Les sapeurs-pompiers manifestent à Paris : les raisons d’un malaise profond
Une manifestation nationale des soldats du feu a lieu ce mardi 15 octobre à Paris, pour faire valoir leurs revendications. Une nouvelle étape dans une mobilisation commencée au mois de mars. Le Sénat est particulièrement investi sur la sécurité de leurs interventions.

Les sapeurs-pompiers manifestent à Paris : les raisons d’un malaise profond

Une manifestation nationale des soldats du feu a lieu ce mardi 15 octobre à Paris, pour faire valoir leurs revendications. Une nouvelle étape dans une mobilisation commencée au mois de mars. Le Sénat est particulièrement investi sur la sécurité de leurs interventions.
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La colère des pompiers ne date pas d’hier. On se souvient d’une grève organisée le 14 mars 2017. Ces derniers mois, le ras-le-bol général n’est pas retombé. Une mobilisation nationale est en cours depuis le printemps et l’intersyndicale de la profession a même appelé à une grève cet été. Les sapeurs-pompiers se donnent rendez-vous à Paris ce mardi 15 octobre pour se faire entendre.

Leur malaise tient en deux raisons. Premièrement, ils sont de plus en plus souvent victimes d’agressions pendant leurs interventions. On parle de violences physiques, de caillassage, d’outrages, de menaces de mort parfois. Chaque mois, on recense 120 faits de violences à leur encontre. Deuxième problème : ils sont sursollicités et doivent souvent intervenir alors que ce n’est pas leur rôle. En 2018, ils ont réalisé 4,5 millions d’interventions : une toute les 7 secondes. Le cœur de leur métier est, rappelons-le, la lutte contre les incendies et le secours d’urgence aux personnes. Or, de plus en plus, ils doivent faire face à des cas psychiatriques, déloger des forcenés, intervenir auprès de personnes alcoolisées : autant d’interventions qui ne sont pas de leur ressort.

Grève chez les pompiers : « Les effectifs sont fatigués parce que nos missions explosent » déclare le syndicat de sapeurs-pompiers UNSA SDIS
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« Les effectifs sont fatigués parce que nos missions explosent », selon le syndicat de sapeurs-pompiers UNSA SDIS

Les effectifs et la prime de feu au centre de demandes répétées

Aujourd’hui, ils réclament une revalorisation de leur prime de feu, jugée trop faible par rapport à d’autres professions. Lorsqu’elle atteint 26 % dans la police, elle n’est que de 18 % chez les pompiers. Ils attendent également de pied ferme des embauches massives pour les soulager au quotidien, les Services d’incendie et de secours (Sdis) fonctionnant à flux tendu et étant victimes de missions toujours plus étandues.

Plus largement se pose la question de l’organisation de la sécurité civile en France. Une réunion de travail, le 10 septembre, au sein de la Conférence nationale des services d’incendie et de secours, n’a pas permis de répondre aux attentes des sapeurs-pompiers. Pire, les syndicats ont fait le constat d’un « échec » et d’un rendez-vous « décevant ».

« Tôt ou tard j’arrêterai mon métier c’est sûr »

Les difficultés des pompiers sont identifiées depuis longtemps. Suffisamment pour que le Sénat ait lancé plusieurs travaux autour de ces questions. Au mois de mars dernier, la chambre haute a adopté une proposition de loi de Patrick Kanner, le président du groupe socialiste, pour renforcer la sécurité des sapeurs-pompiers.

Le Sénat a aussi lancé une mission d’information, qui a permis aux sénateurs d’auditionner experts et acteurs sur ce sujet. L’été dernier, nous les avions suivis à Marseille, où certains pompiers nous avaient raconté leur quotidien et expliqué leur détresse. L’un d’eux, âgé de 31 ans, confiait être à bout :

« On sort d’un véhicule, on est obligé de regarder en l’air, on a peur de se faire caillasser […] tôt ou tard j’arrêterai mon métier c’est sûr. »

Julien, pompier dans les Bouches-du-Rhône, témoigne des violences qu'il subit
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Images : Adrien Develay

Le risque aujourd’hui, c’est que de plus en plus de pompiers jettent l’éponge. D’autant plus que 79 % des 247 000 pompiers sont des volontaires (16 % sont professionnels et 5 % militaires) qui ne sont pas rémunérés mais simplement indemnisés, et qui ont pour certains un autre métier.

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