« Ne dites pas que la police est raciste », échange tendu entre Darmanin et les écologistes au Sénat
Lors de l’examen du projet de loi d’orientation et de programmation du ministère de l’Intérieur (Lopmi), Gérald Darmanin n’a pas aimé les propos du sénateur écologiste, Guy Benarroche sur les contrôles d’identité. De quoi alimenter un échange tendu entre les sénateurs du groupe et le ministre.

« Ne dites pas que la police est raciste », échange tendu entre Darmanin et les écologistes au Sénat

Lors de l’examen du projet de loi d’orientation et de programmation du ministère de l’Intérieur (Lopmi), Gérald Darmanin n’a pas aimé les propos du sénateur écologiste, Guy Benarroche sur les contrôles d’identité. De quoi alimenter un échange tendu entre les sénateurs du groupe et le ministre.
Simon Barbarit

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Alors qu’on se dirigeait tranquillement vers la suspension de séance, les débats se sont subitement envenimés au Sénat où est examiné le projet de loi d’orientation et de programmation du ministère de l’Intérieur (Lopmi). En cause ? Un amendement du groupe écologiste demandant « par souci de transparence et d’exemplarité » la publication par Beauvau des « statistiques relatives aux opérations de contrôle de la population, notamment par zone géographique et par classe d’âge ».

« Ces contrôles ne sont pas faits d’une manière cohérente entre les différentes couches sociales, raciales »

Avis défavorable du ministre et du rapporteur LR, Marc-Philippe Daubresse. « Des statistiques qui vont une fois de plus encombrer la lourdeur administrative alors que nous attendons que nos policiers soient au maximum sur le terrain », justifie-t-il. L’amendement n’a pas été adopté.

Le sénateur écologiste, Guy Benarroche ne s’en laisse pas conter et prend la parole pour une explication de vote. « Aujourd’hui, il n’y a aucun critère qui nous permette d’évaluer si ces contrôles d’identité sont faits de manière homogène et circonstanciée […] C’est une des raisons de la perte de confiance d’un grand nombre de citoyens. On pense que ces contrôles ne sont pas faits d’une manière cohérente entre les différentes couches sociales, raciales… etc. Disons-le ». Des mots qui lui ont valu des protestations dans les rangs de la droite et une admonestation du ministre.

« Les discours bien-pensants. Ça suffit ! »

« Je pense que vos propos ont dépassé votre pensée. Parce que ce que vous dites clairement, c’est qu’une partie de la police de la République est raciste […] Ces propos sont profondément blessants et insultants pour les policiers de la République. Vous ne devez pas en voir beaucoup pour imaginer qu’il n’y a qu’un type de policier dans la police nationale. C’est une insulte pour tous ceux qui sont issus eux-mêmes de l’immigration ».

Le ministre monte ensuite d’un ton. « Ne me faites pas le discours des quartiers populaires. J’en viens. J’ai dirigé une commune. Vous n’avez aucune leçon d’embourgeoisement à me donner et vous n’avez, me semble-t-il, pas l’expérience ni humaine et ni politique que j’ai pu avoir dans ma commune où je suis toujours élu. Les discours bien-pensants. Ça suffit ! […] Et c’est tout à fait conforme à ce que dit M. Mélenchon. Il y a bien une filiation dans ce domaine ».

Guillaume Gontard, le président du groupe écologiste a fini par prendre la défense de son collègue. « Ce que vous avez dit est profondément blessant aussi. Qu’est-ce qu’on demande ? C’est d’évaluer pour être dans l’apaisement. L’apaisement, ce n’est pas ce qui vous caractérise et c’est bien dommage ».

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
8min

Politique

Avec le retrait du plaider-coupable en matière criminel, « Gérald Darmanin fait de la politique sur le dos des victimes », regrette la rapporteure du texte au Sénat

Suite au rejet du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes en commission des lois de l’Assemblée nationale mercredi, Gérald Darmanin a annoncé le retrait complet du « plaider-coupable » criminel, l’un des dispositifs les plus polémiques de son texte. Une « déception » pour les rapporteurs du texte au Sénat.

Le

Le Sénat rejette le projet de loi de financement de la Sécurité sociale en nouvelle lecture
9min

Politique

Protection de l’enfance examinée au Sénat en octobre : « Le texte aurait mérité d’être inscrit avant », pointe la sénatrice centriste Dominique Vérien

Face à l’émoi suscité par l’affaire Lyhanna, le gouvernement va profiter de l’examen du texte sur la protection de l’enfance pour ajouter de nouvelles mesures. Le Sénat n’examinera pas le texte avant le 8 octobre. Trop tard, pour la centriste Dominique Vérien. La présidente de la commission des lois, Muriel Jourda, interroge surtout le recours à ce projet de loi. « Réagir par un texte sans lien avec l’affaire Lyhanna revient à faire de la loi un outil de communication », pointe la sénatrice LR.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
6min

Politique

Affaire Lyhanna : la proposition d’une peine de perpétuité pour les violeurs en série, laisse perplexe le monde judiciaire

A l’issue d’une réunion de crise avec plusieurs ministres sur les dysfonctionnements qui ont conduit à l’affaire Lyhanna, le chef du gouvernement Sébastien Lecornu a proposé de renforcer les peines pour les violeurs en série sur mineurs, qui pourront encourir la perpétuité au lieu de 20 ans actuellement. La proposition est difficilement applicable pour les magistrats et avocats.

Le