, il a dit regardez ce qui se passe dans les pays étrangers. Je ne vais pas dire qu’on nous a amusés, mais bon… Toutes les cartes sont dans la main d’Emmanuel Macron et c’est lui qui va les abattre. Et nous, on aura les miettes, lors du débat au Parlement jeudi et avec l’examen du projet de loi sur l’état d’urgence ».

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