Emploi des seniors : le Sénat plaide pour une cause nationale
Un rapport du Sénat sur l’emploi des seniors a été rendu public ce mercredi. Au travers de 18 recommandations, la Haute assemblée veut faire changer le regard de la société sur les travailleurs âgés.

Emploi des seniors : le Sénat plaide pour une cause nationale

Un rapport du Sénat sur l’emploi des seniors a été rendu public ce mercredi. Au travers de 18 recommandations, la Haute assemblée veut faire changer le regard de la société sur les travailleurs âgés.
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Alors que l’exécutif prépare une grande réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron, et que la question du recul de l’âge de départ à la retraite est plus que jamais d’actualité, Monique Lubin sénatrice (PS) des Landes et René-Paul Savary, sénateur (LR) de la Marne ont présenté leur rapport sur l’emploi des seniors à la commission des affaires sociales du Sénat ce mercredi.

« Seniors » ? Pour commencer, le rapport suggère de ne plus utiliser ce terme qui serait stigmatisant et qui regrouperait, pour certaines entreprises des personnes à partir de 45 ans. « Pour ne pas stigmatiser les travailleurs ou les collaborateurs en fonction de l’âge, nous parlons d’une « gestion de fin de carrière » » explique à publicsenat.fr, le corapporteur René-Paul Savary.

18 recommandations

La situation des travailleurs âgés n’est pas bien réjouissante. Les seniors restent au chômage plus longtemps que les autres tranches d’âge. L’association Solidarités nouvelles face au chômage (SNC), dans un rapport paru le 19 septembre dernier, parle de 673 jours d’inscription en moyenne, quand les 25-49 ans restent eux inscrits 404 jours.

Et les chances de retrouver un emploi diminuent avec l’âge. Ce qui rend « la fin de la vie active » des plus de 50 ans souvent plus précaire. « Plus de la moitié des personnes de la génération née en 1946 et qui a atteint 67 ans en 2013 a connu une période de chômage ou d’inactivité entre l’emploi et la retraite » explique la commission des affaires sociales du Sénat dans une note.

Si les seniors ont des difficultés à retrouver un emploi c’est suite à un cocktail d’obstacles : les opinions préconçues des recruteurs les freinent à engager des seniors, ces derniers ont moins accès à la formation professionnelle, par exemple.

Et le sénateur LR de souligner l’hypocrisie de notre société : « Actuellement on a un double discours. On dit souvent, au niveau des employeurs, qu’il faudra bien envisager de travailler plus longtemps si on veut équilibrer le système des retraites. Sauf que dans le même temps, les seniors, on a tendance à les mettre volontiers sur la touche. »

Pour lutter contre ces nombreuses embûches, ce rapport préconise de « faire de l’emploi des seniors une cause nationale ». 18 recommandations sont ainsi formulées. Parmi celles-ci : faire changer le regard des entreprises sur les travailleurs âgés, créer un label mettant en avant les entreprises vertueuses, « élargir à l’ensemble des actifs la retraite progressive ».

« On parle pour l’avenir, cela ne concerne pas celles et ceux qui sont à quelques années de la retraite. Cela concerne dans le cadre de la réforme, ceux qui, notamment après 2025, seront confrontés au nouveau système de retraites. Et pour lequel il est de notre responsabilité de proposer des activités incitatives à l’emploi différentes de ce que l’on connaît aujourd’hui » ajoute le sénateur de la Marne.

« Maintenir en activité fait qu’on crée des richesses supplémentaires, donc des emplois supplémentaires, donc on permet à des jeunes, derrière, de trouver de l’emploi. » Un point sur lequel, il y a désaccord avec sa corapporteure, la sénatrice socialiste Monique Lubin : « Nous avons une vision complémentaire (…) en ce qui concerne les formations, les aides à l’emploi, certains dispositifs. On a des divergences effectivement philosophiques, et c’est tout à fait légitime, en ce qui concerne l’approche de la durée de travail » assure René-Paul Savary, qui parle, à propos de cette collaboration avec Monique Lubin, d’un « travail intéressant, complémentaire », « bien appréhendé par la commission ».

Les rapporteurs attendent maintenant du gouvernement, son projet de loi sur les retraites, qui pourrait être voté d’ici juillet 2020. Pour eux, il est impératif qu’il soit accompagné « d’un plan bien spécifique pour gérer la fin de carrière. »

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