L’idée d’inscrire la protection de l’environnement à l’article 1 de la Constitution fait son retour
En lien avec les membres de la convention citoyenne, le député LREM Sacha Houlié compte déposer, avec son collègue Matthieu Orphelin, une proposition de loi constitutionnelle très simple pour intégrer la protection de l’environnement et la lutte contre le réchauffement climatique dans la Constitution.

L’idée d’inscrire la protection de l’environnement à l’article 1 de la Constitution fait son retour

En lien avec les membres de la convention citoyenne, le député LREM Sacha Houlié compte déposer, avec son collègue Matthieu Orphelin, une proposition de loi constitutionnelle très simple pour intégrer la protection de l’environnement et la lutte contre le réchauffement climatique dans la Constitution.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Enterrée avec la réforme constitutionnelle, l’inscription de la protection de l’environnement à l’article 1 de la Constitution pourrait faire son retour. Le député LREM Sacha Houlié, avec le député Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot et ancien du groupe LREM, préparent une proposition de loi (PPL) constitutionnelle sur le sujet, en lien direct avec les membres de la convention citoyenne. Cette dernière va rendre ses conclusions début avril. L’exécutif en reprendra certaines à son compte.

Mais Sacha Houlié prend les devants. Le député de la Vienne veut accorder ses violons avec la convention citoyenne. Il a échangé ce mercredi matin, au cours d’un petit-déjeuner, avec certains des citoyens tirés au sort. L’idée : inscrire sur le bureau de l’Assemblée un texte simple. « C’est une PPL IIIe République : un article, une phrase, avec un minimum de mot dans l’article » lance Sacha Houlié, qui était le chef de file des députés LREM sur la réforme des institutions. Une concision qui a l’avantage de la clarté, loin des lois bavardes et techniques.

Donner plus de corps à l’acte II du quinquennat censé porter sur l’écologie

Sacha Houlié et Matthieu Orphelin seront les deux premiers cosignataires de cette PPL. Elle sera dans l’idéal déposée « dans la première niche parlementaire qu’on peut trouver », espère le député, afin d’aller au plus vite. Il faudra encore trouver une majorité à l’Assemblée. Ce qui, théoriquement, semble envisageable. La réforme constitutionnelle d’Emmanuel Macron, avant d’être stoppée pour cause d’affaire Benalla, avait déjà intégré par amendement la protection de l’environnement dans l’article 1 de la Constitution. Le texte disait que la République « agit pour la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et contre les changements climatiques ». Des changements pourraient apparaître sur le verbe utilisé. Des compléments sont aussi en réflexion.

L’adoption d’une telle mesure aurait l’avantage de donner un peu plus de corps à l’acte II du quinquennat, censé porter sur l’écologie. Le député de « la bande de Poitiers » assure pour autant ne pas agir en opération commandée, mais de façon « autonome ».

« A quatre mois des sénatoriales, les sénateurs auraient le choix entre voter conforme ou pas »

En cas de vote à l’Assemblée, il faudrait ensuite une adoption par les sénateurs en termes identiques, s’agissant d’une réforme constitutionnelle. « A quatre mois des sénatoriales, les sénateurs auraient le choix entre voter conforme ou pas » souligne Sacha Houlié. Autrement dit, il imagine mal les sénateurs s’y opposer. Le texte pourrait alors être soumis à référendum, le Congrès étant exclu pour une proposition de loi constitutionnelle. A moins que l’introduction de l’environnement prenne place au sein du référendum à choix multiples, évoqué par Emmanuel Macron pour trancher et adopter les idées sorties de la convention citoyenne…

Partager cet article

Dans la même thématique

Gérald Darmanin au Sénat
1min

Politique

[Info Public Sénat] Affaire Lyhanna : le Sénat met en place une commission d’enquête sur le « pilotage de la politique pénale et la prévention de ses dysfonctionnements »

La commission des lois du Sénat va se doter ce mercredi des prérogatives d’une commission d’enquête afin de faire la lumière sur les dysfonctionnements révélés par l’affaire Lyhanna conformément à la proposition de la présidente de la commission, Muriel Jourda. Ses travaux démarreront dans les prochains jours et reprendront après la coupure parlementaire en octobre.

Le

Paris. Nationwide protest following the murder of Lyhanna
4min

Politique

Lutte contre les violences sexuelles : pourquoi l'Espagne est devenue un modèle

Depuis l'affaire Lyhanna, plusieurs propositions sont mises sur la table pour mieux prendre en compte la parole des enfants. Une proposition de loi transpartisane, dite « loi intégrale » ou loi-cadre, est actuellement sur la table du bureau de l’Assemblée nationale, et propose notamment de s’inspirer du modèle espagnol en matière de lutte contre les violences faites aux femmes. Mais que recouvre exactement cette référence ?

Le

PARIS, Affaire Lyhanna, Manifestation interdite place Vendome.
7min

Politique

Affaire Lyhanna : vers une commission d’enquête au Sénat sur les « dysfonctionnements de la justice » ?

La commission des lois du Sénat pourrait prochainement se doter des prérogatives d’une commission d’enquête afin de faire la lumière sur les dysfonctionnements révélés par l’affaire Lyhanna. Selon les informations recueillies par Public Sénat, la présidente de la commission, Muriel Jourda, devrait proposer dès mercredi 10 juin à ses collègues d’engager cette démarche

Le

PARIS: Conference de presse de Gerald Darmanin Gardes des Sceaux Ministre de la Justice
6min

Politique

Affaire Lyhanna : l’idée de Gérald Darmanin de redonner à la Chancellerie un pouvoir d’instruction dans les affaires individuelles, « hasardeuse et contreproductive », selon les juristes

Auditionné par la commission des lois du Sénat, sur les défaillances qui ont conduit à l’affaire Lyhanna, Gérald Darmanin a évoqué l’idée de revenir sur l’interdiction pour le garde des Sceaux de donner des instructions dans les affaires individuelles. Une possibilité qui existait jusqu’en 2013, avant la réforme sur l’indépendance du parquet.

Le