Deuxième tour des municipales en juin : « C’est au gouvernement de prendre ses responsabilités »
Le gouvernement envisagerait de soumettre au vote du Parlement la tenue du second tour des élections municipales au mois de juin. Le vote n’aurait qu’une valeur consultative conformément à l’article 50-1 de la Constitution. Au Sénat, cette idée est loin de faire consensus. Beaucoup ne prendront pas part au vote.

Deuxième tour des municipales en juin : « C’est au gouvernement de prendre ses responsabilités »

Le gouvernement envisagerait de soumettre au vote du Parlement la tenue du second tour des élections municipales au mois de juin. Le vote n’aurait qu’une valeur consultative conformément à l’article 50-1 de la Constitution. Au Sénat, cette idée est loin de faire consensus. Beaucoup ne prendront pas part au vote.
Public Sénat

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

Si la vie sociale des Français reprend peu à peu son cours, la vie démocratique du pays est, elle, encore en suspens. 4 922 communes sur 35 061 attendent toujours la tenue d’un second tour des élections municipales démarrées le 15 mars dernier et stoppées pour cause d’épidémie de Covid-19. Sur ce sujet, l’article 19 de la loi sur l’état d’urgence sanitaire est clair : le deuxième tour des élections municipales est assujetti à un rapport du conseil scientifique rendu au plus tard le 23 mai. Si les conditions sanitaires sont réunies, le conseil des ministres du 27 mai devrait fixer par décret la date du scrutin (probablement le 28 juin).

« C’est une manière de partager la décision »

« Le Premier ministre va avoir dans la journée le résultat du conseil scientifique et voir dans quelles conditions peut se passer le deuxième tour de ces élections » a annoncé sur Public Sénat ce matin, la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, Jacqueline Gourault. Par la même occasion, la ministre confirme à demi-mot une information du journal le Monde selon laquelle, le gouvernement envisagerait de demander un vote au Parlement sur la tenue de ce second tour. Un vote qui n’aurait cependant qu’une valeur consultative conformément à l’article 50-1 de la Constitution. « C’est une manière de partager la décision » (…) « Le Premier ministre a souhaité qu’il y ait une discussion à ce sujet au Parlement » (…) « Qu’il y ait un débat au Parlement n’irait que dans le sens de la transparence et de la connaissance de la situation sanitaire » a-t-elle appuyé.

« Refiler la patate chaude »

Du côté du Sénat, à commencer par son président, Gérard Larcher, on ne l’entend pas de cette oreille. « C’est au gouvernement de décider » indique son entourage. « Je n’ai aucune divergence de vues avec le président Larcher avec qui je me suis entretenu sur le sujet c‘est au gouvernement de prendre ses responsabilités » appuie Patrick Kanner, président du groupe PS du Sénat. « Ce n’est, ni plus ni moins, qu’une manœuvre politique. Une façon de refiler la patate chaude aux parlementaires. Le gouvernement ouvre le parapluie maintenant alors que depuis le début de cette crise, il a très bien su mettre le Parlement de côté ». ajoute-il. Pour ces raisons, si une telle consultation avait lieu, le groupe PS, pourrait ne pas prendre part au vote.

« Le gouvernement essaye de se rassurer en mutualisant les responsabilités »

« J’en discuterai en réunion de groupe demain mais il y a de fortes chances pour que nous non plus, nous ne prenions pas part au vote » complète Hervé Marseille, le président du groupe centriste de la Haute assemblée. « Ça n’a pas de sens. Nous avons voté une loi qui prévoit spécifiquement que les élections auront lieu en juin sous réserve de l’avis de conseil scientifique. Le gouvernement essaye de se rassurer en mutualisant les responsabilités. Mais c’est l’exécutif qui dispose des éléments d’appréciations. À partir de quoi nous pourrions en débattre ? Si ce n’est des raisons d’opportunité politique » fait-il valoir.

« Un débat au parlement n’apportera rien à part des polémiques »

« Il est certain que c’est une question délicate mais c’est une prérogative du gouvernement. La prise de décision ne dépendra que de la situation sanitaire. Un débat au parlement n’apportera rien à part des polémiques » confirme Philippe Dallier vice-président LR du sénat.

 « Le Parlement, ce n’est pas quand ça arrange. C’est une exigence démocratique. Moi, j’aurais bien aimé par exemple avoir un débat sur quand et comment rouvrir les écoles » rappelle la sénatrice communiste de la Loire, Cécile Cukierman.

« On peut bien prendre deux heures pour discuter du second tour »

Le sénateur LREM des Français de l’Étranger, Richard Yung, y voit au contraire une volonté de l’exécutif de corriger le tir, après la décision polémique de maintenir le 1er tour, le 15 mars dernier alors que la France allait passer en stade 3 épidémique. « Ils nous ont fait tout un cirque parce qu’ils n’avaient pas été consultés et maintenant, ils disent le contraire. Ce n’est pas très cohérent. On peut bien prendre deux heures pour discuter du second tour » approuve-t-il.

Le gouvernement doit, en plus, faire face à la pression des élus locaux. Dans une tribune publiée dans le JDD ce week-end, 36 élus de tous bords appellent le gouvernement à « organiser le deuxième tour des élections municipales dès le mois de juin ». « Ne transformons pas le confinement sanitaire en un confinement démocratique qui serait néfaste à l'avenir de la France » concluent-ils.

Partager cet article

Dans la même thématique

4min

Politique

Esclavage : « L’identité française est faite de grands récits et de grands crimes », reconnaît Emmanuel Macron

A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.

Le

Gabriel Attal walks in Bordeaux
4min

Politique

Présidentielle 2027 : en Aveyron, Gabriel Attal officialise sa candidature

C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.

Le

French ruling Renaissance party holds political meeting in Arras
6min

Politique

Gabriel Attal, à l’heure du grand saut présidentiel ?

Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.

Le

ZFE la fin des Zones a Faibles Emissions votee par l Assemblee Nationale
3min

Politique

Loi de « simplification » : le Conseil constitutionnel censure la suppression des ZFE et l’assouplissement du ZAN

Le Conseil constitutionnel a censuré ce jeudi 21 mai plusieurs articles emblématiques de la loi de « simplification économique », parmi lesquels la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) et un assouplissement des règles du « zéro artificialisation nette » (ZAN). Jugées sans rapport direct avec le projet de loi initial, ces dispositions ont été qualifiées de « cavaliers législatifs ». Au total, 25 articles sur 84 ont été censurés totalement ou partiellement, au terme d’un feuilleton parlementaire de deux ans.

Le