« Engie doit être leader dans les énergies renouvelables », plaide la directrice générale du groupe
Catherine MacGregor, la directrice générale d’Engie, s’est exprimée ce mercredi devant la commission des affaires économiques du Sénat. Interrogée sur l’évolution de la stratégie de son groupe, elle assume la volonté du fournisseur d’énergie de se séparer de certaines activités, afin de se recentrer sur les énergies renouvelables.

« Engie doit être leader dans les énergies renouvelables », plaide la directrice générale du groupe

Catherine MacGregor, la directrice générale d’Engie, s’est exprimée ce mercredi devant la commission des affaires économiques du Sénat. Interrogée sur l’évolution de la stratégie de son groupe, elle assume la volonté du fournisseur d’énergie de se séparer de certaines activités, afin de se recentrer sur les énergies renouvelables.
Public Sénat

Par Joseph Stein

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Telle est l’ambition d’Engie, comme le présente Catherine MacGregor, directrice générale du groupe depuis le début de cette année. C’est aussi la raison invoquée pour justifier la réorganisation interne que le groupe, dont un quart du capital est détenu par l’Etat, qu’elle entend mettre en œuvre. Engie souhaite en effet se recentrer sur ses points forts, à savoir les énergies renouvelables et les infrastructures énergétiques. Pour la nouvelle dirigeante du groupe, c’est indispensable au regard de son mot d’ordre : « Nous devons être les leaders dans le renouvelable. »

L’entreprise traverse un contexte économique difficile, avec une perte nette de 1,5 milliard d’euros en 2020. Engie se prépare alors à mettre à distance ses activités qui ne sont pas liées à ses deux nouvelles priorités. Catherine MacGregor annonce ainsi l’écartement par son groupe de l’électrification du transport ferroviaire et de la maintenance de systèmes. Le projet de réorganisation d’Engie, nommé « Bright », prévoit qu’une entité autonome regroupe les activités mises de côté, tout comme 74 000 salariés du groupe. Celui-ci en compte actuellement 171 000.

Dans le cadre de cette stratégie, le fournisseur d’énergie avait cédé ses parts dans Suez à Veolia en octobre, une « cession rapide voire précipitée » selon Sophie Primas, la présidente de la commission des affaires économiques du Sénat. Devant la même commission, Jean-Pierre Clamadieu, le président du conseil d’administration d’Engie, avait à l’automne dernier déclaré possible la cession de parts que le groupe possède dans le transporteur GRTgaz.

« Ces 74 000 salariés auront un meilleur avenir »

Face à l’inquiétude des sénateurs quant à l’impact sur l’emploi de cette transformation d’Engie, Catherine MacGregor se veut rassurante. « Nous pensons que ces 74 000 salariés auront un meilleur avenir, de meilleurs leviers de croissance, une meilleure attention managériale dans une entité dédiée. »

L’arrêt des centrales nucléaires belges opérées par Engie participe également de ce recentrage sur les énergies renouvelables. A l’horizon 2025, le groupe français doit terminer l’exploitation des sept centrales de Belgique, ce qui mettra un terme aux opérations nucléaires du groupe dans le monde. « Nous n’avons pas mis l’énergie nucléaire au centre de nos priorités », réagit la directrice générale du fournisseur d’énergie.

Engie ne sort pas pour autant complètement du nucléaire. Catherine MacGregor explique que son entreprise continuera d’endosser une responsabilité dans ce domaine : « Les projets de démantèlement sont des projets critiques, que nous devons prendre au sérieux, avec le même souci de détail opérationnel que nos équipes démontrent tous les jours, en opérant ces centrales. » Engie s’occupera en outre de la gestion des déchets issus de ces centrales nucléaires.

« Nous devons progresser sur l’acceptabilité de nos projets »

Par ailleurs, la directrice générale du fournisseur d’énergie dit partager avec les sénateurs le souci de l’acceptabilité des projets d’infrastructures énergétiques par la population. Ce consentement est nécessaire d’après Catherine MacGregor pour réduire le temps de mise en place de nouveaux équipements. Elle reconnaît cependant que la concertation avec la société doit être améliorée : « Nos équipes le font assez bien, mais pas tout le temps, donc nous devons continuer à progresser là-dessus. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Le Havre: Debat le canape des JDE EELV 2023
4min

Politique

[Info Public Sénat] Le groupe écologiste du Sénat ferme la porte au sénateur LFI Gabriel Amard et élit Mélanie Vogel présidente

Sans surprise, la sénatrice Les Ecologistes des Français établis hors de France, Mélanie Vogel, prend la tête du groupe écologiste du Sénat. Connue pour son combat pour la constitutionnalisation du droit à l’IVG, elle succède à Guillaume Gontard, en poste depuis 2020. Le groupe a refusé d’accueillir le nouveau sénateur LFI, Gabriel Amard, qui demandait à l’intégrer, à la différence de Marc Péré, soutenu par Les Ecologistes et LFI, mais divers gauche.

Le

Paris : Emergency closed-door meeting political party leaders organised by Macron
5min

Politique

Retraites : Édouard Philippe sort du bois et propose un âge de départ à 65 ans

Après des mois de suspense, le candidat Horizons à la présidentielle a dévoilé mardi 29 septembre sa réforme des retraites dans une vidéo d'une vingtaine de minutes. Il propose de reprendre le calendrier de 2023, puis de relever l'âge légal à 65 ans en moins de dix ans, avec un volet de capitalisation. Une position qui le distingue de Gabriel Attal, partisan de supprimer l'âge légal.

Le

« Engie doit être leader dans les énergies renouvelables », plaide la directrice générale du groupe
3min

Politique

Propos antisémites révélés par Mediapart : « L’objectif, c’est de tuer ma carrière politique », dénonce Jordan Bardella

Mis en cause, lundi, dans un article de Mediapart qui a révélé des écrits antisémites de Jordan Bardella datant de 2013, le président du RN a annoncé dans la foulée le dépôt d’une plainte pour diffamation. Avant d’accueillir les nouveaux sénateurs RN élus dimanche pour une réunion de groupe à l’Assemblée, l’eurodéputé a dénoncé une opération menée « par des fanatiques d’extrême gauche » avec pour « objectif » de le « tuer politiquement ».

Le