Sénatoriales dans l’Eure : Lecornu rebat les cartes
En 2014, Hervé Maurey et Nicole Duranton étaient élus sur la même liste de la droite et du centre. Six ans plus tard, la sénatrice a décidé de mener campagne avec Sébastien Lecornu. Une démarche dénoncée par Hervé Maurey qui a refusé toute alliance avec le ministre des Outre-mer. 

Sénatoriales dans l’Eure : Lecornu rebat les cartes

En 2014, Hervé Maurey et Nicole Duranton étaient élus sur la même liste de la droite et du centre. Six ans plus tard, la sénatrice a décidé de mener campagne avec Sébastien Lecornu. Une démarche dénoncée par Hervé Maurey qui a refusé toute alliance avec le ministre des Outre-mer. 
Quentin Calmet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

L’Eure, en Normandie, est un département très rural, avec des centaines de petits villages. La moitié des communes comptent moins de 500 habitants. Pour les candidats à l’élection sénatoriale du 27 septembre 2020, il s’agit donc de rencontrer un maximum de maires de ces petits bourgs. 

Auprès des édiles, Hervé Maurey, l’un des trois sénateurs sortants fait principalement campagne sur son bilan. Il rappelle que les sites spécialisés le classent comme l’un des sénateurs les plus actifs de cette législature.  Comme à chaque élection sénatoriale, la discussion avec les maires tourne essentiellement autour la défense de la ruralité. 

Une « trahison » qui passe mal

 Mais cette année, une autre question préoccupe les maires. Hervé Maurey doit régulièrement expliquer à ces élus des petites communes que sa colistière de 2014, la sénatrice LR Nicole Duranton a choisi de faire campagne avec Sébastien Lecornu. L’actuel ministre des Outre-mer est un des hommes forts du département de l’Eure. 

Ce ticket commun entre élus LR et LREM fait grincer des dents Hervé Maurey. Le centriste explique : « Il était inenvisageable pour moi d’aller sur une liste En Marche car je ne suis pas membre de La République en Marche. J’appartiens à la majorité sénatoriale du président Larcher et il n’était pas question pour moi de trahir. On est dans un département où il y a beaucoup de retournements de veste. J’appelle cela 'l’association des girouettes de l’Eure’, on a beaucoup connu cela avec M. Le Maire, avec M. Lecornu. Maintenant avec d’autres candidats. Moi, je ne fais pas partie de cette amicale. Je reste donc sur ma ligne. » 

Sollicités par Public Sénat, Sébastien Lecornu et Nicole Duranton n’ont pas souhaité répondre à nos questions. 

Une surprise venue de la gauche ? 

Cette division des voix entre les deux listes peut-elle faire élire un candidat surprise, venu de la gauche ? Timour Veyri y croit dur comme fer. Cet élu municipal d’opposition à Évreux vient du Parti socialiste. Lui aussi, il enchaîne les rencontres avec les élus municipaux, conscient que les tensions à droite pourraient lui être favorables. 

Mais l’Eure est un département traditionnellement acquis à la droite. En 2014, il avait manqué une quinzaine de voix au candidat socialiste pour l’emporter. Il reste encore 18 jours au candidat pour sillonner le département normand afin de rencontrer un maximum les maires des petites communes… et compenser son manque de notoriété auprès des grands électeurs.

Partager cet article

Dans la même thématique

Sénatoriales dans l’Eure : Lecornu rebat les cartes
4min

Politique

VSS dans le sport : « On est passé de 10 cas à 400 par an » alerte ce sénateur

Mathilde De Kerangat, ex-athlète olympique de voile, révélait en 2022 avoir été victime d’agressions sexuelles de la part de son entraîneur quand elle pratiquait l’athlétisme entre l’âge de 7 et 11 ans. Aujourd’hui, elle s’engage au sein de l’observatoire des violences sexistes et sexuelles dans le sport et s’engage auprès des plus jeunes pour faire de la prévention. Elle témoigne dans l’émission Sport etc. présentée par Caroline Delage.

Le

Paris: Questions au gouvernement Senat
9min

Politique

Sénatoriales : après les municipales, le groupe LR pourrait « perdre de 3 à 5 sièges », face à la poussée du RN

Les municipales permettent déjà de faire des projections sur les sénatoriales de septembre 2026. Sur le papier, les LR craignent de perdre 3 à 5 sièges, mais le scrutin de 2029 s’annonce meilleur. Au groupe centriste, son président Hervé Marseille mise sur une « forme de stabilité ». Globalement, le sénateur LR Roger Karoutchi assure qu’« il n’y a pas de risque sur la majorité sénatoriale », qui restera « très large ».

Le

FRA – ELECTIONS MUNICIPALES – LR RETAILLEAU
4min

Politique

Présidentielle : les adhérents LR désignent Bruno Retailleau comme candidat

Le président des Républicains a été investi par son parti pour l’élection présidentielle ce dimanche, à la suite d’un vote en ligne des adhérents. La confirmation de la candidature de Bruno Retailleau était une étape nécessaire, mais n’épuise pas les questions sur la suite de la campagne présidentielle à droite. 

Le