Distribution de la propagande électorale : le Sénat officialise sa commission d’enquête
Déterminé à faire la lumière sur le « fiasco » de la distribution des plis de propagande électorale en amont du premier tour des élections régionales et départementales, le Sénat a acté formellement la création de sa commission d’enquête ce jeudi 24 juin dans l’hémicycle. Hier, devant les sénateurs, le ministre de l’Intérieur s’est montré favorable à une reprise de ce marché par l’Etat. En attendant, la Poste a annoncé qu’elle reprendra la distribution de 5 millions de plis pour le second tour.

Distribution de la propagande électorale : le Sénat officialise sa commission d’enquête

Déterminé à faire la lumière sur le « fiasco » de la distribution des plis de propagande électorale en amont du premier tour des élections régionales et départementales, le Sénat a acté formellement la création de sa commission d’enquête ce jeudi 24 juin dans l’hémicycle. Hier, devant les sénateurs, le ministre de l’Intérieur s’est montré favorable à une reprise de ce marché par l’Etat. En attendant, la Poste a annoncé qu’elle reprendra la distribution de 5 millions de plis pour le second tour.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

En introduction de la séance, le vice-président communiste du Sénat, Pierre Laurent a mis aux voix la demande de la commission de lois de se doter pour une durée de 6 mois, des prérogatives d’une commission d’enquête sur « les dysfonctionnements constatés dans l’organisation des élections départementales et régionales de juin 2021 ».

Une formalité, car depuis lundi, à gauche comme à droite, les sénateurs ne sont pas avares en critiques sur les ratés de l’envoi des plis électoraux constatés dans de nombreux territoires. De nombreux Français n’ont en effet rien reçu avant le premier tour des élections régionales et départementales. C’est pour tirer au clair ce dysfonctionnement que, dès mardi le président du Sénat, Gérard Larcher, avait annoncé lors de la réunion du groupe LR, son souhait de voir la commission des lois être dotée des prérogatives d’une commission d’enquête.

La commission d’enquête se penchera sur « les rouages de l’Etat »

Chaque groupe politique aura dans cette commission d’enquête un représentant. Pour le PS, ce sera le sénateur Éric Kerrouche, qui a travaillé sur les évolutions du vote, notamment le vote à distance. Pour le groupe LR, ce sera Stéphane Le Rudulier, sénateur des Bouches-du-Rhône.

François-Noël Buffet, le président LR de la commission des lois, avait, le même jour, dénoncé « un véritable fiasco ». La commission d’enquête se penchera sur « les rouages de l’Etat », « le rôle des préfets ». Car s’il y a un prestataire mis en cause, « le gouvernement est à la manœuvre » pour l’organisation des élections », avait-il souligné.

« Jusqu’à 13 % de non-distribution dans certains départements plus urbanisés »

Le prestataire en question, l’entreprise privée Adrexo, spécialisée dans la distribution d’imprimés publicitaires, assure avoir remis 44 millions de plis pour le premier tour, mais a fait état d’une attaque informatique pour expliquer ses difficultés. « La Poste n’est pas non plus exempte de toute critique, société pourtant plus habituée à cette distribution. 9 % de plis n’ont pas été distribués par la Poste : cela peut correspondre aux personnes décédées ou qui ont déménagé, mais ce n’est pas un pourcentage habituel. […] C’est le même montant pour la société Adrexo. », a expliqué le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin auditionné devant la commission des lois, avant de préciser que certains départements couverts par Adrexo étaient bien au-dessus de cette moyenne des plis non distribués, « jusqu’à 13 % de non-distribution dans certains départements plus urbanisés ».

En conséquence, le ministre s’est dit favorable à ce qu’il n’y ait « pas de concurrence » dans la distribution des documents électoraux. Depuis une loi de 2005 transposant deux directives postales européennes, la distribution des documents électoraux est soumise à la concurrence.

« Si demain le Parlement souhaitait que nous reprenions en régie un certain nombre de choses, notamment pour assurer le service public des élections, personnellement je n’y verrais pas d’inconvénient », a-t-il avancé sans convaincre les élus qui l’ont d’ailleurs visé lors des questions d’actualité au gouvernement du Sénat.

« La responsabilité du ministre de l’Intérieur est pleinement engagée »

« Est-ce qu’on a tiré les enseignements du premier tour ? Et comment les corriger ? On n’a pas de réponse précise. Je pense qu’ils s’attendent à de très grandes difficultés pour le second tour », s’est inquiété le président du groupe PS Patrick Kanner, à la sortie de l’audition. « Le ministre de l’Intérieur a répondu à côté des questions qui lui étaient posées » […] « La responsabilité du ministre de l’Intérieur est pleinement engagée et nous attendons autre chose que de le voir imputer la responsabilité à d’autres que lui-même », a estimé après coup le sénateur LR Philippe Bas.

Quelques heures après cette audition, La Poste a annoncé qu’elle reprendrait la distribution de 5 millions de plis de propagande électorale confiés à l’origine à la société Adrexo pour le second tour des régionales.

Mais Gérald Darmanin a prévenu lors de son audition. « Il est évident que l’on ne passera pas à 100 % en 3 jours. Mais nous visons une amélioration générale. »

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Distribution de la propagande électorale : le Sénat officialise sa commission d’enquête
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le

Distribution de la propagande électorale : le Sénat officialise sa commission d’enquête
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le