Le Sénat pérennise les maisons de naissance et leur offre des garanties renforcées
Les sénateurs ont adopté l’article 30 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale qui vise à conserver et développer les maisons de naissances, jusque-là en phase d’expérimentation. Des amendements ont été introduits en faveur de leur indépendance ou encore de la sécurité de leur emplacement.

Le Sénat pérennise les maisons de naissance et leur offre des garanties renforcées

Les sénateurs ont adopté l’article 30 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale qui vise à conserver et développer les maisons de naissances, jusque-là en phase d’expérimentation. Des amendements ont été introduits en faveur de leur indépendance ou encore de la sécurité de leur emplacement.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Entre les maisons de naissance et le Sénat, c’est une histoire particulière, puisqu’on en doit l’origine à la chambre haute. La proposition de loi à l’origine de leur création avait été déposée en 2011 par la sénatrice UDI Muguette Dini. Ces structures, rattachées à des établissements de santé, représentent un complément aux maternités pour les femmes enceintes dont la grossesse ne présente aucun risque. Gérées par des sages-femmes libérales, elles permettent une prise en charge en dehors du milieu hospitalier, des accouchements moins médicalisés, et assurent le suivi des grossesses comme les préparations aux naissances. On en compte huit dans le pays, quatre ans après le début de l’expérimentation, qui avait été prolongée en juin pour une année supplémentaire.

Les sénateurs ont adopté en séance ce 13 novembre 2020 l’article 30 du PLFSS pour 2021 (projet de loi de financement de la Sécurité sociale) qui les pérennise. La rapporteure de la branche famille du texte, la sénatrice Élisabeth Doineau (Union centriste), a salué les « résultats très positifs à tous les niveaux » de ces maisons de naissance, mis en avant dans deux rapports.

La maison de naissance devra être « contiguë » à un établissement de santé ou une maternité

L’article a été amendé à plusieurs reprises par l’hémicycle, afin notamment d’apporter davantage de sécurité aux futures mamans (voir le débat en vidéo). À l’Assemblée nationale, l’article avait assoupli le critère de contiguïté de ces maisons à un établissement de santé, préférant retenir la notion de « proximité immédiate ». « La proximité immédiate, je ne sais pas ce que ça veut dire », s’est inquiété le sénateur LR Alain Milon.

Un amendement LR, porté notamment par Florence Lassarade et Valérie Boyer, est revenu au critère originel. Selon elles, la contiguïté d’une maison de naissance à une maternité disposant d’un plateau technique, dans le but de pouvoir gérer les éventuelles complications, était « indispensable ». La socialiste Laurence Rossignol a jugé, au contraire, que le texte était déjà sur un « bon équilibre », et que cette modification allait limiter les créations de maisons de naissance.

Préservation de la place exclusive et centrale des sages-femmes dans la gestion

Afin d’assurer l’indépendance (médicale, financière et administrative) et le bon fonctionnement de ces structures promises à se développer, les sénateurs ont adopté un amendement de Dominique Théophile (LREM) précisant que la gestion de ces établissements devait être « exclusivement » assurée par des sages-femmes, et pas seulement pour la direction. Toujours contre l’avis du gouvernement, un amendement des centristes a par ailleurs retiré la possibilité que des organismes à but non lucratif ou des groupements d’intérêts publics puissent créer ou gérer ces maisons.

Un autre amendement de la centriste Annick Billon a été approuvé pour permettre à ces maisons de naissance d’accueillir des stagiaires ou des sages-femmes en formation dans le cadre universitaire. La modification adoptée précise également que des actions de santé publique et de prévention, en vue de favoriser l’accès aux droits des femmes, font également partie des missions de ces structures.

Partager cet article

Dans la même thématique

Blois: Political figure at summer convention campusPS.
9min

Politique

« Elle est capable de tout, de balancer un scud » : la présence de Ségolène Royal dans la primaire PS va-t-elle rebattre les cartes pour Raphaël Glucksmann ?

Candidate à la primaire PS/Place Publique, Ségolène Royal va-t-elle bousculer le scénario où Raphaël Glucksmann serait désigné ? « Il y a deux lignes politiques différentes dans la primaire : celle de l’union de la gauche », défendue par Ségolène Royal, et celle « d’union avec le centre droit » de Raphaël Glucksmann, pointe le directeur de campagne de la candidate, Luc Carvounas. Un point commun avec Olivier Faure, qui pourrait faire sens en cas de second tour face au candidat Place Publique…

Le

Paris : Rassemblement Loi Intégrale et Lyhanna
5min

Politique

Loi intégrale : les 1,5 milliard d’euros annoncés par le gouvernement sont-ils à la hauteur des besoins revendiqués par les associations ?

Dans une tribune publiée mardi 15 septembre dans Le Monde, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé près de 1,5 milliard d’euros pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles en 2027, auxquels s’ajouteraient 2,6 milliards d’euros pour la protection de l’enfance. Des montants que les associations jugent insuffisants pour financer l’ensemble des mesures prévues par la « loi intégrale ».

Le

Paris: Conference de presse Bruno Retailleau pouvoir d achat
4min

Politique

Budget : Bruno Retailleau demande au gouvernement le retour de la réforme des retraites

Sur franceinfo, le candidat LR à la présidentielle, Bruno Retailleau a développé un peu plus la ligne de responsabilité qu'il entend incarner en indiquant que sa famille politique allait demander le retour de la réforme des retraites dans le prochain budget. Une réforme que le gouvernement avait suspendue l'année dernière, dans le cadre d'un compromis avec les socialistes.

Le

Rachida Dati and Carlos Ghosn Face Corruption Trial in Paris
5min

Politique

Ouverture du procès pour corruption de Rachida Dati : retour sur l’affaire

Rachida Dati a-t-elle touché 900 000 euros pour soutenir les intérêts de Renault au Parlement européen ? L'ex-ministre de la Justice comparaît à partir de ce mercredi 16 septembre devant le tribunal correctionnel de Paris dans un retentissant procès pour corruption et trafic d'influence, jugée avec l'ex-PDG de Renault-Nissan CV (RNCV), Carlos Ghosn, absent à son procès aujourd’hui, pour avoir perçu de l'argent du constructeur lorsqu'elle était eurodéputée.

Le