Nouvelle-Calédonie : Gérald Darmanin exclut la tenue du « référendum de projet » en 2023
S’il soutient toujours le principe du « référendum de projet » pour valider un nouveau cadre juridique en Nouvelle-Calédonie, le ministre de l’Intérieur affirme qu’il est « difficile de constater qu’il peut se tenir dans l’année qui vient ».

Nouvelle-Calédonie : Gérald Darmanin exclut la tenue du « référendum de projet » en 2023

S’il soutient toujours le principe du « référendum de projet » pour valider un nouveau cadre juridique en Nouvelle-Calédonie, le ministre de l’Intérieur affirme qu’il est « difficile de constater qu’il peut se tenir dans l’année qui vient ».
François Vignal

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Cinq jours après une réunion à Matignon sur le futur statut de la Nouvelle-Calédonie, marquée par l’absence des indépendantistes du Front de libération kanak et socialiste (FLNKS), le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a été auditionné par la commission des lois du Sénat sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie.

Alors que l’ancien ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, avait promis un « référendum de projet » pour juin 2023, afin de valider un nouveau cadre juridique du territoire, le ministre de l’Intérieur a assuré qu’il ne tiendra pas l’année prochaine, préférant laisser le temps aux discussions et à la recherche d’un « consensus ». En 2021, lors d’un référendum, la Nouvelle-Calédonie avait rejeté pour la troisième fois l’indépendance, choisissant de rester dans la République française.

« Nous ne nous engageons pas sur une date »

« Nous ne sommes pas contre le référendum de projet, annoncé par le ministre des Outre-mer précédent, mais nous ne nous engageons pas sur une date », a affirmé Gérald Darmanin devant les sénateurs. « Le ministre Lecornu a évoqué un référendum de projet. Il est tout à fait possible que ce référendum de projet, pour savoir quel est le nouveau statut de la Nouvelle-Calédonie, dans la République, puisse se tenir. Nous disons avec le ministre des Outre-mer, Jean-François Carenco, comme vous, qu’il serait difficile de constater qu’il peut se tenir dans l’année qui vient », soutient le locataire de la Place Beauvau, qui affirme que « le consensus » doit d’abord être « recherché » par chaque partie, avant d’ajouter : « Plus on pourra s’approcher d’une méthode consensuelle, moins on fera des choses clivées dans un temps trop court, qui ne ferait qu’antagoniser les uns et les autres, mieux on se portera ». Il faudra de plus « une réforme constitutionnelle pour adapter le corps électoral » de Nouvelle-Calédonie. Elle devra être validée par les députés et les sénateurs dans les mêmes termes.

Lire aussi » Nouvelle-Calédonie : la Première ministre déplore des « échanges incomplets » en l’absence des indépendantistes

« L’année de travail ne comprend pas un référendum, mais le rendu du groupe de travail », précise encore le ministre, qui insiste :

Il n’est pas prévu de nouveau référendum dans les mois et années qui viennent.

« Ce renoncement est sage » salue le sénateur Philippe Bas

« Vous avez fait une annonce très importante pour tous les partenaires du dossier calédonien. C’est une décision majeure. […] Ce renoncement est sage. […] Vous donnez un peu d’oxygène », salue le sénateur LR Philippe Bas, coauteur, avec le président de la commission des lois, François-Noël Buffet (LR), et le socialiste Jean-Pierre Sueur (PS), d’un rapport sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie. « Cela dégage l’horizon pour reprendre les discussions sur une pluralité de sujets », ce qui permet de créer ainsi « un climat favorable » pour régler l’épineuse question du corps électorale, salue également Jean-Pierre Sueur.

En septembre dernier, le ministre Jean-François Carenco avait déjà affirmé qu’il n’y aurait pas de référendum. « On ne peut pas dire : "Je viens écouter au nom de M. Darmanin, Mme Borne et du président de la République et dire c’est comme ça" […]. Non, il n’y aura pas de référendum de projet là […] en juillet/septembre 2023 », avait-il déclaré auprès de la chaîne locale Caledonia. « Il n’y a pas de référendum en juin, car on le fera quand on sera prêt », avait-il ensuite précisé à l’AFP.

« Notre porte est toujours ouverte »

Quant à l’absence des indépendantistes vendredi dernier à Matignon, « notre porte est toujours ouverte. Nous regrettons l’absence d’une partie des indépendantistes, mais nous les associerons aux discussions que nous pourrons avoir », assure Gérald Darmanin. Les deux ministres ont prévu un déplacement au mois de novembre en Nouvelle-Calédonie.

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