Crise des sous-marins : Florence Parly provoque une bronca au Sénat
La ministre des Armées Florence Parly a estimé que le Sénat avait l’intention de « s’ériger en juge ou en procureur » sur l'affaire des sous-marins australiens. Une réponse aussitôt accueillie par des huées et un chahut dans l’hémicycle. Le sénateur PS Rachid Temal l'interrogeait sur les informations dont disposait la France au moment de la rupture du contrat.

Crise des sous-marins : Florence Parly provoque une bronca au Sénat

La ministre des Armées Florence Parly a estimé que le Sénat avait l’intention de « s’ériger en juge ou en procureur » sur l'affaire des sous-marins australiens. Une réponse aussitôt accueillie par des huées et un chahut dans l’hémicycle. Le sénateur PS Rachid Temal l'interrogeait sur les informations dont disposait la France au moment de la rupture du contrat.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Les sénateurs veulent des réponses dans la crise diplomatique qui s’est ouverte entre la France, d’un côté, et les Etats-Unis et l’Australie de l’autre, une semaine après la rupture par Canberra du « contrat du siècle » portant sur 12 sous-marins militaires français. Dix minutes seulement après le débat des questions d’actualité au gouvernement au Sénat, ce 22 septembre, la tension est montée d’un coup entre le gouvernement et le Sénat, provoquant un incident de séance rare dans l’hémicycle. La réponse de la ministre des Armées Florence Parly a été accueillie avec colère dans les travées.

C’est le sénateur socialiste Rachid Temal qui avait la parole, l’un des cinq orateurs inscrits sur la seule thématique des sous-marins. Dénonçant une « humiliation » sans pareille depuis les débuts de la Ve République, le sénateur du Val-d’Oise, a affirmé que cette affaire en disait « long » sur la « gouvernance » et le « bilan » du gouvernement. Réclamant la « transparence et la vérité », ce partisan d’une commission d’enquête sur l’incident diplomatique s’est demandé pourquoi personne n’avait vu venir la décision australienne. « Comment comprendre que ni l’Elysée, ni Matignon, le Quai [d’Orsay], ni nos ambassadeurs, n’ont vu, su, entendu ce qu'il se tramait », s’est-il étonné.

Au lendemain d’une séance de questions à l’Assemblée sereine, la ministre des Armées Florence Parly a laissé éclater une colère froide. « Permettez-moi d’être étonnée, pour ne pas dire choquée, d’entendre dans cet hémicycle un représentant de la nation donner le sentiment, qu’au fond, ce qu'il arrive à la France est plutôt un motif d’instrumentalisation du débat politique interne plutôt que de considérer que c’est la France, sa place dans le monde, et ses relations avec ses partenaires, ses alliés – au premier rang desquels les Etats-Unis – qui est en débat », a-t-elle réagi.

Gérard Larcher refuse les « provocations »

Qualifiant de « duplicité » l’attitude de son homologue australien fin août, où rien ne laissait présager une rupture « brutale », Florence Parly a ensuite fait sortir l’hémicycle de ses gonds. « Vous comprendrez qu’on ne peut pas réécrire l’histoire a posteriori ou alors on s’érige en juge ou en procureur, dont je comprends d’ailleurs que c’est l’intention du Sénat », a-t-elle réprouvé. Face à elle, les sénateurs s’insurgent bruyamment. Tambourinements sur les pupitres et huées contraignent la ministre à s'interrompre. Elle est elle-même rattrapée par la patrouille du « plateau ». « Poursuivez mais les provocations n’ont pas une utilité absolue pour éclairer le débat », observe le président du Sénat Gérard Larcher.

Reprenant, la ministre a néanmoins promis qu’elle répondrait à toute demande d’audition. « Je le ferai comme je l’ai toujours fait mais je pense que dans cette affaire un peu d’unité nationale ne ferait pas de mal. » Dans sa réplique, Rachid Temal a rappelé que le Parlement, par ses questions, faisait « simplement son travail ». « Dès le 2 juin dernier, un article dans un grand journal australien évoquait la difficulté sur ce contrat », a-t-il objecté, avant de dénoncer la « gesticulation diplomatique » du gouvernement.

[Lire aussi] Sous-marins : vers la création d’une commission d’enquête au Sénat ?

Partager cet article

Dans la même thématique

Crise des sous-marins : Florence Parly provoque une bronca au Sénat
5min

Politique

Exclu Public Sénat : Le président du Medef critique les « déclarations très guerrières » de la nouvelle présidente du Cese Claire Thoury

Après l’élection, mercredi 20 mai, de la présidente du Mouvement associatif Claire Thoury, à la tête du Conseil économique, social et environnemental (Cese), Patrick Martin réagit. Le président du Medef met en garde, jeudi 21 mai, contre « un dévoiement » de l’organisation et enjoint sa nouvelle présidente à « ne pas faire de politique ».

Le

Statement by French Outgoing Prime Minister Sebastien Lecornu – Paris
10min

Politique

« 710 millions d’euros d’aides nouvelles » : prime carburant, taxis, pêcheurs, aides à domicile...Retrouvez le détail des annonces du gouvernement pour faire face à la crise

Le premier ministre Sébastien Lecornu a tenu une conférence de presse ce jeudi pour y dévoiler de nouvelles aides ciblées. Accompagné de plusieurs de ses ministres, Sébastien Lecornu qui a affirmé que la guerre en Iran allait durer, a annoncé 710 millions d’aides nouvelles. Retrouvez le détail des aides secteur par secteur, et les temps fort de cette conférence de presse.

Le

Crise des sous-marins : Florence Parly provoque une bronca au Sénat
4min

Politique

Élargissement du corps électoral en Nouvelle-Calédonie : « Le gouvernement s’est appuyé sur mon texte pour aller plus vite », explique le sénateur LR Georges Naturel

Par l’adoption définitive de la proposition de loi du sénateur de Nouvelle-Calédonie, Georges Naturel, le Parlement ouvre la voie à l’élargissement du corps électoral à plus de 10.000 natifs de l’archipel. Mais il regrette que son texte ait été examiné dans la précipitation. « A 40 jours d’une élection, modifier le corps électoral, ce n’est pas tout à fait normal », pointe Georges Naturel.

Le

Crise des sous-marins : Florence Parly provoque une bronca au Sénat
5min

Politique

Pacte européen sur la migration et l’asile : le Sénat habilite le gouvernement à avoir recours aux ordonnances

Mercredi soir, le Sénat a adopté le projet de loi habilitant le gouvernement à transposer par ordonnances le Pacte sur la migration et l’asile. Un choix nécessité par l’urgence du calendrier. Les Etats membres ont jusqu’au 12 juin pour transposer le Pacte en droit français. A cette date la plupart des dispositions du pacte seront applicables directement à l’ensemble des Etats membres.

Le