Nucléaire : les annonces d’Emmanuel Macron restent soumises à un vote du Parlement en 2023
Jeudi dernier, Emmanuel Macron a détaillé un plan de relance du nucléaire français, ainsi que des investissements dans les énergies renouvelables dans un objectif de neutralité carbone en 2050. Mais tous ces investissements sont encore théoriques tant qu’ils n’ont pas été validés au niveau législatif. Ils tiennent donc plus de la promesse de campagne.

Nucléaire : les annonces d’Emmanuel Macron restent soumises à un vote du Parlement en 2023

Jeudi dernier, Emmanuel Macron a détaillé un plan de relance du nucléaire français, ainsi que des investissements dans les énergies renouvelables dans un objectif de neutralité carbone en 2050. Mais tous ces investissements sont encore théoriques tant qu’ils n’ont pas été validés au niveau législatif. Ils tiennent donc plus de la promesse de campagne.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

C’est en grande pompe, surplombé par les gigantesques turbines Arabelle tout juste rachetées par EDF, qu’Emmanuel Macron a définitivement acté le calendrier de relance du parc nucléaire français, avec 6 « EPR2 » qui devraient être mis en service « à horizon 2035. » La martialité de la mise en scène lui donne un poids politique certain en pleine campagne présidentielle, mais il n’empêche que pour le moment, cette relance du nucléaire français est plus proche de l’annonce d’un vrai-faux candidat que de la décision d’un Président de la République.

>> Pour tout savoir des annonces d’Emmanuel Macron jeudi à Belfort : Relance du nucléaire : le « pari industriel » d’Emmanuel Macron

En effet, Emmanuel Macron l’a expliqué lui-même à Belfort jeudi, la route est encore longue avant de pouvoir définitivement acter la construction des nouveaux réacteurs EPR2, qui devrait de toute façon débuter seulement en 2028. « Après la saisine de la commission nationale du débat public, […] une large concertation du public aura lieu sur l’énergie au 2nd semestre 2022 » précise d’emblée le Président de la République. Il est un peu particulier de mener une concertation sur des décisions qui paraissent déjà actées, mais c’est bien le cheminement qu’a proposé Emmanuel Macron jeudi, puisqu’il a aussi évoqué – assez sobrement – des « discussions parlementaires », qui auront lieu en 2023, et sans lesquels pas 1 kg de béton ne pourra être posé pour construire des centrales, ou même pour prolonger la durée de vie d’anciens réacteurs arrivés à échéance.

Une révision de la PPE prévue pour 2023 : un passage obligé pour construire de nouveaux réacteurs

Ces « discussions parlementaires de 2023 » sont en fait les débats associés à la révision – prévue de longue date – de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). La PPE est un document de pilotage de la transition énergétique, qui décline à différentes échelles (nationales et locales) et dans différents secteurs (consommation, production, approvisionnement) les objectifs à atteindre pour arriver à la neutralité carbone en 2050. Elle est révisée tous les 5 ans, et la dernière version datant de 2018, la PPE actuelle fait foi de document officiel d’orientation énergétique – pour les acteurs économiques du secteur et les collectivités notamment – jusqu’à 2023. Or cette version votée en 2018 ne prévoit nullement la construction de nouveaux EPR, ou bien la prolongation de la durée de vie de certaines centrales « en état de fonctionnement » d’après les mots d’Emmanuel Macron jeudi.

La relance du parc nucléaire français est donc encore soumise au vote du Parlement en 2023, et notamment d’une Assemblée nationale qui sera élue en juin. De même, la déclaration d’Emmanuel Macron n’engage que lui, tant qu’aucun acte réglementaire n’est publié ou qu’aucune loi n’est votée. Par conséquent, le Président de la République qui sera élu le 24 avril, pourrait revenir sur cette annonce – ou au moins l’amender – selon son orientation sur la question du nucléaire. L’annonce du Président de la République ressemble donc plus à une promesse de campagne, mais c’était peut-être le but.

Partager cet article

Dans la même thématique

Capture d’écran du documentaire « 39-45, les cheminots dans la résistance » de Emmanuel Roblin
3min

Politique

Les « docus de l’été » : Les cheminots français sous le nazisme, de résistants individuels à la paralysie du réseau

Instrument essentiel de la logistique en temps de guerre, les cheminots français ont très tôt mesuré l’utilité du réseau de chemins de fer pour l’ennemi. Dès 1942, et avant toute autre forme de résistance, ils ont agi pour faire dérailler la machine nazie. "39-45, les cheminots dans la résistance", un documentaire de Emmanuel Roblin à voir cet été sur Public Sénat.

Le

« Ce qui m’a surpris, c’est… » : le premier débat de la présidentielle vu par les chefs d’entreprise présents à l’université d’été du Medef
7min

Politique

« Ce qui m’a surpris, c’est… » : le premier débat de la présidentielle vu par les chefs d’entreprise présents à l’université d’été du Medef

Le premier débat de la présidentielle s’est joué ce 27 août à Paris face aux tribunes de Roland-Garros, entre sept candidats déclarés, sur des thématiques économiques chères à l’organisation patronale. Les dirigeants ou cadres que nous avons rencontrés ressortent mitigés de cet échange. Les deux anciens premiers ministres d’Emmanuel Macron, Gabriel Attal et Édouard Philippe, ont sans surprise pris l’ascendant face à ce parterre.

Le

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : Premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
9min

Politique

Dette, retraites, fiscalité… que retenir du premier débat des candidats à l’élection présidentielle ?

Ce jeudi, sept candidats à la présidentielle ont tenu le premier débat de la campagne, aux journées d’été du Medef. Pendant plus de deux heures, Bruno Retailleau (les Républicains), Edouard Philippe (Horizons), Raphaël Glucksmann (Place publique), Jean-Luc Mélenchon (la France Insoumise), Marine Le Pen (Rassemblement national), Gabriel Attal (Renaissance) et Marine Tondelier (les Ecologistes) ont échangé sur le sujet de la dette publique, des retraites ou encore du coût du travail.

Le

Meeting of French centrist Renaissance party
8min

Politique

Présidentielle : Retailleau, Attal, Bertrand, Philippe… Les candidatures se multiplient à droite et au centre, mais l’hypothèse d’une primaire divise toujours autant  

Les appels à une candidature unique de la droite et du centre, pour éviter un duel entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, se font de plus en plus pressants. Dernière initiative en date : une tribune signée par 200 élus en faveur d’une primaire ouverte. Mais du côté des partis, les équipes continuent à espérer un rassemblement sans avoir à passer par un tel processus.

Le