Passe vaccinal : le Sénat entame l’examen du texte, près de 200 amendements déposés
Le Sénat, à majorité de droite, commence l’examen de ce texte polémique. En commission, les sénateurs ont modifié le passe pour mieux l’encadrer. Ils le limitent selon le niveau de l’épidémie et exemptent les mineurs. Comme à l’Assemblée, une partie du groupe LR s’oppose à la mesure. Mais le texte devrait être adopté dans sa version sénatoriale.

Passe vaccinal : le Sénat entame l’examen du texte, près de 200 amendements déposés

Le Sénat, à majorité de droite, commence l’examen de ce texte polémique. En commission, les sénateurs ont modifié le passe pour mieux l’encadrer. Ils le limitent selon le niveau de l’épidémie et exemptent les mineurs. Comme à l’Assemblée, une partie du groupe LR s’oppose à la mesure. Mais le texte devrait être adopté dans sa version sénatoriale.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Faire redescendre la pression. Après des débats chaotiques à l’Assemblée nationale la semaine dernière, les sénateurs entament ce mardi l’examen du projet de loi de gestion de la crise sanitaire, qui porte le passe vaccinal. La majorité sénatoriale de droite et du centre soutient le principe du passe. Mais sous la houlette du rapporteur LR Philippe Bas, la commission des lois a revu en de nombreux points le texte.

La majorité sénatoriale veut encadrer le passe vaccinal

Le sénateur de la Manche fixe quatre mesures essentielles à ses yeux : la limitation dans le temps du passe vaccinal, limité selon le niveau de l’épidémie et aux départements où moins de 80 % des personnes sont vaccinées ; un contrôle de l’identité du passe mieux cadré, où un permis ou une carte vitale peuvent suffire pour vérifier l’identité, sans se substituer aux policiers ; un passe vaccinal qui s’applique seulement aux plus de 18 ans ; et la suppression de l’amende de 1.000 euros par salariés, infligée aux employeurs qui n’appliquent pas le télétravail.

Si la version sénatoriale du texte devrait être adoptée, le groupe des sénateurs LR semble s’inspirer de leurs collègues députés. Le passe vaccinal divise en effet les sénateurs du groupe présidé par Bruno Retailleau. Les propos d’Emmanuel Macron, qui entend « emmerder » les non-vaccinés, n’ont rien arrangé. Résultat : une vingtaine ou une trentaine de sénateurs LR pourrait voter contre ou s’abstenir. Pas de quoi faire tomber la mesure, mais suffisant pour mettre la candidate LR Valérie Pécresse en porte à faux, avec une partie des parlementaires LR qui ne la suivent pas dans le soutien au passe.

« Atteinte aux libertés fondamentales »

Pour la séance, 201 amendements ont été déposés. C’est beaucoup, mais moins que les 650 de l’Assemblée. Les sénateurs, qui ont refusé la semaine dernière d’examiner le texte en fin de semaine, après le psychodrame du Palais Bourbon, ont prévu un examen ce mardi après-midi et soir et mercredi en fin de journée et soirée.

Le centriste Loïc Hervé, pro vaccin qui dénonce le passe sanitaire et vaccinal comme attentatoire aux libertés publiques, a déposé une motion préalable visant à rejeter d’emblée le texte. Une série d’amendements de suppression de l’article 1, qui porte le passe, seront ensuite examinés. Ils sont transpartisans. Ils ont été déposés par le groupe communiste, qui dénonce une « atteinte aux libertés fondamentales », le groupe écologiste, qui craint une « société de surveillance exercée par une catégorie de citoyens sur une autre », quelques sénateurs LR comme Laurence Muller-Bronn, le sénateur LR Stéphane Ravier ou, encore, Loïc Hervé.

Le groupe PS pour l’obligation vaccinale

Par la voix de Bernard Jomier, le groupe socialiste défend lui l’obligation vaccinale, « moyen simple, clair et cohérent, capable de créer du consensus dans la société et de voir le temps long ». Selon le groupe PS, « créer un nouveau devoir est une mesure de portée générale, qui concerne l’ensemble des citoyennes et citoyens, sans les différencier ou les opposer. […] Insuffler du commun, de l’adhésion et la lisibilité dans la politique de gestion de la crise sanitaire s’avère approprié et précieux ».

Parmi les nombreux amendements, à noter celui du sénateur du groupe Union centriste, Pierre-Antoine Levi, pour instaurer des jauges selon « les capacités d’accueil des stades et des salles de spectacle ». Un amendement similaire du député LREM Sacha Houlié avait été adopté en commission à l’Assemblée, avant d’être rejeté en séance à la demande du ministre de la Santé, Olivier Véran. Rendez-vous à 14h30, pour le début des débats, au Sénat.

Partager cet article

Dans la même thématique

The back-to-school campus of the Republicans party – Pavillon Baltard, Nogent-sur-Marne, 2026-09-12
4min

Politique

Logement : Bruno Retailleau propose de déduire de l’impôt, les intérêts d'emprunt pour un prêt immobilier, en fonction du nombre d'enfants

Face à la hausse des prix, notamment de l’énergie, et aux appels à la mobilisation contre la vie chère, le thème du pouvoir d’achat s’impose dans cette précampagne présidentielle. Lors d’une conférence de presse, mardi après-midi, Bruno Retailleau a rappelé ses principales mesures pour faire baisser le prix de l’essence, de l’énergie, et faire que le travail paye plus. En ce qui concerne le logement, le sénateur veut relancer le secteur en permettant de déduire de l’impôt, les intérêts d’emprunt pour un prêt immobilier en fonction du nombre d’enfants.

Le

La prochaine élection présidentielle aura lieu les 18 avril et 2 mai 2027 (source au sein de l’exécutif)
7min

Politique

Sondage : Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe se disputent le second tour face à Marine Le Pen

Le Monde a sorti ce dimanche la troisième vague de son enquête en partenariat avec le Cevipof, Le Monde, la Fondation Jean Jaurès et l’Institut Montaigne sur la présidentielle. Regain d’intérêt pour la campagne et désir de radicalité dessinent une configuration où, pour l’instant, Marine Le Pen est en tête et Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe se disputent l’accès au second tour.

Le

Bloche
11min

Politique

Violences sexuelles dans le périscolaire : que retenir de l'audition de Patrick Bloche au Sénat ?

L'ancien premier adjoint chargé de l'éducation, de la petite enfance et des familles à la mairie de Paris entre 2017 et 2024 puis premier adjoint, Patrick Bloche, est entendu ce mardi par la commission d'enquête sénatoriale sur le périscolaire en France, après son ancienne maire Anne Hidalgo. L'actuel édile de la capitale, Emmanuel Grégoire, doit à son tour être auditionné mercredi 16 septembre.

Le

Passe vaccinal : le Sénat entame l’examen du texte, près de 200 amendements déposés
4min

Politique

Dette : « Nous approchons à grand pas d’un accident financier majeur », alerte Bruno Le Maire

Invité de la matinale de Public Sénat, l’ancien ministre de l’Economie a tiré la sonnette d’alarme sur la situation financière de la France. Bruno Le Maire met sur la table plusieurs mesures d’économies sur les retraités et les fonctionnaires - tout en proposant une réforme institutionnelle profonde de la procédure budgétaire, réduisant notamment le droit d’amendement des parlementaires.

Le