Recours à des cabinets de conseil par l’Etat : les sénateurs PCF lancent une commission d’enquête
Face à la « dérive » d’un recours accru à des cabinets de conseil privés, notamment dans la gestion de la crise du covid-19, le groupe CRCE du Sénat lance une commission d’enquête « sur l’influence croissante des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques ».

Recours à des cabinets de conseil par l’Etat : les sénateurs PCF lancent une commission d’enquête

Face à la « dérive » d’un recours accru à des cabinets de conseil privés, notamment dans la gestion de la crise du covid-19, le groupe CRCE du Sénat lance une commission d’enquête « sur l’influence croissante des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques ».
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Il y a quelques mois, au moment de lancer la « task force » pour mettre en place la vaccination, le ministère de la Santé ne s’est pas seulement appuyé sur ses fonctionnaires. Il est allé chercher le cabinet de conseil américain McKinsey pour mettre en œuvre sa stratégie. Ce ne sera pas le seul. Le sujet fera polémique. Rien qu’entre le début de la crise du covid-19, en mars 2020, et février 2021, le ministère de la Santé a passé 28 commandes auprès de sept cabinets pour un coût de 11,35 millions d’euros.

C’est pour y voir plus clair sur le rôle de ces sociétés privées, que le groupe communiste (CRCE) du Sénat va lancer une commission d’enquête « sur l’influence croissante des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques ». Les sénateurs communistes ont recours à leur droit de tirage qui leur permet d’avoir une commission d’enquête. Elle sera officiellement lancée la semaine prochaine. La présidente du groupe CRCE, la sénatrice PCF de Seine-Saint-Denis, Eliane Assassi, en sera rapporteure.

« La décision prise durant la crise sanitaire de signer vingt-six contrats avec des cabinets de conseil privés pour participer au premier plan à la lutte contre la pandémie de la Covid-19 a mis en évidence une dérive qui peut légitimement interroger sur la maîtrise par le pouvoir politique de choix souvent primordiaux » dit l’exposé des motifs de la proposition de résolution, qui permet la création de la commission d’enquête.

Conclusions attendues d’ici fin février ou mars

« Ce développement de l’intervention de telles prestations extérieures est-il le résultat de la défaillance de la puissance publique ? L’État aux moyens réduits est-il en difficulté pour faire face à ses responsabilités au point de devoir faire appel de plus en plus fréquemment à des officines privées, ou bien ces délégations de pouvoir résultent-elles de choix politiques bien résumés par Ronald Reagan dès 1981 : "L’État n’est pas la solution à votre problème, il est le problème" », interrogent les sénateurs PCF. Autrement dit, s’agit-il seulement de compenser un manque de moyens – qui peut lui-même être la conséquence de décisions politiques, avec des réductions d’effectifs censées faire des économies – ou de choix plus idéologiques ?

La question financière sera évidemment mise sur la table. « Les sommes versées à ces cabinets de conseil et autres acteurs du secteur privé sont importantes et grèvent le budget de l’État pour une efficacité parfois contestée », estime le groupe CRCE, qui pose in fine cette question de fond : « Qui mène les politiques publiques ? Un gouvernement et l’État qu’il dirige, ou des prestataires privés dépourvus de toute légitimité démocratique ? »

Les auditions devraient rapidement commencer. Si une commission d’enquête a six mois pour rendre ses travaux, celle-ci devrait conclure les siens plus rapidement, d’ici fin février ou mars. De quoi mettre le sujet sur la place publique en pleine campagne présidentielle.

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