« Il y a une vraie crise existentielle des élus locaux »
Le « désamour » entre élus locaux et citoyens a fait l’objet d’un colloque au Sénat. La question résonne avec l’actualité, entre grogne des élus face au gouvernement et remaniement qui renforcera la place des territoires.

« Il y a une vraie crise existentielle des élus locaux »

Le « désamour » entre élus locaux et citoyens a fait l’objet d’un colloque au Sénat. La question résonne avec l’actualité, entre grogne des élus face au gouvernement et remaniement qui renforcera la place des territoires.
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On parle depuis des mois de la fronde des élus locaux. Les mêmes sont confrontés à la perte du lien de confiance avec les citoyens. Les voilà pris en tenaille. Ce lien cassé a fait l’objet d’un colloque au Sénat, ce lundi, organisé par l’Institut français de gouvernance public, un think tank.

Pour le sociologue Eric Marlière, maître de conférences à l’université Lille 3, il s’agit bien d’un « désamour fortement prononcé », entre élus locaux et populations. Y compris pour les maires, souvent présentés comme les élus préférés des Français. Mais bien souvent, ils se retrouvent en première ligne. « On ne peut pas demander aux maires d’être une des clefs, si on ne les conforte pas dans leur mission » souligne le sénateur UDI Jean-Marie Bockel, président de la délégation sénatoriale aux collectivités, qui n’hésite pas à parler de « vraie crise existentielle des élus locaux ».

Confrontés à la baisse des dotations, qui a commencé sous François Hollande, ils ont été ces derniers jours attaqués sur les réseaux sociaux via le hastag #balancetonmaire. Le mouvement, initié par des militants pro-Macron, vise a pointé la hausse de la taxe d’habitation dans certaines communes, alors que l’exécutif va la supprimer.

« On ne peut pas continuer avec ce divorce territorial. Ce n’est pas viable »

Alors que le remaniement est imminent, on parle justement d’un ministère des Collectivité locales renforcés. « C’est une bonne idée » pour Jean-Marie Bockel, « mais ce n’est pas un ministère qui répondra à tout » les problèmes pour les élus, et encore moins pour les Français : « Ce n’est pas ça qui changera la donne pour les citoyens ».

Pour le sénateur LR Alain Houpert, « on a besoin de renouer le dialogue mais je pense que le gouvernement est dans une position très difficile ». Le sénateur de Côte-d’Or ajoute : « On ne peut pas continuer avec ce divorce territorial. Ce n’est pas viable. Et ce n’est pas avec un effet d’annonce d’un ministère des Collectivités renforcé que ça changera. Il faut des actes. Et il y en a marre des paroles insultantes. Il faut respecter les élus de base ».

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