État d’urgence sanitaire : le Sénat adopte le texte et va saisir le Conseil constitutionnel
Le Sénat a approuvé ce 9 mai le texte sorti de la commission mixte paritaire, prorogeant l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 10 juillet. Son président, Gérard Larcher, annonce qu’il va saisir « dès ce soir » le Conseil constitutionnel, afin que les Sages examinent les dispositions du texte.

État d’urgence sanitaire : le Sénat adopte le texte et va saisir le Conseil constitutionnel

Le Sénat a approuvé ce 9 mai le texte sorti de la commission mixte paritaire, prorogeant l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 10 juillet. Son président, Gérard Larcher, annonce qu’il va saisir « dès ce soir » le Conseil constitutionnel, afin que les Sages examinent les dispositions du texte.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Par 252 voix pour, et 87 voix contre, le Sénat a définitivement adopté ce samedi 9 mai le projet de loi de prorogation de l’état d’urgence sanitaire, après 16h30 de débats en séance. L’Assemblée nationale doit, dans la foulée, donner également son feu vert sur ce texte réécrit et sur lequel les deux chambres étaient tombées d’accord en début d’après-midi, en commission mixte paritaire (relire notre article). Exprimant la nécessité d’une « vigilance » sur les libertés publiques, le président du Sénat, Gérard Larcher, a annoncé à l’issue du vote de la Haute assemblée, qu’il saisirait le Conseil constitutionnel. « Je souhaite m’assurer, bien sûr, que le travail que nous avons conduit ensemble repose sur des bases solides, incontestables », a-t-il expliqué.

Le projet de loi prolonge jusqu’au 10 juillet la période de mise en œuvre de ce régime exceptionnel instauré le 23 mars (et qui devait expirer le 23 mai) pour lutter contre l’épidémie de Covid-19. Le gouvernement avait inscrit le 23 juillet dans son projet. Le texte, validé par les sénateurs et les députés, prévoit également des dispositions préparant la France au déconfinement du 11 mai. Il établit un système pour recenser les patients atteints du coronavirus et pour pouvoir contacter les personnes qu’ils auraient fréquentées. Le Sénat s’est montré satisfait que ses six garanties introduites à ce système de traçage aient été conservées dans la navette parlementaire. « Le Sénat a toujours été au rendez-vous pour répondre aux exigences de l’heure, et permettre que les pouvoirs publics apportent des réponses à cette crise. Nous n’avons pas voulu le faire sans garanties », a insisté Philippe Bas (LR), rapporteur du texte.

Le texte prévoit aussi un mécanisme de quarantaine à l’entrée sur le territoire national et précise que l’engagement de la responsabilité pénale à l’égard des personnes mises en cause dans cette crise sanitaire devra se faire en tenant compte des pouvoirs dont ils disposaient.

L’adoption du texte, jugé « équilibré » par plusieurs groupes, s’est faite essentiellement avec les voix de la droite et du centre au Sénat, qui y détiennent la majorité. Les groupes socialiste et communiste ont voté contre, regrettant l’absence de mesures sociales. « La pauvreté est un facteur de crise sanitaire, la pauvreté est un risque sanitaire supplémentaire », a tenu à rappeler la socialiste Laurence Rossignol.

Partager cet article

Dans la même thématique

État d’urgence sanitaire : le Sénat adopte le texte et va saisir le Conseil constitutionnel
2min

Politique

Mazarine Pingeot sur François Mitterrand : « J'étais insolente avec mon père »

Grandir dans l’ombre du pouvoir oblige à se construire autrement, a fortiori lorsque votre existence relève du secret d’Etat. Mazarine Pingeot, « fille cachée » de François Mitterrand y est parvenue. Auteur d’une vingtaine d’ouvrages, la philosophe publie ces jours-ci Inappropriable (ed. Climats Flammarion), un essai ambitieux sur la relation entre l’homme et l'intelligence artificielle. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle revient sur une enfance hors du commun.

Le

État d’urgence sanitaire : le Sénat adopte le texte et va saisir le Conseil constitutionnel
6min

Politique

Crise du Groenland : "Quand l'Europe montre ses muscles, Trump recule" se félicite l'eurodéputé Bernard Guetta

La tension est redescendue après l'inquiétante escalade de Donald Trump sur le Groenland. Mais l’épisode n’est peut-être pas clos, tant le contenu du fameux accord conclu à Davos reste opaque. Il a laissé des traces et beaucoup de questions. Emmanuel Macron parle d'un appel à un réveil stratégique pour les 27. À l'inverse, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a mis en garde les Européens contre toute tentation de divorce. Alors jusqu’où devons-nous et pouvons-nous nous émanciper des États-Unis ? Faut-il en particulier s’empresser de ratifier l'accord commercial conclu au mois de juillet ? Ici l'Europe ouvre le débat avec les eurodéputés Bernard Guetta (France, Renew), Zeljana Zovko (Croatie, PPE) et Rasmus Nordqvist (Danemark, Verts/ALE).

Le

Paris: Auditions candidats elections Mairie de Paris sur l exclusion
8min

Politique

Vent de fronde chez Les Ecologistes pour les municipales : une « manœuvre » de « déstabilisation » de LFI, dénonce le sénateur Thomas Dossus

A Paris, Montpellier ou Avignon, quelques élus des Ecologistes prennent leur distance avec le parti pour rejoindre LFI. Ils dénoncent la stratégie d’alliance locale avec le PS. « C’est marginal », minimise le sénateur Thomas Dossus, qui y voit un mouvement d’humeur « opportuniste » de certains. Malgré les tensions, il espère encore des rapprochements avec les Insoumis au second tour.

Le

Deplacement de Anne Rubinstein a Epide de Lyon Meyzieu
6min

Politique

Violence dans le périscolaire : « l’omerta » au cœur de la bataille municipale parisienne

Depuis plusieurs mois, les signalements d’agressions sexuelles et de comportements suspects se multiplient dans le périscolaire. L’enquête de Cash Investigation en a révélé les failles, derrière ce service public du quotidien, fréquenté chaque jour par des millions d’enfants, se dessine un système fragilisé, miné par la précarité des personnels, des contrôles défaillants et une responsabilité politique désormais au cœur de la bataille municipale parisienne.

Le