Covid-19 : « Le Conseil de défense est en train de remplacer le Conseil des ministres », reproche Xavier Bertrand
Auditionné ce 22 septembre devant la commission d'enquête du Sénat sur l’évaluation des politiques publiques face aux pandémies, l’ancien ministre du Travail et la Santé (2010-2012) a livré un regard critique vis-à-vis de l'importance croissante prise par le conseil de défense.

Covid-19 : « Le Conseil de défense est en train de remplacer le Conseil des ministres », reproche Xavier Bertrand

Auditionné ce 22 septembre devant la commission d'enquête du Sénat sur l’évaluation des politiques publiques face aux pandémies, l’ancien ministre du Travail et la Santé (2010-2012) a livré un regard critique vis-à-vis de l'importance croissante prise par le conseil de défense.
Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

Que pense l’ancien ministre de la Santé (de 2005 à 2007, puis de 2010 à 2012) Xavier Bertrand de la montée en puissance dans la pandémie de Covid-19 du Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN), un service du Premier ministre, et du Conseil de défense, dans la prise de décision ? La question lui était posée ce 22 septembre par l’un des rapporteurs de la commission d’enquête du Sénat sur la gestion des pandémies, Bernard Jomier (apparenté PS). « Une ancienne ministre de la Santé nous a dit un peu crûment que c’était surtout une réunion pour que le chef de l’État puisse assister aux réunions. »

L’ancien ministre a livré son point de vue avec sarcasme. « Le Haut conseil de défense, c’est ce qui est en train de remplacer le Conseil des ministres, en ce moment, c’est ça ? » Avant de se montrer critique sur ce glissement institutionnel. « Il y a une évolution constitutionnelle, politique… Je ne vais pas en dire plus mais ça donne le sentiment que le Conseil des ministres n’est plus là et que c’est maintenant le Haut conseil de défense qui décide de tout. Vous avez compris mon point de vue. Il y a des institutions, il y a des instances : les respecter c’est mieux. »

Lors de son audition à l’Assemblée nationale le 2 juillet dernier, Xavier Bertrand avait déjà jugé d’un œil réprobateur l’action du Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale, qui avait opéré en 2013 un changement de doctrine sur la constitution des stocks de masques. « Je vais être très clair : ce n’est pas le ministère de la santé qui a élaboré cette doctrine, mais le SGDSN, qui est rattaché à Matignon », avait expliqué devant la représentation nationale, mettant en cause un « délitement de la responsabilité ».

Partager cet article

Dans la même thématique

NANTES :  Electoral posters for municipal elections.
12min

Politique

Municipales : les sondages sont-ils fiables ?

Faut-il se méfier des sondages pour les municipales ? Durant la campagne, la question s’est posée après la publication de deux sondages Odoxa et Ifop sur Nantes, totalement contradictoires. « C’est probablement la méthodologie qui a été choisie qui explique les écarts importants », explique Gaël Sliman, président et cofondateur d’Odoxa. « Les enquêtes par téléphone ne sont pas les plus efficaces ou faciles, et beaucoup sont réalisées par téléphone » dans les villes moyennes, ajoute Jean-Daniel Levy, directeur délégué de Harris Interactive. Plongée dans la fabrique des sondages.

Le

Illustration of the posters for the first round of the municipal elections in Paris
8min

Politique

Municipales 2026 : les enjeux du second tour parti par parti

De nombreux enseignements seront à tirer du second tour des municipales dimanche 22 mars. La France Insoumise et le RN vont tenter de confirmer leur implantation locale par des victoires dans quelques grandes villes. Au PS et chez les LR, une victoire à Paris sera déterminante. L’union des partis de gauche sera-t-elle payante à Lyon, Toulouse ou encore Nantes ? Le parti Renaissance pourra-t-il s’appuyer sur des victoires symboliques à Annecy et Bordeaux ?

Le

Covid-19 : « Le Conseil de défense est en train de remplacer le Conseil des ministres », reproche Xavier Bertrand
5min

Politique

« Certains souhaitaient la fusion, d’autres non » : à Paris, le camp de Pierre-Yves Bournazel divisé sur le choix de rejoindre Rachida Dati au second tour

La décision du candidat Horizons Pierre-Yves Bournazel de fusionner avec la liste de Rachida Dati, tout en se retirant à titre personnel, pourrait relancer la droite dans un scrutin parisien très mal embarqué. Mais le choix de rejoindre Rachida Dati ne fait pas consensus dans son camp, ni chez ses électeurs, reconnait à Public Sénat l’ex-député macroniste Clément Beaune, qui a refusé de figurer sur la liste d'union et reste vague sur ses intentions de vote au second tour.

Le