Crimes sexuels sur mineurs : « Le gouvernement veut avancer vite »
Le gouvernement veut poursuivre ses réflexions sur les questions liées à l’inceste, à la prescription, ou encore au seuil d’âge retenu dans le Code pénal, a souligné le secrétaire d’Etat Adrien Taquet, sur Public Sénat. Une concertation a été lancée. Mais l’exécutif ignore pour le moment s’il s'appuiera sur le texte adopté au Sénat.

Crimes sexuels sur mineurs : « Le gouvernement veut avancer vite »

Le gouvernement veut poursuivre ses réflexions sur les questions liées à l’inceste, à la prescription, ou encore au seuil d’âge retenu dans le Code pénal, a souligné le secrétaire d’Etat Adrien Taquet, sur Public Sénat. Une concertation a été lancée. Mais l’exécutif ignore pour le moment s’il s'appuiera sur le texte adopté au Sénat.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Alors que la parole continue de se libérer concernant les crimes sexuels commis sur des mineurs, le gouvernement entend « avancer vite » sur les questions de seuil d’âge dans la législation ou encore sur la durée de prescriptibilité. « Le gouvernement veut avancer sur ces sujets-là », a insisté Adrien Taquet, secrétaire d’État en charge de l’Enfance et des Familles, auprès du ministre des Solidarités et de la Santé, invité le 22 janvier de la matinale de Public Sénat.

La veille, le Sénat a adopté de façon très large une proposition de loi d’Annick Billon (Union centriste) qui fixe un seuil d’âge de non-consentement à 13 ans. Au cours des débats, si le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti a reconnu que les motivations de la proposition de loi faisaient l’objet d’un « consensus », il a néanmoins affiché quelques réserves sur le détail des dispositions. « Il y a un certain nombre de points qui méritent d’être travaillés », a-t-il indiqué.

Une concertation lancée par l’Elysée

Parmi les thèmes en débat au ministère de la Justice, se trouve celui de l’inceste. Faut-il en faire ou non un crime spécifique dans le droit ? La question n’est pas simple, selon Adrien Taquet, qui annonce qu’une mission a été lancée sur ce sujet. « Le président de la République nous a demandés à Éric Dupond-Moretti et moi de mener une petite concertation rapide auprès de l'ensemble des parties prenantes, notamment les associations, les juristes spécialisés, pour que, dans le cadre de la navette parlementaire, le gouvernement puisse façonner son idée », a expliqué le secrétaire d’Etat. Quatre ou cinq thèmes seront « mis sur la table » et cette consultation commencera la semaine prochaine. La date de la fin des travaux n’est pas encore connue. « Il faut que les choses avancent dans les semaines à venir. »

L’un des points adoptés dans la proposition de loi Billon a notamment retenu l’attention du gouvernement, qui avait émis un avis favorable sur cet amendement de Laurence Rossignol (PS). Il vise à interrompre la prescription lorsque l’auteur d’un crime commis sur un mineur commet le même crime sur un autre mineur. Le mécanisme est qualifié d’ « intéressant » par Adrien Taquet, « même s’il faudra le réécrire techniquement ».

Une proposition de loi de l’Assemblée nationale, du Sénat, ou un projet de loi ?

La traduction législative, une fois que les réflexions auront abouti, fait également partie des arbitrages qui ne sont pas tranchés. Le gouvernement va-t-il faciliter l’inscription à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale la proposition de loi sénatoriale ? « Je ne sais pas quel sera le véhicule », tempère Adrien Taquet. Le gouvernement ignore s’il reprendra la proposition de loi Billon, s’il favorisera celles d’autres députés – Alexandra Louis (LREM) a elle aussi déposé un texte – ou s’il s’orientera sur un projet de loi. « On va d’abord se mettre d’accord sur le fond, après avoir parlé un peu avec les différents acteurs […] On a ce besoin d’échanger encore », a assuré le secrétaire d’Etat.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le

Montrouge: Entretiens politiques sur l energie avec Terra Nova
9min

Politique

Présidentielle : devant ses amis réunis à la questure du Sénat, François Hollande se prépare et met en garde contre les « candidatures de témoignage »

L’ancien chef de l’Etat, qui aspire à la redevenir, a réuni ses fidèles mercredi soir à la questure du Sénat. François Hollande, qui sortira un livre début septembre, planche sur « quelques grandes idées ». S’il n’est pas encore déclaré, il espère être en situation pour pouvoir se lancer. Mais pour lui, l’éventuel retour à l’Elysée ne passera pas par la case primaire.

Le

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le