Covid-19 : le Sénat ne transmet pas le cas de Jérôme Salomon à la justice
Dans son rapport, la commission d’enquête du Sénat sur la gestion de l’épidémie de Covid-19 révèle le rôle majeur du directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, dans la non-reconstitution du stock stratégique de masques. Pour autant, les parlementaires font le choix de ne pas transmettre ses déclarations au parquet.

Covid-19 : le Sénat ne transmet pas le cas de Jérôme Salomon à la justice

Dans son rapport, la commission d’enquête du Sénat sur la gestion de l’épidémie de Covid-19 révèle le rôle majeur du directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, dans la non-reconstitution du stock stratégique de masques. Pour autant, les parlementaires font le choix de ne pas transmettre ses déclarations au parquet.
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Le Sénat va-t-il transmettre au parquet des déclarations de Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, épinglé dans le rapport de la commission d’enquête sur la gestion de Covid-19 ? C’est la question posée par Public Sénat, lors d’une conférence de presse, ce jeudi.

En effet, les sénateurs chargent clairement Jérôme Salomon, le directeur général de la santé. Ce dernier, bien qu’alerté en 2018 par Santé publique France (SPF) que 600 millions de masques sont déclarés non conformes, décide de ne commander que 50 millions de masques.

Jérôme Salomon n’a « pas informé la ministre » de la Santé, Agnès Buzyn. Dès fin décembre 2019, la ministre lui avait pourtant envoyé un mail lui faisant part de son intuition d’une pandémie mondiale. Ce n’est qu’un mois plus tard qu’elle sera informée de l’état du stock stratégique de masques, réduit à portion congrue : 100 millions.

Pressions de Jérôme Salomon sur Santé publique France

Mais surtout, selon le rapport de la commission d’enquête, le DGS « a modifié un rapport scientifique a posteriori pour justifier sa décision ». Une accusation qui s’appuie sur un échange de mails, obtenu par les sénateurs, entre le directeur général de la santé et celui de Santé publique France, François Bourdillon, au sujet d’un rapport d’expert. Cet expert, c’est Jean-Paul Stahl, professeur de maladies infectieuses au CHU de Grenoble.

« L’analyse de courriels échangés entre la direction générale de la santé et Santé publique France atteste d’une pression directe de M. Salomon sur l’agence afin qu’elle modifie la formulation des recommandations de ce rapport avant sa publication au grand public » dit le rapport sénatorial.

Or, lors de son audition en septembre 2020 devant le Sénat, le directeur général de la santé s’est appuyé sur le rapport Stahl « pour justifier l’inutilité de constituer un tel stock et la pertinence de n’avoir commandé que si peu de masques en octobre 2018 » constatent les sénateurs.

« Nous ne sommes pas un tribunal »

La rapporteure LR de la commission d’enquête, Catherine Deroche indique que le « choix de transmettre au bureau du Sénat (qui décide ensuite de transmettre au parquet) les déclarations de Jérôme Salomon « ne font pas partie de ses conclusions », « comme c’était le cas pour l’affaire Benalla » a-t-elle rappelé.

« Nous touchons les limites d’une commission d’enquête. D’autant qu’il y a des procédures judiciaires qui sont en cours […] Nous ne sommes pas un tribunal. Nous notons juste que ces informations n’ont pas été portées à notre connaissance par les acteurs que nous avons auditionnés. Nous avons dû les mettre en lumière » a complété le rapporteur PS Bernard Jomier, qui qualifie néanmoins « de dysfonctionnement grave des pouvoirs publics » les pressions exercées par Jérôme Salomon.

« Il s’agit d’une omission, pas d’un faux témoignage » a résumé le président LR de la commission d’enquête, Alain Milon.

 

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