Pénurie de médicaments : le Sénat instaure une obligation de stockage de 4 mois
Lors de l’examen du budget de la Sécurité Sociale, le Sénat a voté en faveur une obligation légale de stockage de quatre mois pour les médicaments d’intérêt thérapeutique majeur.

Pénurie de médicaments : le Sénat instaure une obligation de stockage de 4 mois

Lors de l’examen du budget de la Sécurité Sociale, le Sénat a voté en faveur une obligation légale de stockage de quatre mois pour les médicaments d’intérêt thérapeutique majeur.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

C’est l’un des effets collatéraux de la crise sanitaire. Des patients ont vu leurs opérations repoussées en raison d’une pénurie de médicaments. Cette situation n’est pas nouvelle. En 2018, une mission d’information du Sénat portait sur la pénurie de médicaments. Cette semaine, une étude de l’association UFC-Que Choisir, le nombre de pénuries médicamenteuses aurait triplé en trois ans sur le territoire, passant de 407 en 2016 à plus de 1 200 l’an dernier.

Ce vendredi, lors de l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), le Sénat a adopté, contre l’avis du gouvernement et contre l’avis de la commission des affaires sociales, un amendement du sénateur PS, Bernard Jomier qui vise à imposer une durée légale minimum de stockage de quatre mois pour les médicaments d’intérêt thérapeutique majeur.

« L’article 34 que nous avions voté au PLFSS 2020 était annoncé comme mettant en place des stocks de sécurité de 4 mois pour lutter contre l’augmentation très forte des pénuries. Or le projet de décret d’application envisage au mieux 2 mois pour les médicaments d’intérêt thérapeutique majeur et 1 mois pour les autres médicaments » a rappelé Bernard Jomier.

Afin d’entreprendre une démarche constructive avec les entreprises du médicament pour qui la constitution des stocks nécessite un coût, l’amendement propose de compenser la charge supplémentaire de ces stocks.

Le rapporteur général centriste du budget de la Sécurité sociale, Jean-Marie Vanlerenberghe a objecté « un problème de faisabilité » lié au coût logistique. Une telle mesure gripperait selon lui les canaux de distribution et pourrait aggraver paradoxalement la pénurie.

Brigitte Bourguignon, ministre chargée de l’autonomie, a quant à elle rappelé que la Commission européenne demande à la France de prouver qu’elle ne lèse pas les autres États membres par des mesures disproportionnées. Raison pour laquelle, le projet de décret fixait à deux mois, la durée de stockage les médicaments d’intérêt thérapeutique majeur. « Il est déjà prévu que 20 % des médicaments d’intérêt thérapeutique majeur disposent d’un stock de 4 mois par décision du directeur général de l’ANSM (Agence nationale de la sécurité du médicament » a-t-elle souligné.

L’amendement de Bernard Jomier a reçu le soutien d’Alain Milon, président LR de la commission d’enquête du Sénat sur l’épidémie de Covid-19. « On a bien vu que l’absence de stock entraînait une angoisse chez la population et une difficulté de communication de la part du gouvernement. Il est nécessaire que nous reprenions les stocks en main » a-t-il demandé.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Chanteloup-les-Vignes : inter-ministerial meeting on cities
9min

Politique

Elisabeth Borne prend ses distances avec Gabriel Attal : « Non-événement » ou symptôme « des doutes » chez Renaissance avant 2027 ?

En quittant la présidence du Conseil national de Renaissance, Elisabeth Borne marque son « désaccord avec la ligne » de Gabriel Attal et met à mal la future candidature à la présidentielle du patron du parti. Si les proches du secrétaire général minimisent, quelques voix pointent en interne l’excès de « com’ » et « la tendance aux coups médiatiques ». François Patriat, patron des sénateurs Renaissance, prend aussi ses distances : « Déclarer sa candidature aujourd’hui et figer les choses ne me paraît pas être le bon principe ».

Le

Pénurie de médicaments : le Sénat instaure une obligation de stockage de 4 mois
7min

Politique

Droits TV du football : la chaîne Ligue 1+ n’est qu’une « solution par défaut », reconnaît Nicolas de Tavernost

Interrogé au Sénat ce mercredi, le patron de la filiale média de la Ligue de football professionnelle (LFP), Nicolas de Tavernost, n’a pas caché les limites de la chaîne Ligue1 +, montée dans l’urgence par la ligue, pour le financement des clubs français. Il a été longuement interrogé sur son départ en fin de saison, perçu par plusieurs sénateurs comme la conséquence des conflits d’intérêts au sommet du football français.

Le

Pénurie de médicaments : le Sénat instaure une obligation de stockage de 4 mois
3min

Politique

Banquets du Canon français : « Il n’y a pas de risque de trouble à l’ordre public », assure Laurent Nunez qui reste toutefois « vigilant »

Lors des questions d’actualité au gouvernement du Sénat, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez a été interpellé par le sénateur (PS) du Finistère, Jean-Luc Fichet sur la campagne de haine dont a été victime la maire de Quimper pour avoir refusé d’accueillir dans sa ville un banquet du Canon Français, une organisation financée pour partie par le milliardaire d’extrême droite Pierre Edouard Sterin. « Ce qu’il s’est passé à Quimper est absolument ignoble » a dénoncé le ministre.

Le