Le rapport environnemental du cabinet de conseil BCG « n’a pas été rédigé sous la dictée »
Le cabinet de conseil Boston Consulting Group (BCG) avait réalisé pour le compte du ministère de la Transition écologique en février 2021, une étude évaluant l’impact carbone des mesures prises depuis 2017. La rapporteure de la commission, Éliane Assassi (PCF) a interrogé Jean-Christophe Gard, directeur associé, sur cette commande, ce 19 janvier 2022.

Le rapport environnemental du cabinet de conseil BCG « n’a pas été rédigé sous la dictée »

Le cabinet de conseil Boston Consulting Group (BCG) avait réalisé pour le compte du ministère de la Transition écologique en février 2021, une étude évaluant l’impact carbone des mesures prises depuis 2017. La rapporteure de la commission, Éliane Assassi (PCF) a interrogé Jean-Christophe Gard, directeur associé, sur cette commande, ce 19 janvier 2022.
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C’était au début de l’année 2021. Le ministère de la Transition écologique avait commandé une étude au cabinet international Boston Consulting Group (BCG), pour juger de l’efficacité des mesures prises en matière de lutte contre le dérèglement climatique depuis le début du quinquennat. Et ce, dans la perspective de la fin de la Convention citoyenne pour le climat et du début de l’examen au Parlement du projet de loi Climat et Résilience. La commission d’enquête du Sénat sur l’influence croissante des cabinets de conseil a pu interroger l’entreprise à l’origine de cette étude, ce 19 janvier 2022. Elle était auditionnée aux côtés d’autres acteurs.

La rapporteure de la commission, la communiste Éliane Assassi avait mis en doute, lors d’une précédente audition, l’utilité de ce rapport, sachant que l’évaluation des politiques environnementales est déjà assurée par plusieurs instances. « Nous avions déjà les appréciations du Haut Conseil pour le climat, du Conseil économique, social et environnemental et du Conseil national de la transition écologique », faisait remarquer il y a deux semaines la sénatrice.

Cette fois, Éliane Assassi a demandé comment le cabinet avait assuré « l’indépendance » de cette prestation, brandie parfois par le gouvernement dans les débats parlementaires pour prouver qu’il était possible d’atteindre une baisse de 40 % des émissions à effet de serre d’ici 2030 (par rapport à 1990). Le Conseil d’Etat avait, pour sa part, relevé des « insuffisances » dans l’étude l’impact du projet de loi Climat et résilience (relire notre article).

« Si nous avons conclu que la France […] est en mesure de délivrer sa trajectoire de réduction de gaz à effet de serre, c’est que nous sommes convaincus que c’est le cas »

Parmi ses grandes conclusions, la publication du BCG a notamment indiqué que l’objectif de réduction de gaz à effet de serre de la France était en soi un « défi ». Les consultants ont également écrit que le potentiel de réduction des émissions françaises, visé par toutes les décisions depuis 2017 mais également le projet de loi Climat et Résilience était « globalement à la hauteur de l’objectif de 2030, sous réserve de leur exécution intégrale et volontariste ».

Selon Jean-Christophe Gard, directeur associé au BCG, la mission a été réalisée dans un « temps relativement court », « cinq ou six semaines ». Mais ses équipes ont l’habitude de traiter cette thématique. « Nous avons une expertise très très forte dans ce domaine ».

Défendant des « analyses aussi factuelles et scientifiques que possible », le consultant a assuré que l’étude n’avait « pas été rédigée sous la dictée ». « Nous disons ce que nous pensons. Si ce n’est pas ce que le client n’a envie d’entendre, on le lui dit de la manière la plus habile et polie possible, mais nous le disons. Si nous avons conclu que la France, avec le corpus d’initiatives prises, est en mesure de délivrer sa trajectoire de réduction de gaz à effet de serre, c’est que nous sommes convaincus que c’est le cas. »

Dans un avis publié quatre mois après, le Haut conseil pour le climat, une haute autorité indépendante, avait estimé dans son propre avis sur le projet loi Climat et Résilience que les conclusions du BCG « rejoignaient ses analyses », « notamment sur l’impact limité à ce stade par rapport à la stratégie nationale bas carbone des dispositions de la loi Climat et Résilience. »

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