Dépendance : le Sénat veut des mesures pour faciliter le quotidien des aidants
Une proposition de loi de Jocelyne Guidez visant à favoriser la reconnaissance des proches aidants sera débattu en séance publique ce jeudi 25 octobre.

Dépendance : le Sénat veut des mesures pour faciliter le quotidien des aidants

Une proposition de loi de Jocelyne Guidez visant à favoriser la reconnaissance des proches aidants sera débattu en séance publique ce jeudi 25 octobre.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La reconnaissance des proches aidants est considérée comme un « enjeu social et sociétal majeur », auquel « nous devons répondre ». Les mots, prononcés à l’Assemblée nationale le 8 mars dernier, sont de la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn. Au Sénat, une proposition de loi déposée par la centriste Jocelyne Guidez, et 110 autres de ses collègues issus de tous les groupes politiques (à l'exception du groupe communiste), entend « agir en faveur » de ces 8,3 millions de Français qui viennent en aide bénévolement à un proche en situation de dépendance, en leur apportant une reconnaissance.

Selon l’exposé des motifs de ce texte déposé en juin, ces aidants « contribuent à alléger les charges issues de la dépendance, qui incomberaient à défaut à l'État. Il est urgent de prendre en compte cette action ».

Le 10 octobre, la commission des Affaires sociales a adopté le texte, en ne modifiant qu’à la marge le texte. Les amendements du rapporteur Olivier Henno sont essentiellement techniques ou rédactionnels. Le texte sera débattu en séance publique ce jeudi 25 octobre 2018.

Pour aider un proche en situation de dépendance, un congé indemnisé

La proposition de loi prévoit principalement de renforcer le dispositif du congé de proche aidant. En place sous sa forme actuelle depuis 2017, il permet à un salarié de cesser temporairement son activité professionnelle pour s'occuper d'une personne handicapée ou faisant l'objet d'une perte d'autonomie. Les sénateurs proposent d’aller beaucoup loin, en instaurant une indemnisation journalière versée par l’employeur. Celle-ci serait financée par une surprime sur certains contrats d’assurance. Le Sénat estime qu’un taux de 1% pourrait alimenter un fond de 310 millions d’euros par an.

Pour soulager les entreprises, les sénateurs veulent expérimenter un dispositif de « relayage », c’est-à-dire la possibilité de remplacer un proche aidant par des professionnels médico-sociaux.

La proposition de loi invite également les partenaires sociaux à inscrire le sujet des proches aidants à l’agenda de leurs négociations de branche et d’entreprise. Un amendement du rapporteur prévoit de faire de ce thème un sujet obligatoire à aborder dans les négociations collectives au niveau des branches professionnelles.

Développer l’information à destination des proches aidants

Autre évolution que souhaite apporter le texte : faciliter l’accompagnement. « Aucune information n'est apportée à l'aidant concernant les droits et aides auxquels il peut prétendre », déplore les auteurs de la proposition de loi. Dès que le diagnostic médical d’une personne handicapée ou en perte d’autonomie est formulé, une information devra être délivrée « automatiquement » à l’aidant, qui sera notamment orienté sur une plateforme internet. Une carte à leur destination sera créée afin de mieux les identifier vis-à-vis des professionnels, et d’assurer la continuité de la prise en charge d’une personne dépendante, en cas d’accident grave de l’aidant.

À l’Assemblée nationale, une proposition de loi « pour une reconnaissance sociale des aidants » avait été aussi soutenue en mars, par le député communiste Pierre Dharéville. Le texte a toutefois été renvoyé en commission, la majorité de l’Assemblée préférant aborder ce point dans une « stratégie d’envergure » et globale sur la dépendance. Dominique Gillot, présidente du Conseil national consultatif des personnes handicapées, s’est vue notamment confier par le gouvernement une mission qui aura pour priorité de « soutenir le retour et le maintien dans l’emploi des aidants familiaux ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le

Montrouge: Entretiens politiques sur l energie avec Terra Nova
9min

Politique

Présidentielle : devant ses amis réunis à la questure du Sénat, François Hollande se prépare et met en garde contre les « candidatures de témoignage »

L’ancien chef de l’Etat, qui aspire à la redevenir, a réuni ses fidèles mercredi soir à la questure du Sénat. François Hollande, qui sortira un livre début septembre, planche sur « quelques grandes idées ». S’il n’est pas encore déclaré, il espère être en situation pour pouvoir se lancer. Mais pour lui, l’éventuel retour à l’Elysée ne passera pas par la case primaire.

Le

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le