CSG sur les pensions de retraite : le Sénat atténue lui aussi un effet de seuil
Un correctif introduit par le gouvernement dans la loi de financement de la Sécurité sociale permettra à certains retraités d’échapper à la hausse de la CSG. Les sénateurs ont voulu que le mécanisme s'applique aux deux seuils de CSG en vigueur.

CSG sur les pensions de retraite : le Sénat atténue lui aussi un effet de seuil

Un correctif introduit par le gouvernement dans la loi de financement de la Sécurité sociale permettra à certains retraités d’échapper à la hausse de la CSG. Les sénateurs ont voulu que le mécanisme s'applique aux deux seuils de CSG en vigueur.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le gouvernement avait annoncé un geste pour une fraction des retraités touchés par la hausse de CSG, effective depuis le 1er janvier 2018. Sa mesure a été traduite dans le projet de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) adopté en octobre à l’Assemblée nationale. La mesure a fait des émules au Sénat, ce soir en séance, lors de l’examen de l’article 11 du PLFSS.

 La mesure voulue par Matignon, tout d’abord. Les pensions de retraite sont soumises à différents taux de CSG, en fonction du revenu fiscal de référence. En dessous de 11.018 euros par an, la CSG n’est pas acquittée, le taux est nul. De 11.019 euros à 14.403 euros, la retraite est soumise à un taux réduit de CSG : 3,8%. Le taux normal de CSG – celui qui est passé de 6,6% à 8,3% au 1er janvier 2018 – s’applique à partir de 14.404 euros annuels. Le problème, c’est qu’une hausse ponctuelle des revenus peut faire basculer de nombreux retraités dans cette catégorie, touchée par la hausse de la CSG.

Passer à ce taux, c’est perdre 4,8% de pouvoir d’achat. Pour atténuer ces effets de seuil brutaux, le gouvernement a décidé que l’assujettissement au taux normal de CSG serait désormais conditionné par la prise en compte des revenus sur deux années, et non plus une seule. La mesure est censée bénéficier à 350.000 foyers selon l’étude d’impact (une fraction des 7,5 millions de retraités qui ont vu leur CSG augmenter). Cette décision représenterait un manque à gagner de 350 millions d’euros à la Sécurité sociale.

Opposition d’Agnès Buzyn à une mesure qui concerne, selon elle, des retraités n’ayant pas été frappés par la hausse de la CSG

Le Sénat a décidé de suivre la proposition de sa commission des Affaires sociales en appliquant cette prise en compte des revenus sur deux ans également pour le passage d’un taux nul de CSG à un taux réduit. « Cette disposition concerne les revenus les plus modestes. Elle est de stricte équité, de justice, compte tenu de ce que fait le gouvernement pour les taux supérieurs », a argumenté le rapporteur (Union centriste) de la commission, le sénateur Jean-Marie Vanlerenberghe.

Cette proposition a reçu un avis défavorable de la part du gouvernement. « Ce n’est pas un engagement du gouvernement de revenir sur une situation qui préexiste depuis des années », a expliqué la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn. « Cela va bien au-delà d’une mesure de correction […] cela concernait énormément de personnes qui n’ont pas du tout été touchées ni impactées par les hausses récentes de CSG. »

Effets de seuils sur la CSG : Agnès Buzyn s'oppose à un amendement du Sénat
01:42

Au début de la discussion, l’hémicycle n’a pas suivi les amendements portés par Olivier Paccaud (LR) et Laurence Cohen (communiste), qui visaient à annuler la hausse de 1,7 point de la CSG sur l’ensemble des pensions de retraite. Le président (LR) de la commission des Affaires sociales, Alain Milon, a appelé l’ensemble des sénateurs à suivre les deux lignes de conduite de la commission : assurer l’équilibre des comptes de la Sécurité sociale et formuler des propositions pouvant faire l’objet d’une commission mixte paritaire avec l’Assemblée nationale.

PLFSS 2019 : nouveau débat au Sénat sur la hausse de la CSG
21:32
Annulation de la hausse de 1,7 point de la CSG sur les pensions de retraite : le débat sur les amendements Paccaud et Cohen

Partager cet article

Dans la même thématique

EU–Italy-Migrants-Court
5min

Politique

Centres de migrants à l’étranger, expulsions, détention… que contient le nouvel accord de l’UE sur le durcissement de sa politique migratoire ?

Les députés européens et les États membres ont abouti ce lundi à un compromis sur un durcissement inédit des règles migratoires de l’UE, symbolisé par l’autorisation des centres de migrants délocalisés hors du continent. L’accord prévoit aussi de faciliter les expulsions, deux après le vote du Pacte Asile et Migration, que la France n’a toujours pas transposé dans sa loi.

Le

CSG sur les pensions de retraite : le Sénat atténue lui aussi un effet de seuil
3min

Politique

Défense : la loi de programmation militaire « nécessaire » pour se préparer au mieux à « la possibilité d’un choc », affirme le général Olivier Kempf 

Invité de la matinale de Public Sénat, le général Olivier Kempf, a détaillé les priorités auxquelles la loi de programmation militaire tente de répondre. Ce dernier y voit un renforcement des capacités françaises jugé impératif pour répondre aux évolutions géostratégiques du monde contemporain.

Le

PSG Victory Celebration Champions League Paris
7min

Politique

Violences après la victoire du PSG : « Plutôt une spécificité parisienne que française », note le politiste Fabien Jobard

Le deuxième sacre du PSG en ligue des Champions ce week-end a une nouvelle fois été marqué par des scènes de débordements, de casses et de violences dans l’espace public. Des faits qui ont conduit à 890 interpellations. Fabien Jobard, directeur de recherches au CNRS rappelle la particularité du club de la capitale dont « l’essentiel des forces supportrices vient de banlieues parisiennes. Des territoires caractérisés par la récurrence des affrontements entre ses habitants et la police ».

Le