Populations vulnérables : pour le professeur Delfraissy, le décret du 29 août « tombe très mal »
Le professeur Jean-François Delfraissy, président du comité scientifique, était auditionné par la commission d’enquête du Sénat d’évaluation des politiques publiques face aux pandémies. Une sénatrice lui a demandé son avis sur un récent texte du gouvernement restreignant l'ouverture du chômage partiel aux personnes à risque face à la Covid-19.

Populations vulnérables : pour le professeur Delfraissy, le décret du 29 août « tombe très mal »

Le professeur Jean-François Delfraissy, président du comité scientifique, était auditionné par la commission d’enquête du Sénat d’évaluation des politiques publiques face aux pandémies. Une sénatrice lui a demandé son avis sur un récent texte du gouvernement restreignant l'ouverture du chômage partiel aux personnes à risque face à la Covid-19.
Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

Auditionné la dernière fois au Sénat en avril, le président du comité scientifique – cet organe mis sur place le 11 mars pour épauler le gouvernement dans sa prise de décisions – Jean-François Delfraissy a fait son retour ce 15 septembre au palais du Luxembourg. Devant la commission d’enquête sur l’évaluation des politiques publiques face aux pandémies, cette fois-ci. Parmi les questions récurrentes des sénateurs : le problème des divergences ou des décalages entre les observations et recommandations formulées par le conseil scientifique et les décisions prises par le gouvernement.

Au cours d’une de ses réponses, le professeur Delfraissy a notamment critiqué le décret controversé du 29 août, restreignant les populations éligibles au chômage partiel. Revenant sur une définition assez large en vigueur depuis le 5 mai, le texte a en effet réduit la liste des personnes vulnérables au Covid-19 (susceptibles de développer des formes à cause de comorbidités), les excluant ainsi du dispositif de chômage partiel en cas d’impossibilité de télétravail.

Une sénatrice met en avant une « totale contradiction »

Le nouveau décret ne fait par exemple plus mention des personnes ayant des antécédents cardiaques comme des infarctus, de l’asthme ou encore du diabète en dessous de 65 ans. « Vous avez recommandé une protection par rapport à un certain nombre de personnes fragiles et notamment face à certaines pathologies. Est-ce vous ne trouvez pas que ça rentre en totale contradiction avec le décret qui a été pris », a ainsi demandé la sénatrice (communiste) Laurence Cohen.

« Oui, il y a quelque chose qui est un peu incohérent et que nous avons signalé d’ailleurs aux autorités de santé », a répondu Jean-François Delfraissy. Le scientifique a poursuivi en ajoutant que ce décret « tombait très mal, compte tenu d’une certaine forme de reprise de l’épidémie ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Illustration of the  Cour des Comptes in Paris
7min

Politique

Nouvel impôt sur la fortune, taxe sur les holdings, révision du Pacte Dutreil : les pistes de la Cour des comptes accueillies froidement par la majorité sénatoriale

Dans une note destinée à nourrir le débat public, la Cour des comptes préconise une légère hausse de la fiscalité du patrimoine via la création d'un nouvel impôt sur la fortune personnelle, une taxe sur les holdings ou encore la révision du Pacte Dutreil. Ces pistes sont destinées à répondre « au sentiment d'injustice, qui altère le consentement à l'impôt », mais vont à rebours de la position de la majorité sénatoriale pour qui le redressement de l'économie passe au contraire par un allégement de charges et la facilitation des transmissions des biens professionnels.

Le

Populations vulnérables : pour le professeur Delfraissy, le décret du 29 août « tombe très mal »
2min

Politique

Primaire du PS : Boris Vallaud se dit « peiné et consterné du ton que prend cette campagne »

Invité de la matinale de Public Sénat, le président du groupe PS à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud a regretté les propos de Ségolène Royal concernant Raphaël Glucksmann. En attendant le premier tour le 9 octobre, le dialogue pourrait encore se tendre entre les cinq candidats, parmi lesquels figurent Ségolène Royal et Raphaël Glucksmann.

Le