Écologie, impôts, PMA : ce qu’il faut retenir du discours d’Édouard Philippe
Fiscalité, écologie, immigration, social… Pour sa deuxième déclaration de politique générale, le Premier ministre Édouard Philippe a détaillé mercredi « l'acte II du quinquennat », qu'il a placé sous le signe de « l'urgence ».  

Écologie, impôts, PMA : ce qu’il faut retenir du discours d’Édouard Philippe

Fiscalité, écologie, immigration, social… Pour sa deuxième déclaration de politique générale, le Premier ministre Édouard Philippe a détaillé mercredi « l'acte II du quinquennat », qu'il a placé sous le signe de « l'urgence ».  
Public Sénat

Par Public Sénat avec AFP

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

« Voilà deux ans maintenant que nous gouvernons et il y a toujours urgence », a commencé le chef du gouvernement devant l'Assemblée nationale, avant de préciser durant plus d'une heure les projets gouvernementaux, sur le fond comme sur le calendrier. Après sept mois marqués par l'enchaînement de la crise des « gilets jaunes », du grand débat national et des élections européennes, il a promis « un profond changement de méthode », qui sera aussi « un changement de ton », mais avec de la « constance » et de la « cohérence ».

Une touche verte à « l’acte II »

Attendu sur le thème de l'écologie après les promesses vertes de l'exécutif et la percée écologiste aux Européennes, le Premier ministre s'est engagé à ce que les douze prochains mois « soient ceux de l'accélération écologique ».

Le projet de loi contre le gaspillage préparé par la secrétaire d'État, Brune Poirson, aura rang de « priorité » et arrivera en septembre à l'Assemblée nationale. « Nous avons déjà acté la suppression des produits plastiques à usage unique les plus néfastes. Mais je veux que nous allions plus loin », a annoncé Édouard Philippe. « Parce que l’État se doit d’être exemplaire, tous les produits en plastique jetables seront bannis de l’administration à compter de l’année prochaine. Je souhaite également que nous nous fixions un objectif de 100 % de plastique recyclé et nous lancerons dans les prochains jours une grande concertation notamment avec les collectivités, pour étudier la mise en place d’une consigne sur certains emballages. Les collectivités d’outre-mer pourront, si elles le souhaitent, en devenir des territoires pilotes », a-t-il détaillé.

L'exécutif, qui veut s'attaquer avec plus d'efficacité à la rénovation thermique des logements, s'engage aussi à traduire en projets de loi certaines mesures qui seront proposées par la nouvelle « convention citoyenne » et envisage d'en soumettre « les plus puissantes » à référendum.

Réforme des retraites : fin des régimes spéciaux

Le Premier ministre a également déclaré que la future réforme des retraites maintiendra « la possibilité d’un départ à 62 ans » mais que l’exécutif définira « un âge d’équilibre ». « Nous définirons un âge d’équilibre et des incitations à travailler plus longtemps », a indiqué le Premier ministre, mais « en ne bougeant pas l’âge légal », a-t-il pris soin de préciser. « Ainsi, chacun pourra faire son choix, en liberté et en responsabilité », a-t-il ajouté. Une argumentation qui n’a pas convaincu l’opposition, qui voit là un moyen de repousser l’âge de départ à la retraite.

Mais surtout, Édouard Philippe a annoncé la fin des régimes spéciaux. « Cela se fera très progressivement, sans modifier les conditions de départ des personnes qui ont déjà des projets pour leur retraite et en conservant l’intégralité des droits acquis », prévient le Premier ministre. « Ce qui compte, explique-t-il, c’est la cible vers laquelle nos régimes vont converger. Pour aller vers cette cible, il faut du temps et de la souplesse. Nous nous en donnerons pour réussir cette transformation ».

Une baisse de l’impôt sur le revenu

Les contours de l’assurance-chômage ont également été détaillés. Édouard Philippe a confirmé un « bonus-malus » en matière d'assurance-chômage, mais limité aux 5 à 10 secteurs utilisant le plus de contrats courts.

En matière fiscale, la baisse de cinq milliards d'euros de l'impôt sur le revenu consistera à ramener de 14 % à 11 % le taux de la première tranche, qui concerne une grande majorité des ménages imposables. Soit une baisse de 350 euros en moyenne pour les contribuables situés dans cette première tranche, et 180 euros pour les autres. Au total, les impôts des ménages auront baissé de 27 milliards d'euros sur l'ensemble du quinquennat, selon le gouvernement.

La PMA sera étudiée en septembre, au détriment de la révision constitutionnelle

Pour répondre à l'embouteillage parlementaire, c'est le projet de loi bioéthique, qui inclut la promesse d'Emmanuel Macron d'une procréation médicalement assistée (PMA) étendue à toutes les femmes, qui l'a emporté au détriment de la révision constitutionnelle.

Le texte sur la bioéthique échappe à un nouveau report, et sera examiné « dès la fin septembre » 2019 à l'Assemblée. En revanche, le Premier ministre a ouvert la porte à un report de la révision constitutionnelle après les sénatoriales de septembre 2020, alors que son retour au Parlement était attendu dès l'été 2019. « Nous ne mobiliserons pas du temps parlementaire pour, in fine, constater le désaccord du Sénat », a argué le chef du gouvernement, qui veut désormais attendre « le moment propice ».

Autre annonce : le débat annuel au Parlement annoncé par Emmanuel Macron sur le sujet explosif de l'immigration aura lieu pour la première fois « en septembre ».

Un vote sans risque pour le gouvernement

Après son intervention, les responsables des différents groupes parlementaires ont commencé à prendre la parole, avant une réponse du Premier ministre et un vote de confiance, conséquence de l'engagement de responsabilité.

Le chef du gouvernement n'affronte un risque de démission que purement théorique compte tenu de la prééminence du groupe La République en marche, associé au MoDem (plus de 350 députés sur 577). Quasi-certitude, Édouard Philippe ne fera pas mieux que le 4 juillet 2017 : après le triomphe des marcheurs aux législatives, il avait reçu la confiance par 370 voix contre 67, et un nombre record de 129 abstentions.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027
7min

Politique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027

Les groupes engagés dans l’ancien socle commun attendent que le gouvernement sorte du bois, s’agissant des pistes pour les prochains textes budgétaires. Cette année, ils n’ont pas adressé de propositions précises au gouvernement mais des grandes orientations, laissant à Matignon le point de départ des discussions. Alors que l’équation budgétaire se complique avec le ralentissement de la croissance, les rapporteurs généraux craignent le pire dans les prochains mois.

Le

Illustration in India.
2min

Politique

Cabinet de conseils : le parquet national financier annonce une saisie de 65 millions d’euros dans l’enquête pour fraude fiscale autour de McKinsey

Le parquet national financier a annoncé vendredi la saisie, avec la justice belge, d’une somme de 65 millions d’euros dans le cadre de l’enquête pour blanchiment aggravé de fraude fiscale autour du cabinet de conseil McKinsey. L’enquête avait été ouverte en mars 2022 dans le prolongement de la commission d’enquête du Sénat sur l’influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017.

Le

FRA – GARCHES – HOPITAL RAYMOND-POINCARRE – PMR
6min

Politique

Fauteuils roulants, prestations sociales, école inclusive, accessibilité : quel est le bilan d’Emmanuel Macron en matière de handicap ?

Après deux quinquennats, la situation pour les personnes handicapées est mitigée. Des progrès sont là, avec le remboursement des fauteuils roulants, une hausse des aides sociales ou une présence accrue des élèves en situation de handicap à l’école. Mais les difficultés d’emploi, le manque de places dans le secteur médico-social ou des problèmes d’accessibilité rendent encore la vie des personnes handicapées difficile.

Le

Drought severely weakens maize crops. A lack of rainfall and high temperatures cause water stress, which can slow plant growth and reduce yields. Faced with these weather conditions, farmers must adapt their practices and optimize water use to safeguard th
7min

Politique

Plan d'aide d'1 milliard pour les agriculteurs : « Le gouvernement doit sortir de la perpétuelle urgence », demande Guillaume Gontard

Après un été de canicules, d'incendies et de sécheresse exceptionnels, le gouvernement a annoncé vendredi plus d'1 milliard d'euros d'aides d'urgence pour soutenir une agriculture française durement éprouvée. Insuffisant pour les syndicats qui réclament au moins le double. Le président du groupe écologiste du Sénat, Guillaume Gontard, demande au gouvernement une réponse structurelle à une crise systémique qui passe par une réduction des émissions et l'adaptation au climat.

Le