Catherine Colonna, la nouvelle ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, était auditionnée par le Sénat mercredi 19 juillet. Alors que les élus de la Chambre Haute s’inquiètent des conséquences de la suppression du corps diplomatique, dans le cadre de la réforme de la haute fonction publique voulue par Emmanuel Macron, la ministre a plutôt cherché à attirer leur attention sur les baisses d’effectifs qui ont frappé son ministère ces dernières années.
Suppression du corps diplomatique : Catherine Colonna évacue toute suspension de la réforme, mais appelle à « réarmer les Affaires étrangères »
Catherine Colonna, la nouvelle ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, était auditionnée par le Sénat mercredi 19 juillet. Alors que les élus de la Chambre Haute s’inquiètent des conséquences de la suppression du corps diplomatique, dans le cadre de la réforme de la haute fonction publique voulue par Emmanuel Macron, la ministre a plutôt cherché à attirer leur attention sur les baisses d’effectifs qui ont frappé son ministère ces dernières années.
Non, il n’y aura pas de retour en arrière possible sur la réforme du corps diplomatique, à l’origine d’une grogne inédite parmi les personnels des Affaires étrangères. Telle est la réponse apportée ce mercredi par Catherine Colonna, la nouvelle ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, à la mission sénatoriale qui appelle le gouvernement à suspendre une réforme considérée comme « dangereuse ». « Je vais être honnête, il ne saurait y avoir de suspension de la réforme du corps diplomatique puisqu’elle est achevée », a expliqué la cheffe de la diplomatie française, qui était auditionnée au Palais du Luxembourg, quelques heures seulement après que les deux rapporteurs de la mission sénatoriale, André Vallini (PS) et Jean-Pierre Grand (Les Indépendants), eurent présenté leurs conclusions.
La réforme de la haute fonction publique mise en place Emmanuel Macron acte la fin des grands corps de l’Etat, remplacés par un corps unique des administrateurs de l’Etat, et ce afin de varier les profils des hauts fonctionnaires. Il s’agit de l’une des réponses apportées par le chef de l’Etat à la crise des Gilets Jaunes, espérant ainsi en finir avec un certain corporatisme et le cloisonnement des carrières dans la haute administration. Publié pendant l’entre-deux tours de la présidentielle, un décret a mis le feu aux poudres du côté du Quai d’Orsay en actant l’extinction du corps des conseillers des affaires étrangères et de celui des ministres plénipotentiaires. Le 2 juin, les diplomates se sont mis en grève, une situation rarissime.
Une crise qui « ne tient pas qu’à une réforme »
Désormais, la Chambre Haute réclame la « suspension » de cette réforme (déjà entrée en vigueur donc), le temps que soient organisés des « états généraux de la diplomatie ». « Nous rejetons la réforme dans son principe. Elle porte un risque pour la pérennité de la diplomatie française et le maintien de notre capacité d’influence », a expliqué, en préambule de l’audition de la ministre, le sénateur LR Christian Cambon, président de la commission des Affaires étrangères.
« Le Quai d’Orsay a connu un mouvement de grève le 2 juin dernier. C’est une mobilisation inhabituelle, dont je mesure toute la portée, dont le gouvernement mesure toute la portée. Elle est révélatrice d’un malaise qui touche notre administration centrale comme nos postes à l’étranger », a concédé la ministre. Mais après avoir défendu une réforme (voir la vidéo en fin d'article) qui a fait l’objet, selon elle, « d’un certain nombre de contre-vérités », Catherine Colonna a largement attribué le mal-être des agents aux réductions d’effectifs et de moyens subies par son portefeuille au fil des années. La ministre a ainsi voulu recentrer la question sur son aspect
budgétaire, alors que le Parlement aura précisément à plancher dans quelques mois sur le projet de loi de finances pour 2023.
« Ce contexte ne tient pas qu’à une réforme mais à une prise en tenaille entre nos moyens et nos missions », a-t-elle justifié. « La mobilisation est aussi révélatrice d’un décalage croissant, au fil des années, entre les missions confiées à ce ministère toujours plus nombreuses […] et, face à cela, les moyens budgétaires, les moyens humains. »
Baisse des effectifs mais augmentation des missions
« Il faut réarmer le ministère des Affaires étrangères en termes budgétaires, et surtout en termes d’emplois. L’enjeu est capital », a plaidé celle qui fut ambassadrice de France au Royaume-Uni. « En 15 ans, à périmètre constant, ce ministère a perdu plus de 18 % de ses effectifs, alors que les effectifs de l’Etat restaient globalement stables. Comment les agents de mon ministère pourraient-ils assurer des fonctions toujours plus nombreuses, plus importantes, plus critiques avec tant de personnels en moins ? », a-t-elle interrogé.
Si l’action de son prédécesseur, Jean-Yves Le Drian, a permis de mettre fin aux coupes budgétaires, elle rappelle que le Quai d’Orsay n’a pas pour autant bénéficié des revalorisations importantes accordées à d’autres administrations, notamment face à la menace terroriste. « Je voudrais rappeler que nous sommes un ministère dit 'régalien'. D’autres ministères régaliens ont vu leurs moyens augmenter. La Défense l’a fait, et c’était nécessaire. La Justice l’a fait, et c’était nécessaire. La DGSE l’a fait et c’était nécessaire », a énuméré Catherine Colonna. « Nous avons fait, année après année, des efforts tels qu’ils nous amènent à la situation décrite par votre rapport. »
Et d’appeler, à l’issue de ce plaidoyer, les sénateurs à appuyer un renforcement des crédits alloués à son portefeuille. « J’espère que dans la discussion budgétaire qui s’annonce, je pourrai compter sur la bienveillance et même l’appui de la représentation parlementaire. »
Face à la hausse du carburant et de l’inflation, les Français font des économies. Mais « la seule variable d’ajustement est aujourd’hui l’alimentation », alerte la directrice de Famille Rurale, Nadia Ziane. Pour lutter contre la précarité alimentaire, la sénatrice écologiste Antoinette Guhl propose une loi visant à garantir l’accès de denrées alimentaires saines à prix coutant, soit sans marge des distributeurs.
Selon le dernier baromètre Odoxa-Backbone et Public Sénat, la candidate du Rassemblement national recueille 37 % des intentions de vote au premier tour, soit près de deux fois plus que ses deux poursuivants, Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe. Au second tour, elle l’emporterait largement face au leader insoumis (68 %) et plus modestement face à Édouard Philippe (53 %).
Selon le dernier baromètre Odoxa-Backbone pour Public Sénat et la presse régionale, les courbes se croisent : le leader de La France insoumise gagne deux points et passe devant l'ancien Premier ministre. Au centre, Édouard Philippe, pourtant fragilisé, reste de loin le mieux placé face à Gabriel Attal.
« Ces deux mandats macronistes nous lèguent 1300 milliards d’euros de dette supplémentaire », soit « plus de 400 millions d’euros par jour », a dénoncé la nouvelle présidente du groupe RN/UDR du Sénat, Edwige Diaz. Le premier ministre a pointé en retour l’effort demandé aux collectivités par le Rassemblement national. La sénatrice RN a démenti les chiffres, pourtant bien inscrits dans le contre-budget du RN.