Économie circulaire : le Sénat rejette le projet de consigne pour recyclage
Sans surprise, lors de l’examen du projet de loi sur l’Économie circulaire, les sénateurs ont rejeté par 300 voix contre et 7 l’amendement du gouvernement instaurant une consigne pour recyclage des bouteilles plastiques, lui préférant une consigne pour réemploi et réutilisation.

Économie circulaire : le Sénat rejette le projet de consigne pour recyclage

Sans surprise, lors de l’examen du projet de loi sur l’Économie circulaire, les sénateurs ont rejeté par 300 voix contre et 7 l’amendement du gouvernement instaurant une consigne pour recyclage des bouteilles plastiques, lui préférant une consigne pour réemploi et réutilisation.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Les échanges auront une nouvelle fois été tendus au Sénat lors de l’examen du projet de loi sur l’Économie circulaire. Et pour cause, ce jeudi, le Sénat abordait l’un des points forts du texte : la consigne des bouteilles plastiques. Après plusieurs atermoiements sur ce projet, la Secrétaire d’État à la transition écologique, Brune Poirson, a, via le dépôt d’un amendement, proposé la mise en place d'une consigne pour recyclage des bouteilles en plastique.

Un dispositif que rejettent les sénateurs, estimant qu’il légitimerait l’usage du plastique. La voix cassée, Brune Poirson a bien essayé de donner des gages aux élus. « Bien sûr, au-delà du recyclage, l’horizon, c’est le réemploi, c’est la réutilisation (…) C’est pourquoi, cet amendement prévoit que tout dispositif de consigne doit accueillir et être compatible au réemploi et à la réutilisation ».

Afin de rassurer les sénateurs sur le manque à gagner des collectivités suite à la mise en place de cette consigne, l’amendement du gouvernement prévoyait que la collecte des bouteilles en plastiques éligibles à la consigne, mais déposées dans un bac jaune, serait reversée aux collectivités. Un dispositif à qui rapporterait, selon l’exécutif « un gain financier pour les collectivités compris entre 50 et 124 millions d’euros ».

Le Sénat a fait front uni pour s'opposer à cette consigne pour recyclage des bouteilles plastique. « Le Sénat fait passer un message assez clair en disant notre société veut sortir du plastique à usage unique. Et nous, nous mettons (une consigne) pour réemploi » a souligné le sénateur écologiste, Ronan Dantec. « Inscrire dans la loi un cadre pour la consigne pour recyclage reviendrait à subir les velléités de quelques acteurs (…) La généralisation d’une consigne pour recyclage est un non-sens environnemental, social et économique » a complété Marta de Cidrac, rapporteur LR du texte avant de rappeler que les bouteilles en plastique ne représentaient moins de 1% des déchets ménagers qui étaient bien collectés aujourd’hui.

Les débats ont été ponctués d’échanges acerbes entre la ministre et les sénateurs. « Réfléchissez deux minutes. Je sais je suis un peu idiote. Je suis jeune. J’ai moins d’expérience que vous (…) Pourquoi je me battrais pour mettre en place un système qui viendrait pérenniser le plastique, qui viendrait voler les collectivités ? » a ironisé Brune Poirson avant de mettre en garde les sénateurs sur des systèmes de consigne privés qui viendront un jour siphonner tout le PET.

Brune Poirson défend son projet de consigne pour recyclage au Sénat
11:12

« De grâce, arrêtez de caricaturer. Arrêtez d’invectiver (…) Vous venez nous donner des leçons. C’est insupportable (…) Ce que j’aimerais savoir c’est cette consigne pour recyclage vous la souhaitez ou vous la subissez ?» s’est interrogé Hervé Maurey président centriste de la commission du développement durable.(Ambiance)

Consigne :" j’aimerais savoir c’est cette consigne pour recyclage vous la souhaitez ou vous la subissez ? » Hervé Maurey
03:58

Partager cet article

Dans la même thématique

Attal porte parole
9min

Politique

« Ce n’est pas la saison 3 du macronisme, ni un retour à l’UMP » : Gabriel Attal joue la carte des « nouveaux visages » pour marquer sa différence avec Edouard Philippe

Avec un mélange de « nouveaux visages » et de fidèles pour former son équipe, Gabriel Attal entend enclencher une « nouvelle phase » de sa campagne présidentielle. Il continue de marquer sa différence avec Edouard Philippe et compte créer la dynamique cet automne. « Les Français ne supporteraient pas d’élire un Président par défaut », soutient le candidat Renaissance.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Bruno Retailleau veut « renverser la table » avec une profonde réforme constitutionnelle

S’il est élu président de la République en 2027, Bruno Retailleau veut faire de la réforme constitutionnelle sa première grande réforme. Le président des Républicains entend engager, dès le début de son mandat, une refonte des institutions destinée à renforcer le pouvoir des citoyens, réaffirmer la primauté du droit français et donner davantage de marges de manœuvre au Parlement, notamment sur l’immigration et la sécurité.

Le

Blois: Raphael Glucksmann at summer convention campusPS
10min

Politique

« Si Raphaël Glucksmann veut jouer la finale de la Ligue des champions, il ne peut pas avoir peur des barrages » : tensions autour de l’organisation des débats de la primaire PS

Alors que l’équipe de Raphaël Glucksmann prône l’organisation d’un seul débat, sur le service public, dans le cadre de la primaire PS/Place Publique, les autres candidats en veulent trois. « Les bras m’en tombent. Je ne comprends pas le raisonnement », pointe le sénateur Rémi Cardon, soutien d’Olivier Faure, lui aussi candidat. « Ça ne pose aucun problème à Raphaël Glucksmann qu’il y ait deux ou trois débats », assure pourtant le sénateur Place Publique Bernard Jomier, qui pointe des polémiques « pas à la hauteur », y compris de la part de soutiens socialistes de son candidat…

Le

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le