Réforme des retraites : « L’obstruction parlementaire, c’est le gouvernement qui la produit », dénonce Aurélie Trouvé (LFI)
Au micro de la matinale de Public Sénat, ce vendredi 3 février, la députée LFI Aurélie Trouvé a accusé le gouvernement de vouloir tuer le débat sur la réforme des retraites en limitant la durée d’examen du projet de loi. Selon elle, les amendements déposés par LFI permettent de « dessiner un contre-projet ». 

Réforme des retraites : « L’obstruction parlementaire, c’est le gouvernement qui la produit », dénonce Aurélie Trouvé (LFI)

Au micro de la matinale de Public Sénat, ce vendredi 3 février, la députée LFI Aurélie Trouvé a accusé le gouvernement de vouloir tuer le débat sur la réforme des retraites en limitant la durée d’examen du projet de loi. Selon elle, les amendements déposés par LFI permettent de « dessiner un contre-projet ». 
Romain David

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Quelque 20 000 amendements ont été déposés sur le texte de la réforme des retraites, dont l’examen en séance publique à l’Assemblée nationale doit démarrer lundi. La grande majorité est issue des rangs de la Nupes : 13 000 amendements pour LFI, 2 300 issus des écologistes, 1 400 pour les socialistes et 1 160 signés des communistes. Une situation qui pousse le gouvernement et la majorité à accuser les oppositions de gauche d’obstruction parlementaire. « L’obstruction parlementaire, c’est le gouvernement qui la produit. Nous sommes sur un texte essentiel pour la vie des Français, et le gouvernement nous dit que ça doit tenir en quelques jours », a défendu vendredi la députée LFI Aurélie Trouvé au micro de « Bonjour chez vous », la matinale de Public Sénat

« On n’acceptera jamais ce blocage du débat parlementaire, ce n’est pas à nous de retirer nos amendements parce qu’on a un gouvernement qui utilise un 47-1, c’est à dire un 49-3 déguisé, et qui nous empêche d’avoir le temps nécessaire », explique l’élue. Elle s’en réfère à un dispositif constitutionnel qui permet à l’exécutif de limiter à cinquante jours maximum l’examen d’un texte. « Le gouvernement aurait pu choisir un débat parlementaire qui s’étale autant qu’il faut pour débattre correctement de ce texte. Le gouvernement a voulu court-circuiter les mobilisations avec un débat parlementaire qui soit le plus court possible », estime notre invitée.

« Nous voulons mettre à bas le cœur de la réforme »

« La plupart de ces amendements sont sur le fond du texte. Nous avons fait des propositions échelonnées pour pouvoir faire bouger ce texte », fait valoir Aurélie Trouvé. « Il nous fallait tous les amendements nécessaires pour rejeter ce qui est inacceptable et tous les amendements nécessaires pour dessiner un contre-projet. » Dans le viseur de la gauche : l’article 7 qui porte le décalage de l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans. « Nous voulons mettre à bas le cœur de la réforme, c’est-à-dire ce report de 2 ans de l’âge légal de départ à la retraite. Ils pourront déguiser comme ils veulent le reste, c’est ça que nous voulons retirer ! », avertit l’élue de la Seine-Saint-Denis.

Une troisième motion référendaire contre la réforme

Par ailleurs, LFI conteste l’examen de la motion référendaire du Rassemblement national contre la réforme des retraites. Les communistes avaient déposé leur propre motion, soutenue par le reste de la Nupes. Mais après tirage au sort par la présidence de l’Assemblée nationale, c’est celle du RN qui a été sélectionnée pour être examinée. Or, la gauche estime que c’est sa motion, déposée en premier, qui aurait dû être retenue. « Je décrypte : la majorité s’est choisie sa propre opposition, c’est-à-dire une opposition de pacotille qui est celle du RN », tacle Aurélie Trouvé qui annonce le dépôt d’une nouvelle motion référendaire par LFI, afin d’obtenir un nouveau tirage au sort. « Nous allons déposer une nouvelle motion. Il est scandaleux que ce ne soit pas la nôtre qui ait été retenue, comme le veut l’usage parlementaire ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : suivez le premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
7min

Politique

Présidentielle 2027 : une multitude de candidats mais combien seront-ils réellement sur la ligne de départ ?

À huit mois de l’élection présidentielle, la course à l’Élysée donne l’impression d’une compétition sans limite. Une trentaine de personnalités, déclarées, pressenties ou envisagées, ambitionnent déjà de se présenter. Mais entre les primaires, le financement des campagnes et surtout les 500 parrainages d’élus nécessaires, la liste devrait rapidement se réduire.

Le

Photo illustration collage affiches election presidentielle de 2027
5min

Politique

Présidentielle : et si les électeurs français étaient moins indécis qu’on ne le pense ?

Une étude de Terra Nova en partenariat avec Cluster 17 sortie ce mercredi étudie la structure de l’électorat français à quelques mois de la présidentielle. Elle décrit des électeurs répartis en cinq blocs politiques. Si la porosité entre eux est possible, elle est plus probable entre blocs voisins. Si aucune majorité ne se dégage des estimations du premier tour, au second, le modèle prédit une victoire de Marine Le Pen dans tous les cas.

Le

Paris: The senate vote on an amendment of a government plan to enshrine the « freedom » to have an abortion in the French Constitution
11min

Politique

« La disparition de François Patriat nous ressoude encore plus » : confiant sur son maintien lors des sénatoriales, le groupe RDPI face à l’après Macron

Avec le décès de François Patriat, qui dirigeait le groupe macroniste depuis sa création en 2017, le RDPI, dont plus de la moitié des membres est renouvelable, aborde les sénatoriales dans des conditions très spéciales. Mais la disparition du fidèle d’Emmanuel Macron vient aujourd’hui resserrer les liens. Des questions se poseront plutôt après la présidentielle, où la « recomposition au centre » pourrait concerner le groupe, qui va avant se trouver un nouveau président. Plusieurs noms circulent.

Le