Le cannabis thérapeutique expérimenté 2 ans à partir de 2020
L’Agence du médicament a donné, jeudi, son accord à une expérimentation du cannabis thérapeutique. Sous l’impulsion d’Esther Benbassa, un débat sur la question avait eu lieu au mois de mai dans l’hémicycle. La sénatrice écologiste se réjouit de cette expérimentation mais regrette la « frilosité » du cadre.

Le cannabis thérapeutique expérimenté 2 ans à partir de 2020

L’Agence du médicament a donné, jeudi, son accord à une expérimentation du cannabis thérapeutique. Sous l’impulsion d’Esther Benbassa, un débat sur la question avait eu lieu au mois de mai dans l’hémicycle. La sénatrice écologiste se réjouit de cette expérimentation mais regrette la « frilosité » du cadre.
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Par Public Sénat avec l'AFP

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Fin 2018, l’Agence du médicament (ANSM) avait mandaté un comité d’experts (CSST) pour lui fournir un projet-cadre d’expérimentation du cannabis thérapeutique. Jeudi, l’ANSM a donc donné son feu vert aux conditions d’une expérimentation qui démarrera en janvier 2020 pour une durée de 2 ans.

Interrogé par l’AFP, Dominique Martin, directeur général de l'Agence nationale du médicament a salué un travail « remarquablement conduit », avant de souligner que le comité a « pris le temps nécessaire d'écouter les uns et les autres », dans les différentes dimensions du dossier - médicales, économiques, associatives.

Dans l’expérimentation prochaine, le cannabis thérapeutique pourra être prescrit chez des patients en « impasse thérapeutique », souffrant de certaines formes d'épilepsies résistantes aux traitements, de douleurs neuropathiques (résultant de lésions nerveuses) non soulagées par d'autres thérapies, d'effets secondaires des chimiothérapies ou encore pour les soins palliatifs et les contractions musculaires incontrôlées de la sclérose en plaques ou d'autres pathologies du système nerveux central. Les produits prescrits seront inhalés (huile, fleurs séchées) ou ingérées (solutions buvables, gouttes et capsules d'huile).

Les prescriptions se feront dans des centres anti-douleur ou par des médecins formés

Le comité de treize spécialistes, présidé par le psychiatre et pharmacologue Nicolas Authier, a aussi recommandé de réserver la « prescription initiale » de produits à base de cannabis aux médecins exerçant dans des centres de référence (centres anti-douleur, centres experts de la sclérose en plaques, etc.). Les médecins participant à l'expérimentation seront volontaires et auront obligatoirement suivi une formation en ligne, dont les modalités restent à déterminer.

« Nous sommes particulièrement satisfaits et soulagés de cette décision de l’agence du médicament même si l’expérimentation ne va pas pouvoir couvrir les besoins de tous les patients » indique Mado Gilanton, présidente de l’association Apaiser, qui soutient les patients atteints de maladie rare comme la syringomyélie. Mado Gilanton aurait, par exemple souhaité que les symptômes de l’anxiété puissent être traités par le cannabis thérapeutique.

Au mois de mai dernier, la sénatrice écologiste de Paris, Esther Benbassa avait lancé un débat dans l’hémicycle sur le cannabis thérapeutique comme enjeu de santé publique. La quasi-totalité des sénateurs y était favorable sur le fond même si plusieurs élus LR avaient fait part de leurs réticences à l’image de la sénatrice LR, Chantal Deseyne, pour qui le cannabis thérapeutique pouvait être un « cheval de Troie » vers la légalisation du cannabis récréatif.

« Cela reste toujours long, fastidieux avec beaucoup de frilosité »

Contactée par publicsenat.fr, Esther Benbassa qui a, par ailleurs, déposé dès 2014, une proposition de loi pour une légalisation contrôlé du cannabis, n’est pas vraiment surprise par l’annonce de l’expérimentation prochaine du cannabis thérapeutique. En effet, au Sénat, Adrien Taquet, secrétaire d’État auprès de la Ministre des Solidarités et de la Santé en avait fait « l’une des priorités » de son ministère. Si la sénatrice reconnaît une volonté « d’aller de l’avant » de la part du gouvernement sur la question du cannabis, « cela reste toujours long, fastidieux avec beaucoup de frilosité » déplore-elle, citant comme exemple, le fait que les prescriptions ne puissent avoir lieu que dans les centres anti-douleur, et centres experts. « Cela va créer une inégalité entre les patients parce que de tels centres, il n’y en a pas sur tout le territoire ». Esther Benbassa s’interroge également sur la provenance du cannabis. « Puisque c’est une expérimentation, on ne va pas autoriser la culture de cannabis. Nous allons être obligés de nous fournir à l’extérieur de nos frontières ». Une inquiétude que tempère Mado Gilanton. « Les industriels du cannabis sont prêts. Ils produisent déjà des plans de chanvre autorisés. Il suffit de les remplacer par d’autres souches chargées en THC. La question c’est : est-ce que la production française pourra couvrir l’ensemble des besoins ? »

L’association Apaiser évalue à au moins 2 millions, les patients concernés par le cannabis thérapeutique.

 

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