Déclaration de politique générale : « C’est un vote sans risque »
Philippe Bas, président de la commission des lois au Sénat et sénateur (LR) de la Manche, réagit à l’utilisation de l’article 49-4 de la Constitution, permettant au Premier ministre de demander au Sénat « l’approbation d’une déclaration de politique générale ».

Déclaration de politique générale : « C’est un vote sans risque »

Philippe Bas, président de la commission des lois au Sénat et sénateur (LR) de la Manche, réagit à l’utilisation de l’article 49-4 de la Constitution, permettant au Premier ministre de demander au Sénat « l’approbation d’une déclaration de politique générale ».
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

La déclaration d’Édouard Philippe, ce jeudi, devant le Sénat, sera suivie d’un vote, en application de l’article 49-4. Cette procédure extrêmement rare, a été demandée par le gouvernement.

Philippe Bas, président de la commission des lois au Sénat et sénateur (LR) de la Manche, réagit au micro de « Sénat 360 », sans en prendre ombrage : « A la différence de ce qu’il se passe à l’Assemblée nationale, le vote du sénat, s’il doit être négatif, n’entraîne pas la chute du gouvernement. C’est un vote sans risque donc il y a de la part du gouvernement certainement une volonté que le discours du Premier ministre soit suivi d’une prise de responsabilité. Et nous y sommes tout à fait prêts. Étant entendu (…) que le Sénat ne fait jamais de chèque en blanc, mais que par ailleurs le Sénat est une assemblée qui ne fait jamais d’obstruction. »  

Interrogé sur le fait que ce vote serait l’occasion pour le gouvernement de compter qui sont les parlementaires qui le soutiennent, le sénateur (LR) de la Manche balaie cette remarque : « En ce qui me concerne, j’y vois l’application stricte d’une disposition constitutionnelle et je ne fais nullement reproche au gouvernement de vouloir l’appliquer. Je me sens tout à fait honoré d’avoir à me prononcer par un vote (…) Ce qui est important pour moi, c’est de dire qu’au fond, certains voteront pour, comme le groupe de La République en marche, d’autres voteront à coup sûr contre. Certains s’abstiendront (…) Tous nous nous retrouverons pour dire qu’aucun vote ne se fait ici sur une déclaration de politique générale. Tout vote qui se fait sur la déclaration de politique générale, ne peut être interprété que comme un vote indicatif. Nous garderons de toute façon notre entière liberté sur les textes (…) Nous ne sommes pas imprégnés de visions idéologiques des problèmes (…) nous sommes pragmatiques et réalistes (…) Jamais au Sénat, nous n’avons été dans des démarches d’embrigadement, d’endoctrinement, de caporalisation (…) Aujourd’hui le Sénat, dans les institutions de la République est le seul pouvoir public constitutionnel libre, indépendant et non aligné. Regardez partout ailleurs : vous avez un Président tout-puissant, un gouvernement qui lui est subordonné, une majorité législative à l’Assemblée nationale qui fait ce que demande le gouvernement. Le seul lieu où il y ait du débat, de la discussion, une possibilité de marge de manœuvre, une possibilité d’amélioration des textes, C’est le Sénat. Et nous entendons bien continuer dans cette pratique, dans l’unité de notre groupe. »

Interrogé également sur le second vote demandé par la droite sénatoriale, sur l’allongement du délai de l’IVG, Philippe Bas répond agacé, en rappelant tout d’abord qu’il a été un des proches collaborateurs de Simone Veil : « Je n’aime pas du tout qu’on cherche à cliver sur l’interruption volontaire de grossesse (…) Jamais la loi Veil n’aurait pu être promulguée en France, s’il n’y avait pas eu un très large accord des Français de droite, de gauche et du centre. Et aujourd’hui, c’est un grand acquis des lois de la République. Je suis partisan de préserver absolument son équilibre. Je m’opposerai toujours à ses remises en cause mais je m’opposerai aussi à ce qu’on en fasse un instrument de clivage politicien et à ce que l’on réforme la loi Veil dans la plus totale improvisation d’un débat qui n’était pas du tout fait pour ça. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Bruno Retailleau veut « renverser la table » avec une profonde réforme constitutionnelle

S’il est élu président de la République en 2027, Bruno Retailleau veut faire de la réforme constitutionnelle sa première grande réforme. Le président des Républicains entend engager, dès le début de son mandat, une refonte des institutions destinée à renforcer le pouvoir des citoyens, réaffirmer la primauté du droit français et donner davantage de marges de manœuvre au Parlement, notamment sur l’immigration et la sécurité.

Le

Blois: Raphael Glucksmann at summer convention campusPS
10min

Politique

« Si Raphaël Glucksmann veut jouer la finale de la Ligue des champions, il ne peut pas avoir peur des barrages » : tensions autour de l’organisation des débats de la primaire PS

Alors que l’équipe de Raphaël Glucksmann prône l’organisation d’un seul débat, sur le service public, dans le cadre de la primaire PS/Place Publique, les autres candidats en veulent trois. « Les bras m’en tombent. Je ne comprends pas le raisonnement », pointe le sénateur Rémi Cardon, soutien d’Olivier Faure, lui aussi candidat. « Ça ne pose aucun problème à Raphaël Glucksmann qu’il y ait deux ou trois débats », assure pourtant le sénateur Place Publique Bernard Jomier, qui pointe des polémiques « pas à la hauteur », y compris de la part de soutiens socialistes de son candidat…

Le

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : suivez le premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
7min

Politique

Présidentielle 2027 : une multitude de candidats mais combien seront-ils réellement sur la ligne de départ ?

À huit mois de l’élection présidentielle, la course à l’Élysée donne l’impression d’une compétition sans limite. Une trentaine de personnalités, déclarées, pressenties ou envisagées, ambitionnent déjà de se présenter. Mais entre les primaires, le financement des campagnes et surtout les 500 parrainages d’élus nécessaires, la liste devrait rapidement se réduire.

Le