Socialistes, communistes et écologistes, les sénateurs de gauche étaient dans la rue ce jeudi pour manifester leur opposition à la réforme des retraites. Pour les élus, le succès de cette première mobilisation doit faire « réfléchir » le gouvernement.
Manifestation contre la réforme des retraites : les sénateurs de gauche déterminés à obtenir le retrait
Socialistes, communistes et écologistes, les sénateurs de gauche étaient dans la rue ce jeudi pour manifester leur opposition à la réforme des retraites. Pour les élus, le succès de cette première mobilisation doit faire « réfléchir » le gouvernement.
Massivement suivie, la première mobilisation contre la réforme des retraites a rassemblé 400 000 personnes à Paris selon la CGT. Les sénateurs écologistes, socialistes et communistes faisaient partie du cortège qui a défilé de République à Nation. Et l’affluence a ragaillardi les élus de gauche qui, depuis des semaines, font front commun contre le report de l’âge légal à 64 ans. « De toutes les manifs qui nous remontent des territoires, on voit que les Français se sont mobilisés. Malgré tous les petits alinéas de la réforme, ils ont bien compris qu’on allait les faire bosser deux ans de plus. Ils sont là. Ils ne veulent pas se résigner et je pense qu’à la fin on va gagner », veut croire Thomas Dossus, le sénateur écologiste du Rhône qui en l’état actuel de la réforme demande « le retrait ou rien ».
« Il n’y aura pas d’arrêt de la mobilisation syndicale et politique »
« Détermination totale […] Il y a une unité syndicale inédite, une unité politique de la Nupes qui demeurera aussi […] Il faut que le gouvernement comprenne que sur l’allongement de 62 à 64 ans de l’âge de départ, il n’y aura pas d’arrêt de la mobilisation syndicale et politique », ajoute sa collègue écologiste, Raymonde Poncet-Monge.
Chez les socialistes, c’est le même état d’esprit. Le sénateur, Rachid Temal veut faire perdurer le combat au Parlement. « On s’opposera. Je vous rappelle qu’il y a deux ans, il y avait déjà un projet de réforme des retraites portée par le gouvernement d’Edouard Philipe et Emmanuel Macron. Et on a gagné le bras de fer », rappelle-t-il. Rappelons tout de même que la réforme avait été abandonnée suite à l’épidémie de covid-19. « Le gouvernement compte sur le découragement et la lassitude des Français, c’est une évidence. C’est même assez cynique quand on sait que le Président de la République a été élu par les Français qui voulaient tout sauf l’extrême droite au pouvoir et pas du projet de réforme des retraites », rappelle Rémi Féraud, sénateur socialiste de Paris qui pense que « le front du refus » de la gauche et « des syndicats va tenir ».
« La voix des mécontents continuera à se faire entendre au Sénat »
« On mènera la bataille dans l’hémicycle mais comme je le dis souvent un pied dedans, un pied dehors (dans la rue) », promet la présidente du groupe communiste, Éliane Assassi qui a interpellé la Première ministre sur « sa réforme injuste », la veille, aux questions d’actualité au gouvernement du Sénat. « La voix des mécontents continuera à se faire entendre au Sénat », assure la sénatrice communiste, Laurence Cohen.
Le débat se déroulera au Parlement mais il pourrait être raccourci. A l’Assemblée, le gouvernement pourrait avoir recours à l'article 49-3 de la Constitution ou 47-1. Cet article régit les délais d’adoption des lois de financement de la Sécurité sociale. Son deuxième alinéa prévoit que « si l’Assemblée nationale ne s’est pas prononcée en première lecture dans le délai de vingt jours après le dépôt d’un projet, le Gouvernement saisit le Sénat qui doit statuer dans un délai de quinze jours. »
« Le gouvernement est prêt à tout, mais il va falloir qu’il réfléchisse »
« Notre rôle va être de porter cette voix (des syndicats) dans le Parlement et d’empêcher le gouvernement d’utiliser des méthodes autoritaires qui court-circuiteraient le débat parlementaire. On a eu droit pas mal de 49 alinéa 3 cet automne (Lors du budget). Le gouvernement voudrait s’y prendre autrement avec un temps de débat réduit (le 47-1) mais qui pourraient se terminer de manière assez incroyable avec un texte qui navigue entre l’Assemblée nationale et le Sénat, sans vote. Le gouvernement est prêt à tout mais il va falloir qu’il réfléchisse car avec une telle mobilisation, il ne pourra pas passer en force de cette manière-là », estime le sénateur communiste Pierre Laurent.
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