Loi pouvoir d’achat : le Sénat vote le texte mais pointe ses insuffisances
Le Sénat a adopté le projet de loi portant mesures d’urgence pour la protection du pouvoir d’achat, vendredi 29 juillet. Un texte pourtant jugé insuffisant par les oppositions pour apporter une réponse concrète et immédiate à la situation de crise inflationniste. 

Loi pouvoir d’achat : le Sénat vote le texte mais pointe ses insuffisances

Le Sénat a adopté le projet de loi portant mesures d’urgence pour la protection du pouvoir d’achat, vendredi 29 juillet. Un texte pourtant jugé insuffisant par les oppositions pour apporter une réponse concrète et immédiate à la situation de crise inflationniste. 
Public Sénat

Par Héléna Berkaoui

Temps de lecture :

4 min

Publié le

« Peu d’articles ont pour objet d’apporter une réponse concrète et immédiate à la situation de crise que nous connaissons. » Le constat de la majorité sénatoriale de droite, par la voix de Frédérique Puissat, n’a pas empêché l’adoption, vendredi 29 juillet, du projet de loi portant mesures d’urgence pour la protection du pouvoir d’achat.

Ce texte vise à répondre à la forte hausse des prix à la consommation qui, d’après l’Insee, progresse encore en juillet et atteint 6,1 % sur un an. Lors de l’examen de la loi, les sénateurs ont largement amendé le texte dans le but de redonner du pouvoir d’achat aux Français.

« Placer le travail au cœur du pouvoir d’achat »

« Les sénateurs LR se sont mobilisés pour imposer au gouvernement des dispositifs qui placent le travail au cœur du pouvoir d’achat », affirme ainsi le président du groupe LR au Sénat. Bruno Retailleau met en avant les dispositions votées par le Sénat, telles que l’allègement des cotisations patronales sur les heures supplémentaires et le rachat des RTT.

Lire aussi. Pouvoir d’achat : le Sénat maintient la hausse du RSA à 4 %, contre la position du groupe LR

« Ce texte est siamois du PLFR qui sera examiné la semaine prochaine. Nous rappellerons au gouvernement que des économies s’imposent vite, à commencer par la lutte contre la fraude aux cartes vitales », déclare également Bruno Retailleau. Sur ce dernier point, la commission des Finances a déjà adopté un amendement, dans le cadre du projet de loi de finances rectificative, visant à mettre en place un système de « cartes vitales biométriques » pour lutter contre la fraude sociale (lire notre article).

Prime Macron : « On organise la baisse des recettes de la sécurité sociale »

A gauche de l’hémicycle, le constat sur la loi « Pouvoir d’achat » est bien plus sévère. Les socialistes qui se sont abstenus lors du vote, fustigent « un texte de courte vue, dangereux pour notre système de protection sociale ». Parmi la liste des griefs invoqués figure la « Prime Macron ». Les sénateurs socialistes jugent cette prime « hypocrite, inégalitaire et dangereuse pour notre modèle social ».

« Avec cette prime désocialisée et défiscalisée, on organise la baisse des recettes de la sécurité sociale et donc, à terme, un affaiblissement de la protection sociale de tous les Français », dénoncent Monique Lubin et Franck Montaugé dans un communiqué. Cette critique a par ailleurs été formulée par l’économiste Mickaël Zemmour dans une tribune au Monde. Les socialistes proposaient, eux, une augmentation du SMIC à 1 500 euros.

« La prime Macron ne résoudra pas le problème de la très grande majorité des Français »

Les écologistes qui ont bataillé pied à pied lors de l’examen du projet de loi, dénoncent eux certaines mesures dangereuses pour l’environnement. Avec leurs collègues communistes, ils sont montés au créneau contre les articles facilitant l’installation d’un nouveau terminal méthanier au Havre (lire notre article). Ce texte « accouche d’une souris », fustigeait encore le sénateur communiste, Fabien Gay, hier en séance. « La prime Macron, que seulement 16 % des salariés touchent, ne résoudra pas le problème de la très grande majorité des Français », dénonçait-il.

Le texte sera examiné, lundi, en commission mixte paritaire afin de trouver un accord sur les dispositions restant en discussion. Les débats se poursuivront également lors de l’examen du projet de loi de finances rectificative, la semaine prochaine.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Debate on no-confidence motions against the 2026 finance bill at National Assembly
5min

Politique

Prix du Trombinoscope : Sébastien Lecornu, Amélie De Montchalin, Olivier Faure parmi les lauréats

Le jury du Prix du Trombinoscope, dont Public Sénat est partenaire, a dévoilé son palmarès annuel. Plusieurs figures de premier plan ont été distinguées, parmi lesquelles Sébastien Lecornu, Amélie de Montchalin, le duo des sénateurs de la commissions d’enquêtes sur les aides publiques aux entreprises ou Olivier Faure. Des récompenses qui mettent en lumière une année politique marquée par la tension budgétaire, la recherche de compromis et le retour au premier plan du Parlement.

Le

Loi pouvoir d’achat : le Sénat vote le texte mais pointe ses insuffisances
3min

Politique

La nomination d'Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes, une décision « aux antipodes de l'éthique », brocarde le sénateur Jean-Raymond Hugonet

Le sénateur LR Jean-Raymond Hugonet a interpellé le gouvernement sur la nomination d'Amélie de Montchalin, actuelle ministre du Budget, comme présidente de la Cour des comptes. L’élu dénonce un risque de conflit d’intérêts. Maud Bregeon, la porte-parole du gouvernement, accuse les oppositions de cibler la couleur politique d’Amélie de Montchalin.

Le

Paris : Proces Joel Guerriau et Sandrine Josso
2min

Politique

Condamnation de Joel Guerriau : Sandrine Josso reçue par Gérard Larcher, ce mercredi à 18h30

15 jours après la condamnation de l’ex-sénateur Joël Guerriau à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme, pour avoir drogué en 2023 la députée Sandrine Josso en vue de la violer, Gérard Larcher va recevoir l’élue, ce mercredi. La députée avait fait part de son regret de ne pas avoir reçu de marque de soutien de la part du président du Sénat.

Le