Coronavirus : échange musclé entre le sénateur LR de l’Oise Jérôme Bascher et Laurent Nuñez
Un échange très tendu a opposé le sénateur LR de l’Oise, l’un des principaux foyers de développement du Covid-19 en France, au secrétaire d’État à l’Intérieur, Laurent Nuñez. Le premier a dénoncé une forme d’ «impréparation», le second lui a reproché des «propos indignes».

Coronavirus : échange musclé entre le sénateur LR de l’Oise Jérôme Bascher et Laurent Nuñez

Un échange très tendu a opposé le sénateur LR de l’Oise, l’un des principaux foyers de développement du Covid-19 en France, au secrétaire d’État à l’Intérieur, Laurent Nuñez. Le premier a dénoncé une forme d’ «impréparation», le second lui a reproché des «propos indignes».
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

La fièvre est montée pendant les Questions d’actualité au gouvernement. Dès le début de son intervention, le sénateur LR de l’Oise Jérôme Bascher a ironisé sur l’absence du ministre de la Santé sur les bancs du gouvernement. « Ma question s’adresse à M. Véran, il doit être confiné… » L’Oise est le foyer le plus important en France de personnes atteintes du coronavirus Covid-19. Dans neuf communes, les déplacements sont limités.

Très remonté contre ce qu’il nomme une « désorganisation » à l’œuvre dans les communes de l’Oise, le sénateur LR a dénoncé une « impréparation » de la part des autorités face à cette crise sanitaire. « On improvise », s’est exclamé Jérôme Bascher au sujet des fermetures d’écoles, ou encore de la distribution des masques à destination des professionnels de santé. Dix millions de masques, issus des stocks stratégiques de l’État, ont commencé à être envoyés dans les pharmacies, a annoncé hier le ministre de la Santé. Une décision tardive selon le sénateur. « Vous avez oublié les premiers de cordée : ce sont les médecins libéraux, les hospitaliers, les infirmiers, les pompiers, les visiteurs d’Ehpad, les visiteurs à domicile ! »

« Vous portez la responsabilité, Monsieur le sénateur, d’avoir rompu ce consensus »

C’est Laurent Nuñez, qui a pris la parole pour la réponse du gouvernement. Rabattant le micro brutalement, le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur a été échauffé par les « propos indignes » du sénateur, selon ses mots. « Je crois qu’il ne faut pas rompre un consensus […] Vous portez la responsabilité, Monsieur le sénateur, d’avoir rompu ce consensus », a répliqué sèchement le ministre. « Je ne peux évidemment pas vous laisser parler d’une impréparation de la crise que nous vivons, de l’épidémie que nous vivons ! »

Après la réunion d’un Conseil de défense à l’Élysée ce matin, le secrétaire d’État a indiqué qu’il avait appelé les élus du département pour leur « expliquer les mesures », « dans la plus grande transparence ».

« On ne va pas parler d’indignité, nous sommes sur le terrain comme vous », a réagi le sénateur dans sa réplique. « Le préfet fait le travail. Il est d’ailleurs contaminé, preuve qu’on n’a pas fait assez pour les premiers de cordée ! » En réalité, le représentant de l’État ne fait l’objet que d’une mesure de précaution. Il est à l’isolement depuis dimanche, après avoir côtoyé le maire de Crépy-en-Valois, testé positif au coronavirus.

Jérôme Bascher évoque une commission d’enquête

Le sénateur a également prévenu le gouvernement que le Parlement contrôlerait la gestion de la crise, « via une mission d’enquête ». Un quart d’heure avant, sa collègue socialiste du même département, Laurence Rossignol, interrogeait le ministère des Armées sur le rôle de la base militaire de Creil, dans la diffusion départementale du virus.

Interrogé sur l’éventualité de reporter les élections municipales des 15 et 22 mars, et sur les risques encourus par les bénévoles des bureaux de vote, Laurent Nuñez a répété, comme la porte-parole du gouvernement à l’issue du Conseil des ministres, que ce n’était « absolument pas à l’ordre du jour aujourd’hui ». « Il n’y a pas de risque sanitaire identifié à ce stade », a-t-il insisté. « Il n’y a pas de risque à se rendre dans un bureau de vote, où les personnes votent de manière très espacée. Il y a un généralement un mètre d’espacement dans une file ». Des échanges doivent s’ouvrir dans les prochains jours avec les associations d’élus, dont l’Association des maires de France (AMF), pour décider d’éventuelles mesures prophylactiques.

Partager cet article

Dans la même thématique

Sammy Baloji, Clémentine Samba Mushidi, Kasaji, province du Lualaba, 2018 – Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la galerie Imane Farès, Paris
4min

Politique

« Les festivals de l’été » : Aux rencontres photographiques d’Arles « Nous apportons le doute sur ce qu’on voit » revendique son directeur 

C’est le rendez-vous estival des amateurs de photographie. Pour leur 57ème édition, les Rencontres de la photographie d'Arles mettent à l’honneur le travail de photographes africains. Des nouveaux regards sur un continent central et une invitation renouvelée à une compréhension complexe de la réalité du monde, loin des images et des vérités assénées par les médias sociaux, comme le revendique son directeur Christoph Wiesner.

Le

Coronavirus : échange musclé entre le sénateur LR de l’Oise Jérôme Bascher et Laurent Nuñez
4min

Politique

« Dans le monde politique et de l’entreprise, le pouvoir dénature les gens », observe Elisabeth Moreno

Si devenir ministre lui a permis de faire avancer la cause des femmes, elle a aussi, pendant deux ans, découvert l’envers du monde politique. Entre « carriérisme », environnement masculin et manque de soutien pour faire avancer le féminisme, Elisabeth Moreno revient sur ses combats, son expérience gouvernementale et les travers du pouvoir au micro de Rebecca Fitoussi, dans l’émission Un monde, un regard.

Le

Heat Wave in the North
5min

Politique

La justice ordonne le démantèlement de « mégabassines » en Charente-Maritime : les agriculteurs condamnés invoquent la loi d’urgence agricole et font appel

Neuf agriculteurs ont été condamnés par la justice, jeudi 23 juillet, à démanteler quatre retenues d’eau qu’ils utilisent illégalement depuis dix-sept ans. Ils ont annoncé faire appel et se fondent sur le prétendu « décalage » entre cette décision et la loi d’urgence agricole tout juste adoptée, très favorable au développement de ces « bassines ».

Le

PARIS, Conseil constitutionnel, Constitutional Council, Palais Royal
7min

Politique

Le Conseil constitutionnel est-il devenu un arbitre sursollicité ?

Longtemps perçu comme le gardien discret de la Constitution, le Conseil constitutionnel s’impose aujourd’hui comme l’un des acteurs incontournables de la vie politique. Jamais autant saisi sur les lois votées par le Parlement depuis une quinzaine d’années, il est devenu le passage obligé des textes les plus sensibles. Loin d'un dysfonctionnement, cette hyper-activité traduit les nouvelles dynamiques du pouvoir sous l'ère de la « majorité relative ».

Le