Sénatoriales : un mode de scrutin original qui combine élection proportionnelle et majoritaire
Ils sont 172 sénateurs concernés par le renouvellement : près de la moitié des sièges du Sénat est remise en jeu lors des sénatoriales du 27 septembre. Au total, trois sénateurs sur quatre sont élus au scrutin proportionnel dans les départements les plus peuplés.

Sénatoriales : un mode de scrutin original qui combine élection proportionnelle et majoritaire

Ils sont 172 sénateurs concernés par le renouvellement : près de la moitié des sièges du Sénat est remise en jeu lors des sénatoriales du 27 septembre. Au total, trois sénateurs sur quatre sont élus au scrutin proportionnel dans les départements les plus peuplés.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

L’élection sénatoriale est un scrutin pas tout à fait comme les autres. Les sénateurs sont élus au suffrage universel indirect par les grands électeurs, représentés à 95 % par les conseillers municipaux. Ils sont élus pour un mandat de 6 ans, renouvelés par moitié et tous les 3 ans, en alternance entre deux séries. La circonscription d’un sénateur est l’ensemble d’un département. Il faut avoir 24 ans révolus pour se présenter, contre 18 ans pour les législatives.

Originalité des sénatoriales, elles combinent deux modes de scrutin : proportionnel et majoritaire. Trois sénateurs sur quatre sont élus à la proportionnelle. La combinaison de ces deux modes de scrutin renforce le pluralisme au Sénat. En effet, cette part importante de proportionnelle permet aux minorités politiques d’être mieux représentées.

Scrutin proportionnel et scrutin majoritaire, quelle règle ?

Le scrutin proportionnel est appliqué dans les départements élisant trois sénateurs et plus, selon la règle de la plus forte moyenne. Il s’agit des départements les plus peuplés. Ce seuil était par le passé de quatre et même de cinq sénateurs.

L’abaissement de ce seuil a permis de renforcer le pluralisme évoqué plus haut, avec une meilleure prise en compte des territoires urbains. Les départements ruraux restent cependant fortement représentés.

Pour la proportionnelle, les grands électeurs votent pour une liste. Elle doit respecter une alternance entre les sexes. Si une femme est tête de liste, c’est un homme qui lui succède, puis une femme, etc.

Le scrutin majoritaire à deux tours est appliqué dans les départements élisant un ou deux sénateurs. Il s’agit des départements les moins peuplés. Un seul nom, avec un(e) suppléant(e) est présenté. Le candidat et son suppléant doivent être de sexe différent.

63 départements concernés par l’élection

Pour le scrutin du 27 septembre, ce sont les sièges de la série 2 qui sont renouvelés. Il s’agit des départements allant de l’Ain (01) à l’Indre (36) et du Bas-Rhin (67) à l’Yonne (89), hors Ile-de-France, plus Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Wallis-et-Futuna et la Polynésie française, soit 63 départements.

Au total, 172 sièges sont concernés par le renouvellement, sur les 348 que compte le Sénat. 113 sièges seront renouvelés à la proportionnelle (soit 66 %, dans 29 départements), 59 au scrutin majoritaire (34 %, dans 34 départements). 112 hommes et 60 femmes sont renouvelables.

À noter que 6 sénateurs représentant les Français établis hors de France seront élus plus tard, en raison du non-renouvellement du collège électoral des conseillers consulaires, à cause de l’épidémie du Covid-19 (lire ici pour plus d’explications).

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le