Néonicotinoïdes : « Lobbys », « diffamation », débat sous haute tension au Sénat
L’examen du projet de loi qui permet la réintroduction temporaire des néonicotinoïdes tueurs d'abeilles pour sauver la filière de la betterave a démarré sous haute tension au Sénat. Le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie a peu apprécié les propos du président du groupe écologiste du Sénat, Guillaume Gontard.

Néonicotinoïdes : « Lobbys », « diffamation », débat sous haute tension au Sénat

L’examen du projet de loi qui permet la réintroduction temporaire des néonicotinoïdes tueurs d'abeilles pour sauver la filière de la betterave a démarré sous haute tension au Sénat. Le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie a peu apprécié les propos du président du groupe écologiste du Sénat, Guillaume Gontard.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Avant même l’examen des articles du projet de loi, très polémique, permettant la réintroduction temporaire des néonicotinoïdes tueurs d'abeilles pour sauver la filière de la betterave, deux camps se sont farouchement opposés sur le principe même du texte. D’un côté le gouvernement et la majorité sénatoriale de la droite et du centre qui défendent « un choix de souveraineté » de l’agriculture française, selon les mots du ministre Julien Denormandie. En effet, cette année, la jaunisse de la betterave provoquée par les pucerons verts menace toute la filière sucrière française, soit 46 000 emplois.

Victoire du « lobby agrochimique », « le cheval de Troie de Bayer-Monsento »

De l’autre, la gauche du Sénat (PS, écologistes et communistes) voit dans ce projet de loi un reniement du gouvernement et un texte contraire à la charte de l’Environnement, à valeur constitutionnelle. Les néonicotinoïdes sont interdits depuis 2018, suite à la loi sur la biodiversité votée en 2016.

Le groupe communiste et le groupe écologiste ont déposé chacun une motion visant à rejeter l’ensemble du texte. Lors de sa prise de parole, Guillaume Gontard, le président du groupe Écologiste, Solidarité et Territoires du Senat a dénoncé « une dérogation scélérate » « qui ne manquera pas de faire jurisprudence et de menacer l’interdiction dans son ensemble au nom de l’égalité devant la loi ». Les néonicotinoïdes sont responsables « de la perte de 85% des insectes de nos campagnes ». « Vous connaissez les risques pour la santé humaine (…) Imaginez un gouvernement qui créerait des dérogations à l’interdiction du plomb ou de l’amiante pour les besoins de quelques industriels » a-t-il dénoncé avant d’ajouter : « M. le ministre, vous savez et pourtant vous permettez l’autorisation d’un poison ».

Pour le sénateur de l’Isère, ce projet de loi est une immense victoire du « lobby agrochimique », « le cheval de Troie de Bayer-Monsanto ».

« Je suis un ministre de la République, vous n’avez pas à tenir des propos diffamatoires »

Des mots qui ont eu un effet certain sur le ministre de l’agriculture, Julien Denormandie. « J’ai trouvé vos propos scandaleux (…) Vous avez été la caricature même de ce que vous représentez. Vous étiez dans une écologie de l’incantation, du : ‘Y'a qu'à faut qu'on’. On est dans une situation d’impasse ou il n’y a pas d’alternatives aux néonicotinoïdes » a-t-il estimé. (voir notre article sur le sujet).

Enfin, Julien Denormandie a expliqué qu’il « n’acceptait pas » qu’on l’accuse « d’être aux mains des lobbys » » parlant « de l’écologie de la diffamation ». « Je suis un ministre de la République, vous n’avez pas à tenir des propos diffamatoires ».

 

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Néonicotinoïdes : « Lobbys », « diffamation », débat sous haute tension au Sénat
3min

Politique

Lycéens, carburant, agriculteurs : Sébastien Lecornu appelle à l'apaisement sans annoncer de moyens supplémentaires

Dans une allocution de 15 minutes enregistrée depuis Matignon, Sébastien Lecornu a assuré que le gouvernement avait pris conscience des crises que traverse le pays tout en réaffirmant sa volonté de ramener le déficit à 5 % du produit intérieur brut en 2027. S'il affirme ne pas être indifférent aux angoisses des lycéens, il renvoie leurs revendications au débat budgétaire. Il a toutefois annoncé la libération de 10 millions de barils de gazole afin de faire baisser le prix du litre de gazole à la pompe de 12 à 18 centimes.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
7min

Politique

Manifestations lycéennes : mis en cause sur sa gestion du maintien de l’ordre, Laurent Nuñez pressé de trouver la voie de l’apaisement

Les mutilations de plusieurs élèves lors des manifestations lycéennes ont remis brutalement sur le devant de la scène la doctrine du maintien de l’ordre. Un rapport du Sénat sur ce sujet sera présenté dans les prochains jours. En attendant, faisant face aux demandes de démission des oppositions de gauche, le ministre de l’Intérieur a annoncé la suspension de l’usage des grenades assourdissantes et a longuement justifié l’action des forces de l’ordre, lors de son audition devant la commission des lois de l’Assemblée nationale.

Le

Memorial Site Honors Victims of the Hamas Attack at the Nova Music Festival
5min

Politique

7-Octobre : Trois ans après l’attaque du Hamas, les juifs de France continuent de vivre un « traumatisme »

L’émotion se fait ressentir en ce 7 octobre 2026. Trois ans après l’attaque du Hamas en Israël, plusieurs commémorations sont prévues en Israël, notamment à Réïm où certains politiques français se sont rendus. En France, le président du Crif explique que les Français juifs continuent de vivre ce « traumatisme » et regrette qu’ils soient « associés à un conflit » dont ils « ne sont pas responsables ».

Le

FRANCE-PARIS-MANIFESTATION ÉTUDIANTE-ÉDUCATION
5min

Politique

Blocus des lycées : dix-huit enquêtes IGPN ouvertes, l’usage des grenades assourdissantes suspendu

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé ce mercredi 7 octobre la suspension provisoire de l’usage des grenades assourdissantes dans le cadre des manifestations lycéennes. Cette décision intervient après qu’un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée lundi à Lens. Dix-huit enquêtes ont par ailleurs été confiées à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) depuis le début du mouvement.

Le