Syrie : une délégation parlementaire se rendra au Kurdistan en début d’année
En marge du regain de tensions entre la Turquie et les forces kurdes du nord de la Syrie et de l’Irak, un groupe de quatre sénateurs et d’une députée, issus de différents horizons politiques, envisagent de se rendre dans la région du Rojava au mois de janvier. Ils veulent rappeler le rôle essentiel des Kurdes dans la lutte contre Daesh, alors qu’Ankara semble sur le point de lancer une offensive contre le Kurdistan.

Syrie : une délégation parlementaire se rendra au Kurdistan en début d’année

En marge du regain de tensions entre la Turquie et les forces kurdes du nord de la Syrie et de l’Irak, un groupe de quatre sénateurs et d’une députée, issus de différents horizons politiques, envisagent de se rendre dans la région du Rojava au mois de janvier. Ils veulent rappeler le rôle essentiel des Kurdes dans la lutte contre Daesh, alors qu’Ankara semble sur le point de lancer une offensive contre le Kurdistan.
Romain David

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

« Nous voulons voir de près ce que nous sentons de loin, à savoir le risque de résurgence de Daesh », explique la sénatrice UDI de La Réunion Nassimah Dindar. Cette élue va participer au début du mois de janvier, avec un petit groupe de parlementaires, à un déplacement au Rojava, territoire kurde de Syrie. La délégation, composée de quatre sénateurs - outre Nassimah Dindar, les communistes Pierre Laurent et Laurence Cohen, ainsi que le socialiste Rémi Féraud – et d’une députée, l’écologiste Marie Pochon, a sollicité un entretien avec la ministre des Affaires étrangères, Catherine Colonna, pour obtenir l’appui du gouvernement et définir les conditions de sécurité de ce voyage. « On parle souvent de diplomatie parlementaire. Nous avons aujourd’hui un rôle d’interpellation », a martelé Rémi Féraud à l’occasion d’une conférence de presse commune, ce jeudi 1er décembre.

L’objectif : faire montre du soutien français aux Kurdes, sous le coup de bombardements turcs depuis plusieurs jours. Et alerter sur les risques liés à un regain de tensions dans la région, ce qui pourrait favoriser le retour des combattants djihadistes. Cette démarche s’inscrit dans la suite de la tribune publiée par Le Journal du Dimanche fin juillet, baptisée « Il faut contrer la folie guerrière d’Erdogan », et signée par 102 parlementaires de tous bords. Une initiative lancée par la sénatrice du Val-de-Marne Laurence Cohen. « La situation est extrêmement tendue. Nous voulons en montrer la gravité à travers une mobilisation des parlementaires de toutes sensibilités confondues. Erdogan profite des regards braqués sur l’Ukraine pour bombarder infrastructures, hôpitaux, écoles… », pointe-t-elle.

« Pour le moment, nous jugeons que la réaction internationale, dont celle de la France, n’est pas à la hauteur de l’enjeu », abonde Pierre Laurent, qui rappelle que Paris a déjà été en mesure de freiner les prétentions du président turc Recep Tayyip Erdogan, en Méditerranée orientale notamment. Le sénateur a également adressé une question écrite au gouvernement, afin que la France appuie la mise en place d’une enquête internationale, alors que des allégations sur l’emploi d’armes chimiques par la Turquie au Kurdistan irakien se multiplient.

Les visées expansionnistes de la Turquie

La Turquie semble désormais prête à lancer une nouvelle offensive terrestre contre la Syrie. Le président Erdogan a ordonné le 20 novembre une série de raids aériens dans le nord-est du pays et le nord de l’Irak, une zone aux mains des rebelles kurdes, alliés des Occidentaux dans la lutte contre le groupe Etat islamique, mais qu’Ankara continue à considérer comme des « terroristes ». Ces bombardements constituent des représailles à l’attentat du 13 novembre dernier à Istanbul, qui a fait 6 morts et 80 blessés. Officiellement, l’attaque n’a pas été revendiquée, mais Ankara estime qu’elle a été planifiée depuis le Kurdistan. Depuis des mois, le président turc se dit « déterminé » à créer un « corridor de sécurité » de 30 km le long de la frontière turco-syrienne, une ambition à laquelle le désengagement des Américains dans la région et le conflit ukrainien semblent laisser le champ libre.

Les Occidentaux redoutent que de nouveaux combats ne se fassent à la faveur des djihadistes. Sébastien Lecornu, le ministre français des Armées, s’en est ouvert à son homologue turc, Hulusi Akar, au cours d’un entretien téléphonique mardi. « Il a prévenu qu’une intervention, en particulier à l’Est de l’Euphrate, risquait de mettre en danger la sécurité des personnels de la Coalition internationale opérant dans le Nord-Est syrien et de favoriser l’évasion de combattants de l’Etat islamique compromettant ainsi la sécurité de nos concitoyens en France », indique un communiqué du ministère.

Un « modèle » kurde

Le programme et la durée du voyage parlementaire restent encore à préciser, mais les élus entendent se rendre dans des sites clefs de la résistance à Daesh, échanger avec différents responsables locaux, « mais aussi se porter à la rencontre des populations ». « Il y a une tentation à abandonner les Kurdes à leur sort. Ce serait une faute morale vis-à-vis d’alliés qui ont été et sont encore absolument indispensables dans la lutte contre le djihadisme », plaide Rémi Féraud. Les parlementaires veulent également faire valoir « les initiatives en matière de démocratie participative » mise en place au Rojava et qui doivent, selon eux, servir de « modèle » dans une région bouleversée par l’extrémisme politico-religieux, sur fond de guerre civile syrienne.

Partager cet article

Dans la même thématique

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2026 du Medef – Présidentielle 2027 : Premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
7min

Politique

Présidentielle 2027 : quel est le dernier décompte des candidats déjà sur la ligne de départ ?

À moins de huit mois du premier tour, la course à l'Élysée prend forme. L'élection présidentielle se tiendra les 18 avril, puis le 2 mai 2027, dans un paysage politique fragmenté où les sondages placent l'extrême droite en position favorable. Sur la ligne de départ, les prétendants se bousculent déjà, chacun assurant être le mieux placé pour l'emporter. Mais cette liste reste à ce stade provisoire, aucun nom ne sera officiellement retenu avant la validation des parrainages par le Conseil constitutionnel.

Le

Carte sénatoriale 2026 candidats
2min

Politique

CARTE. Elections sénatoriales : découvrez les candidats dans votre département

Les élections sénatoriales auront lieu dimanche 27 septembre. 178 sénateurs sur 348 que compte la chambre haute, vont être élus ou réélus dans 63 départements et dans la circonscription représentant les Français établis hors de France. Découvrez les noms et les listes des candidats par départements.

Le

PARIS – GATHERING FOR RIMA HASSAN AT PARIS COURT.
3min

Politique

Rima Hassan porte plainte devant la CJR contre Laurent Nuñez pour « violation du secret de l’enquête »

Après les révélations de l’émission de France Télévisions, « Complément d’enquête », Rima Hassan porte plainte devant la Cour de Justice de la République contre le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez pour « violation du secret de l’enquête », suite à la diffusion d’une fausse information dans la presse selon laquelle une petite quantité de drogue de synthèse avait été trouvée dans le sac de l’eurodéputée LFI, lors d’une garde à vue en avril dernier.

Le

Budget 2027 : qui sera touché par les économies proposées par le gouvernement ?
7min

Politique

Budget 2027 : qui sera touché par les économies proposées par le gouvernement ?

Fonctionnaires, retraités, assurés sociaux, ministères hors sphère régalienne ou secteurs d’avenir comme l’écologie ou la recherche, familles : les textes budgétaires devraient concerner de larges pans de la société, en se basant sur les premiers éléments communiqués par le Premier ministre.

Le