« Les Français n’ont pas d’inquiétude à avoir sur le financement de notre dette », déclare Bruno Le Maire
Auditionné ce 27 janvier par la commission des finances du Sénat, le ministre de l’Economie et des Finances, a assuré que la signature de la France restait « crédible » sur les marchés.

« Les Français n’ont pas d’inquiétude à avoir sur le financement de notre dette », déclare Bruno Le Maire

Auditionné ce 27 janvier par la commission des finances du Sénat, le ministre de l’Economie et des Finances, a assuré que la signature de la France restait « crédible » sur les marchés.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

C’est l’un des débats qui monte, en parallèle du niveau des mesures sanitaires : que faire face à la dette qui s’emballe ? Conséquence de recettes fiscales qui plongent et du coût des mesures d’urgence de soutien à l’économie et à la population, celle-ci se rapproche du niveau de 120 % du PIB, soit plus de 20 points de plus qu’à la fin 2019. Auditionné ce 27 janvier 2021 par la commission des finances du Sénat, le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire a indiqué qu’il n’y avait aucune inquiétude à avoir, à l’heure actuelle. « Les Français n’ont pas d’inquiétude à avoir sur le financement de notre dette », a assuré le ministre. Et pour cause, il n’a jamais été aussi peu cher d’emprunter pour l’Etat. Mieux : les investisseurs payent pour placer leurs actifs dans la dette française.

« Nous empruntons à taux négatif », a souligné le ministre. En 2020, ce sont ainsi 290 milliards d’euros levés à moyen et long terme sur les marchés, à un taux moyen de -0,14 %, c’est 20 points de moins que le taux moyen de 0,11 % de l’année 2019. Le mouvement est loin de s’être arrêté, puisque la dernière levée – un emprunt à 10 ans – s’est réalisée avec un taux de -0,33 %. La France a aussi réussi à lever 7 milliards d’euros avec une nouvelle obligation à… 50 ans. Pour la modique somme d’un intérêt à 0,59 %. En 2021, l’Agence France Trésor, en charge de la dette, pourrait lever 260 milliards d’euros à moyen et long terme.

Réformes structurelles : « Je pense notamment à la question des retraites »

Mais la confiance des marchés dans l’Hexagone suppose quelque chose, d’après Bruno Le Maire. « Si nous avons une signature aussi crédible, c’est que la France s’engage sans aucune ambiguïté à rembourser sa dette. Rien ne serait plus dommageable à la qualité de la signature française que de laisser entendre que nous ne pourrions pas rembourser notre dette », a-t-il mis en garde.

Celle-ci le sera « le moment venu », à travers deux axes, selon le ministre : le retour de la croissance et « la maîtrise des dépenses publiques », notamment des « réformes structurelles qui doivent rendre notre modèle social plus soutenable du point de vue financier ». « Je pense notamment à la question des retraites », a indiqué sans ambages Bruno Le Maire.

Tous les sénateurs n’ont pas partagé l’optimisme du ministre sur les capacités d’emprunt de la France. « Je vous ai trouvé trop rassurant sur la dette », est intervenu le sénateur LR Philippe Dallier. Le sénateur de Seine-Saint-Denis a notamment relayé des informations trouvées dans la presse, selon lesquelles certaines « angoisses » se faisaient jour à l’Agence France Trésor.

« Nous empruntons toujours à taux fixe »

« J’ai lu les mêmes magazines que vous, j’ai vu les alertes qui sont tirées par certains, je pense qu’elles ne correspondent pas à la réalité de ce que je vis comme ministre qui a la tutelle de l’Agence France trésor, et qui a la responsabilité de lever la dette. Ces propos sont sanctionnés par les chiffres », a rétorqué le ministre.

Le sénateur Union centriste Michel Canevet s’est lui interrogé sur le danger d’emprunts avec des taux variables. « Nous empruntons toujours à taux fixes, et donc si jamais il devait y avoir une hausse des taux d’intérêt, elle n’aurait un impact sur le coût de la dette que progressivement […] Dire la vérité ne veut pas dire jouer avec les peurs des Français », a répondu Bruno Le Maire.

Partager cet article

Dans la même thématique

ADOLESCENT SUR SMARTPHONE ET IMPACT DES ECRANS
8min

Politique

Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : une loi impossible à appliquer ?

La proposition de loi instaurant l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans a été définitivement adoptée hier par le Parlement. Mais le texte n’est pas en mesure d’imposer aux plateformes une vérification d’âge, compétence exclusive de l’Union européenne. En attendant les initiatives de Bruxelles, la nouvelle loi s’apparente surtout à une déclaration d’intention, bien que le gouvernement assure du contraire.

Le

Paris : Weekly cabinet meeting at the Elysee Palace
3min

Politique

« La politique n’est pas mon monde » : Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, confirme qu’elle va remettre sa démission

Dans un long post sur son compte LinkedIn, la ministre de la Transition écologique estime que les dispositions relatives aux pesticides dans la loi d’urgence agricole constituent « le recul environnemental de trop ». Elle rappelle que les études scientifiques continuent d’alerter sur les effets des produits phytosanitaires sur la santé.

Le

Paris : Meeting of the impact of the heatwave on agriculture at Hotel de Matignon
3min

Politique

Pesticides : Monique Barbut, la ministre de la Transition écologique, sur le départ après l’adoption du projet de loi d’urgence agricole

Dans la foulée de l’adoption définitive du projet de loi d’urgence agricole ce mardi, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut devrait quitter le gouvernement d'ici mercredi. Opposée au retour dérogatoire de plusieurs pesticides interdits, l’ancienne présidente de WWF France était sous le feu des critiques depuis plusieurs semaines.

Le

« Les Français n’ont pas d’inquiétude à avoir sur le financement de notre dette », déclare Bruno Le Maire
5min

Politique

Défenseur des droits : François-Noël Buffet assure qu’il exercera sa mission avec « autorité et indépendance », la gauche exprime ses « inquiétudes »

En dépit de l’opposition de nombreuses associations et de parlementaires de gauche, la candidature de François-Noël Buffet au poste de défenseur des droits a été validée par le Parlement, ce mardi 21 juillet, à 43 voix contre 39. Lors de son audition, les sénateurs de gauche ont exprimé leurs réserves sur le choix de François-Noël Buffet pour occuper ce poste.

Le