Paris : le Sénat rejette la création d’une police municipale
Lors de l’examen du projet de loi Engagement et proximité, le Sénat a rejeté, un amendement de la sénatrice PS, Marie-Pierre de la Gontrie, visant à créer une police municipale à Paris. Soutien de Benjamin Griveaux, Julien Bargeton a pointé « un revirement politique » d’Anne Hidalgo.

Paris : le Sénat rejette la création d’une police municipale

Lors de l’examen du projet de loi Engagement et proximité, le Sénat a rejeté, un amendement de la sénatrice PS, Marie-Pierre de la Gontrie, visant à créer une police municipale à Paris. Soutien de Benjamin Griveaux, Julien Bargeton a pointé « un revirement politique » d’Anne Hidalgo.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

La campagne des municipales s’est une nouvelle fois invitée au Sénat mercredi soir, lors de l’examen du projet de loi Engagement et proximité. Après l’adoption d’un amendement visant à limiter les locations sur Airbnb (voir notre article), c’est un amendement sur la création d’une police municipale qui a quelque peu échauffé les esprits.

La sénatrice socialiste de Paris, Marie-Pierre de la Gontrie, avait déposé un amendement en ce sens. Il s’agissait de faire entrer dans le droit commun « les agents de la ville de Paris chargés d’un service de police » qui « ne peuvent pas sanctionner des infractions routières, de caméras piétons, bénéficier de formations continues ou professionnelles » a fait valoir la sénatrice.

« Il s’agit donc de travailler en complémentarité avec les agents de l’État »

Paris : amendement de Marie-Perre de la Gontrie sur la création d'une police municipale
02:29

Marie-Pierre de la Gontrie a, par ailleurs, rappelé que  la délinquance à Paris avait « cru depuis un an » notamment à cause de la forte mobilisation des forces de l’ordre dans la lutte contre le terrorisme et les mobilisations des gilets jaunes. « Il s’agit donc de travailler en complémentarité avec les agents de l’État » a-t-elle précisé avant d’indiquer que la plupart des maires d’arrondissements, y compris LR, y étaient favorables.

Cet amendement a été rejeté par 228 voix contre et 72 pour. Le ministre en charge des Collectivités Territoriales, Sébastien Lecornu, a invoqué des raisons administratives. « Créer une police municipale à Paris demande techniquement d’avancer sur un certain nombre de sujets : la formation, la nomination et l’agrément, la carte professionnelle, la tenue et les équipements, l’armement » a-t-il par exemple, citer.

« Il ne faut pas que cet hémicycle soit une chambre d’écho des difficultés de la majorité municipale »

Soutien du candidat LREM aux municipales à Paris, Benjamin Griveaux, le sénateur LREM, Julien Bargeton a lui répondu sur le terrain politique. « C’est quoi l’histoire de cet amendement ? C’est l’histoire d’un revirement politique. Au détour de cet amendement, vous prenez acte que la maire de Paris, Anne Hidalgo, a changé d’avis sur la création d’une police municipale (…) Tout d’un coup, il faudrait se presser. Il faudrait un amendement insuffisamment rédigé (…) Le zèle des récents convertis vous pousse à déposer un amendement contre lequel vous auriez voté, il n’y a ne serait-ce que 6 mois » a-t-il estimé avant de conclure : « Il ne faut pas que cet hémicycle soit une chambre d’écho des difficultés de la majorité municipale ».

Le sénateur apparenté LR de Paris, Philippe Dominati a également noté « l’évolution de la majorité municipale au bout de 18 ans ».

Rémy Féraud, sénateur socialiste de Paris, a reconnu que l’idée d’une police municipale n’était pas souhaitée jusqu’en 2016, lors de l’examen du projet de loi sur le statut de Paris, avant de rappeler que Julien Bargeton, « était adjoint à la maire de Paris, à ce moment-là ». « Donc, je suis sûr qu’il assume cette position pleinement ».

Contactée par l’AFP, Colombe Brossel, adjointe chargée de la Sécurité à la mairie de Paris, a jugé « incompréhensible » le rejet de cet amendement.

Anne Hidalgo avait fait part en janvier de sa volonté de doter dès 2020 d'une police municipale armée de matraques. « Cette décision a en effet fait l'objet d'un débat » mais elle « a été prise d'abord en écoutant les Parisiennes et les Parisiens » a défendu Colombe Brossel.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Rally at Place de la Republique for the release of activists from the Global Sumud Flotilla
7min

Politique

Garde à vue de Rima Hassan : comment fonctionne l’immunité parlementaire des eurodéputés ?

L’eurodéputée Rima Hassan a été placée en garde à vue jeudi. Ressortie libre dans la soirée, elle, sera jugée le 7 juillet prochain devant le tribunal correctionnel pour « apologie de terrorisme », en raison d’un post publié le 26 mars 2026 sur son compte X. La procédure a entraîné de nombreuses questions au regard de l’immunité parlementaire qui protège les députés européens.

Le

Session of questions to the government at the Senate
3min

Politique

Un nouveau projet de loi contre le séparatisme pour renforcer l’arsenal de 2021

Le gouvernement prépare un nouveau texte législatif visant à renforcer la lutte contre le séparatisme, dans la continuité de la loi adoptée en 2021. Présenté fin avril en Conseil des ministres, ce projet entend combler certaines limites identifiées par l’exécutif, notamment en matière de contrôle des structures et de protection des mineurs.

Le

Paris: Gerard Larcher elu President du Senat
9min

Politique

Sénatoriales : le groupe PS s’attend à une stabilité ou à un léger recul

Après les municipales, le PS espère conserver sa place de second groupe de la Haute assemblée, à l’issue des sénatoriales de septembre. « Je parie sur la stabilité », affirme Patrick Kanner, patron des sénateurs socialistes. Le sénateur du Nord n’exclut cependant pas le scénario du pire, qui serait « une perte sensible » de « 5 sièges ». Le groupe compte aujourd’hui 65 membres.

Le