Les sénateurs ont adopté plusieurs dispositions du projet de loi sur le respect des principes républicains, modifiant les règles concernant l’organisation des associations cultuelles ou leur fonctionnement. Principale nouveauté : l’obligation de soumettre certaines décisions à une délibération collégiale.
Le Sénat adopte le dispositif empêchant les « coups d’Etat » dans les associations cultuelles
Les sénateurs ont adopté plusieurs dispositions du projet de loi sur le respect des principes républicains, modifiant les règles concernant l’organisation des associations cultuelles ou leur fonctionnement. Principale nouveauté : l’obligation de soumettre certaines décisions à une délibération collégiale.
Les associations cultuelles sont au menu des débats du Sénat ce 8 avril. Les sénateurs ont notamment adopté deux articles du projet de loi sur le respect des principes de la République modifiant la législation applicable aux associations cultuelles régies par la loi de 1905. Le Sénat, où la majorité est à droite, a adopté l’article 26 qui modifie les règles d’organisation et de fonctionnement de ces associations. Principal outil introduit : un dispositif « anti-putsch », qui obligera ces associations, dans leurs statuts, à soumettre des décisions importantes (nouvelles adhésions, modification statutaire, cessions ou recrutements de ministres du culte) à la délibération d’un organe collégial.
Sur ce dernier point, les groupes socialistes et écologistes ont vu des dispositions éloignées de l’équilibre de la loi de 1905, sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat. « Il ne revient pas à l’Etat, parce que ce texte revient à ça, d’organiser ou d’assurer l’organisation des cultes […] On a vraiment des mesures intrusives qui, dans l’exercice du culte, posent question », s’est opposée la sénatrice Laurence Harribey (PS). Pour l’écologiste Esther Benbassa, il s’agit d’une « véritable immixtion dans l’activité des cultes ». « C’est totalement disproportionné au regard de l’objectif apparent de ce texte, qui entend lutter contre le séparatisme lié à l’islamisme radical. Jusqu’où ira ce gouvernement ? Sera-t-il prêt à s’enfoncer dans cette obsession que représenterait désormais l’islam ? Combien de principes aura-t-il reniés pour ce faire », s’est exclamée la sénatrice de Paris.
La rapporteure (centriste) Dominique Vérien, a voulu balayer les craintes d’un article qui serait contraire à la liberté de culte ou d’association. Citant l’avis du Conseil d’Etat, elle a expliqué que ces dispositions tendant à protéger la liberté de conscience « ne portaient pas une atteinte disproportionnée aux libertés de culte et d’association ». Selon la sénatrice, l’article va « protéger les associations contre d’éventuelles prises de contrôle par une minorité, et assurer une meilleure information de leurs membres sur la gestion de leur patrimoine immobilier et le recrutement de leurs officiants. »
Un article pour empêcher les « coups d’Etat » au sein des associations, salue le ministre
Même défense du côté du ministre Gérald Darmanin. « Les dispositions prévues par le gouvernement sont bien plus protectrices de la liberté de culte que vos amendements de suppression qui vont faire que tel ou tel responsable associatif sera désigné par je ne sais quelle théocratie. » Le ministre a notamment pris l’exemple de la mosquée de Pantin (Seine-Saint-Denis), où les croyants vivaient « leur culte parfaitement dans l’esprit républicain », mais dont le président d’association « a accaparé le pouvoir et la parole dans l’association sur le choix du responsable religieux ». Fermée, la structure avait relayé la vidéo du père d’une collégienne de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), qui mettait en cause le professeur Samuel Paty. L’article, qui empêchera des décisions unilatérales ou solitaires, c’est « protéger les croyants musulmans », a estimé Gérald Darmanin, dénonçant les « coups d’État que les salafistes font dans les associations musulmanes ».
L’hémicycle a également retenu une autre modification apportée en commission. Elle propose d’inscrire dans la loi l’interdiction pour les associations cultuelles de troubler l’ordre public par leur objet statutaire ou par leurs activités réelles. « C’était dans la logique de lutter contre certaines formes de séparatisme religieux », a argué la rapporteure Dominique Vérien, opposée aux demandes de suppression. Pour Esther Benbassa, cette précision est « juridiquement floue et imprécise ». « Venir en aide à une personne sans papier : pourrait-il être considéré comme une transgression de l’ordre public », s’est interrogée la sénatrice écologiste, rappelant que la fraternité était un « principe républicain par excellence ».
Le sénateur Jean-Pierre Sueur (PS) n’a pas compris le sens de cette réécriture en commission. « Il est évident que tout citoyen doit respecter l’ordre public. Toute association, cultuelle ou non, doit respecter l’ordre public, cela découle de la Constitution […] Ce genre de rédaction crée une sorte de suspicion. »
Déclaration en préfecture : davantage de contraintes et une meilleure information de l’administration
Les sénateurs ont en outre adopté l’article 27, qui vient renforcer les contrôles sur les associations cultuelles. Le caractère cultuel d’une association régie par la loi de 1905 devra faire l’objet d’une déclaration tous les cinq ans, pour continuer à bénéficier des avantages (notamment fiscaux) liés à son statut. Actuellement, un simple rescrit (réponse de l’administration) suffisait à ces associations. Socialistes et écologistes ont relevé des problèmes, notamment dans la lourdeur administrative. « C’est une manière d’entraver la liberté de culte », a dénoncé la sénatrice Esther Benbassa. Jean-Pierre Sueur, citant la Défenseuse des droits, y va un « lourd formalisme ». Pour la rapporteure Dominique Vérien, ces déclarations systématiques auront l’avantage de permettre au préfet « d’avoir une vision globale des cultes présents sur son département ».
Le Sénat a conservé la version sortie de la commission des lois, qui avait introduit davantage de souplesse, en transformant le renouvellement en simple obligation d’information auprès de l’administration, sorte de reconduction tacite. Le gouvernement s’y est opposé.
Invité de la matinale de Public Sénat, le député européen Bernard Guetta (Renew) a évoqué la situation au Moyen-Orient après les frappes contre des infrastructures énergétiques. Par ailleurs, le député européen détaille les perspectives de sortie du conflit entre l’Iran, les Etats-Unis et Israël.
Alors que le PS a dû multiplier localement les alliances avec LFI pour espérer conserver ses villes, les socialistes récusent l’idée d’une poussée insoumise, soulignant que le PS restera « la première force de gauche » au niveau local. En même temps, le PS assume les fusions avec les listes LFI. Une stratégie que les opposants à la direction d’Olivier Faure jugent « illisible ».
À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.