Référendum d’initiative partagée : comment ça marche?
La Constitution permet d’organiser un référendum à l’initiative de 185 parlementaires, soutenue par 4,5 millions d’électeurs. Deux seuils difficilement atteignables. Sans oublier un dernier filtre : si le Parlement s’empare du sujet, le référendum n’a pas lieu…

Référendum d’initiative partagée : comment ça marche?

La Constitution permet d’organiser un référendum à l’initiative de 185 parlementaires, soutenue par 4,5 millions d’électeurs. Deux seuils difficilement atteignables. Sans oublier un dernier filtre : si le Parlement s’empare du sujet, le référendum n’a pas lieu…
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le référendum dit d’initiative partagée (RIP) est une disposition permise depuis la révision constitutionnelle de 2008. Il est défini par l’article 11 de la Constitution. Il permet d’organiser un référendum à l’initiative de parlementaires et de citoyens. Mais il n’a jamais été utilisé. Et pour cause : ses conditions de mise en œuvre sont très difficiles à respecter.

Ce référendum peut porter « sur l'organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la nation » et sur les « services publics ». Il prend la forme d’une proposition de loi.

Le RIP est en réalité d’abord une initiative d’origine parlementaire, qui est ensuite soutenue par les électeurs. En effet, selon l’article 11, un référendum peut être organisé « à l'initiative d'un cinquième des membres du Parlement, soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales ».

Seuils

Il faut donc rassembler 185 députés et/ou sénateurs (sur un total de 925). Une fois ce seuil atteint, le Conseil constitutionnel valide le respect des conditions. Le recueil des signatures peut alors commencer, pour une durée de 9 mois et sous forme électronique. Il faut rassembler au moins 4,5 millions de soutiens d’électeurs, soit les 10 % des électeurs inscrits sur les listes électorales (en mars 2018, ils sont 45,5 millions, selon l’Insee).

Ces deux conditions sont en elle-même très difficiles à atteindre. Les parlementaires de gauche n’ont pas réussi à rassembler les 185 députés et sénateurs sur l’ISF. Le seuil vient en revanche d’être atteint sur la privatisation d’Aéroports de Paris.

Chemin long et semé d’embûches

Mais le chemin du RIP est long et semé d’embûches. Car si toutes les signatures sont rassemblées, le référendum n’a pas automatiquement lieu. Il reste un seuil, pour ne pas dire un filtre de taille. Car si l’Assemblée nationale et le Sénat examinent la proposition de loi dans les 6 mois, le référendum n’a tout simplement pas lieu. Si ce n’est pas le cas, le président de la République soumet alors à référendum la proposition de loi.

Détail important : le référendum d’initiative partagée « ne peut avoir pour objet l'abrogation d'une disposition législative promulguée depuis moins d'un an ».

A noter que si le texte est rejeté par le référendum, « aucune nouvelle proposition de référendum portant sur le même sujet ne peut être présentée avant l'expiration d'un délai de deux ans suivant la date du scrutin ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Référendum d’initiative partagée : comment ça marche?
2min

Politique

Présidentielle : « Il faudra que les sociaux-démocrates et les modérés de la droite républicaine se retrouvent, car ce sera la seule façon de s’opposer aux extrêmes », plaide Hervé Marseille

Le président du groupe Union centriste du Sénat, allié des LR à la Haute assemblée, ne ferme pas la porte à un rapprochement « à un moment donné » avec les sociaux-démocrates, tels que François Hollande ou Bernard Cazeneuve, « un homme tout à fait respectable », afin de battre « les extrêmes », avance le président de l’UDI.

Le

Référendum d’initiative partagée : comment ça marche?
3min

Politique

Crise chez Grasset : la ministre de la Culture ouvre la porte à la création d’une clause de conscience pour les auteurs

Interrogée par la sénatrice Sylvie Robert (PS), auteure d’une proposition sur le sujet, la ministre de la culture Catherine Pégard s’est dite favorable à étudier création d’une clause permettant aux auteurs de quitter avec plus de facilité leur maison d’édition en cas de changements imposés par la direction. Une réponse à la crise ouverte chez Grasset par le renvoi de son président Olivier Nora par la direction d’Hachette, aux mains de Vincent Bolloré.

Le

Référendum d’initiative partagée : comment ça marche?
3min

Politique

Audiovisuel public : les nouveaux contrats d’objectifs et de moyens « présentés à l’été au Parlement », affirme Catherine Pégard

Après une commission d’enquête tendue, à l’Assemblée, sur l’audiovisuel public, le président de la commission de la culture du Sénat, Laurent Lafon, regrette que le gouvernement ait abandonné son texte qui créait une holding de l’audiovisuel public. « Je ne crois pas au statu quo », lui a répondu la ministre de la Culture, Catherine Pégard.

Le

Référendum d’initiative partagée : comment ça marche?
2min

Politique

« Ils ont servi la France jusqu’au sacrifice suprême » : le Sénat rend hommage aux deux soldats français tués au Liban

A l’initiative de Gérard Larcher, le Sénat a observé ce mercredi une minute de silence en hommage à Florian Montorio et Anicet Girardin, les deux soldats français victimes d’une embuscade en tant que membres de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). L’occasion pour le président du Sénat de renouveler son soutien au gouvernement libanais.

Le