Suppression de l’objectif de réduction de la part du nucléaire de 50 % par le Sénat : « Cela revient à considérer le débat public sans intérêt »
Lors de son examen le 17 janvier, le Sénat a supprimé l’objectif de la réduction du seuil de la part du nucléaire de 50 % d’ici 2035, actuellement inscrit dans la loi. Les responsables du débat public sur la construction de nouveaux réacteurs, commencé en octobre dernier, s’alarment de ce choix des sénateurs. 

Suppression de l’objectif de réduction de la part du nucléaire de 50 % par le Sénat : « Cela revient à considérer le débat public sans intérêt »

Lors de son examen le 17 janvier, le Sénat a supprimé l’objectif de la réduction du seuil de la part du nucléaire de 50 % d’ici 2035, actuellement inscrit dans la loi. Les responsables du débat public sur la construction de nouveaux réacteurs, commencé en octobre dernier, s’alarment de ce choix des sénateurs. 
Public Sénat

Par Public Sénat et AFP

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Présenté en Conseil des ministres le 2 novembre 2022, le projet de loi visant à accélérer la construction de nouveaux réacteurs nucléaires a été examiné au Sénat le 17 janvier 2023 en présence de la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher. Ayant pour objectif d’accélérer la construction de nouveaux réacteurs nucléaires, le texte simplifie, en outre, les démarches administratives nécessaires à l’établissement de nouvelles centrales.

Sur le fond, la question du nucléaire fait globalement consensus au sein de l’hémicycle : mis à part une franche opposition des écologistes, les sénateurs se positionnent en faveur d’une accélération de son déploiement. Parallèlement, quittant la sphère parlementaire, les Français sont invités depuis octobre 2022, à se prononcer sur la construction de nouveaux réacteurs nucléaires ainsi que sur les choix énergétiques du pays en participant au débat public, orchestré par la Commission nationale du débat public (CNDP).

Ainsi, le texte en question se voulait « purement technique », laissant le fond de la question à prochaine loi de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), prévue pour l’été 2023. C’était sans compter sur les modifications apportées par la commission des lois.

Par le biais de son rapporteur LR Daniel Gremillet, la commission a profité de ce texte pour introduire la suppression de l’objectif de réduction de la part du nucléaire dans le mix électrique à 50 %, actuellement en vigueur. Leur but étant de marquer une nette accélération dans la relance du nucléaire. Lors de l’examen du projet de loi en séance et, revenant sur les verrous institués par la précédente loi de programmation pluriannuelle de l’énergie, les sénateurs ont entériné le choix de la commission.

Pour Chantal Jouanno, présidente de la Commission nationale du débat public, et Michel Badré, président du débat public, cela revient à soustraire la question du nucléaire à la société civile, notamment dans le cadre du débat se tenant jusqu’au 27 février 2023. « Vous voulez tuer le débat public » a également accusé la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher lors de ses échanges avec les sénateurs dans l’hémicycle.

« Une telle mesure anticipe de quelques mois un débat relevant du projet de loi de programmation énergétique, attendu au plus tôt cet été, […] elle revient à considérer comme sans intérêt pour définir la stratégie énergétique les interrogations, les remarques et les propositions faites lors du débat public en cours » ont dénoncé les deux responsables. Pour eux « cela revient à considérer sans intérêt le débat public » sur la construction de nouveaux réacteurs nucléaires.

Durant l’examen du texte, la sénatrice Sophie Primas, présidente Les Républicains de la commission des affaires économiques, a néanmoins souhaité préciser le choix de sa commission : « Nous ne préemptons pas le débat : cet objectif de 50 % pourrait devenir 75 %, ou bien 20 % ».

 

Partager cet article

Dans la même thématique

« Matignon, we are dans la mouise », réagit le rapporteur général du budget au Sénat à l’issue du comité d’alerte des finances publiques
6min

Politique

« Matignon, we are dans la mouise », réagit le rapporteur général du budget au Sénat à l’issue du comité d’alerte des finances publiques

Le sénateur (LR) Jean-François Husson ressort mécontent d’une réunion sur les perspectives des finances publiques, à laquelle a participé le gouvernement, des parlementaires, des représentants des collectivités locales ou encore de la Sécurité sociale. « Beaucoup de communication et très peu d’action », déplore le sénateur. Bercy annonce des mesures supplémentaires de freinage de la dépense, à hauteur de 3 milliards d’euros.

Le

LIEVIN : fete champetre du RN – RN party event « La fete champetre » in Lievin
2min

Politique

Marine Le Pen condamnée à 1 an ferme sous bracelet, mais éligible en 2027, elle pourrait être candidate à la présidentielle

Coup de théâtre dans l’affaire de détournement de fonds publics des assistants parlementaires européens du FN, la Cour d’appel n’a pas suivi les réquisitions du parquet et a réduit la peine d’inéligibilité de Marine Le Pen de 5 ans à 45 mois dont 30 mois avec sursis et à une peine de trois ans de prison ferme dont un an sous bracelet électronique. Elle pourrait donc être candidate à l’élection présidentielle.

Le

Paris : Session of questions to the government at the National Assembly
9min

Politique

Direct. Marine Le Pen condamnée à 1 an ferme sous bracelet électronique, et à 45 mois d'inéligibilité, dont 30 mois avec sursis

A l’issue du délibéré, dans l’affaire de détournement de fonds publics des assistants parlementaires européens du FN, la cour d’appel de Paris a revu à la baisse la condamnation de la députée RN. Condamnée à 45 mois d'inéligibilité, dont 30 avec sursis, elle peut en théorie être candidate à la présidentielle de 2027, mais la cour d'appel de Paris l'a aussi condamnée à un an de prison aménageable sous bracelet électronique. Or, Marine Le Pen a d’ores et déjà estimé qu’il ne lui serait « pas possible » de faire campagne dans ces conditions. La décision d’être candidate lui revient.

Le

FRA – ELECTIONS MUNICIPALES – LR RETAILLEAU
2min

Politique

« La justice ne doit avoir qu'une chose en tête : Marine Le Pen est-elle oui ou non coupable », affirme Bruno Retailleau

Le candidat à la présidentielle et sénateur LR a appelé la justice à être « impartiale », affirmant au micro de BFMTV que « les hommes et femmes politiques ne sont ni en dessous des lois, ni au-dessus », à quelques heures de la décision de la Cour d’appel sur le sort de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires. Que la leader du RN soit jugée inéligible ou non, « ça ne changera rien » en vue de la présidentielle, assure-t-il.

Le