Une délégation sénatoriale à Taïwan du 4 au 11 octobre dans un contexte de fortes tensions avec la Chine
Un groupe de sénateurs français se rend lundi à Taïwan pour une visite d’une semaine. L’objectif : favoriser la participation de l’île, diplomatiquement très isolée, à plusieurs assemblées internationales. La Chine a déjà marqué sa désapprobation face à ce déplacement, alors que les rapports entre Pékin et Taipei connaissent un regain de tension.

Une délégation sénatoriale à Taïwan du 4 au 11 octobre dans un contexte de fortes tensions avec la Chine

Un groupe de sénateurs français se rend lundi à Taïwan pour une visite d’une semaine. L’objectif : favoriser la participation de l’île, diplomatiquement très isolée, à plusieurs assemblées internationales. La Chine a déjà marqué sa désapprobation face à ce déplacement, alors que les rapports entre Pékin et Taipei connaissent un regain de tension.
Romain David

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Un groupe de sénateurs français doit s’envoler lundi pour Taïwan, jusqu’au 11 octobre. Cette visite s’inscrit dans la continuité de la résolution adoptée par la seconde chambre du Parlement le 6 mai dernier, « en faveur de l’association de Taïwan aux travaux de plusieurs organisations internationales ». Le but est de favoriser la participation de l’île et de ses 23,5 millions d’habitants à diverses institutions internationales, telles que l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques ou encore Interpol. Seule une quinzaine de pays dans le monde reconnaissent Taïwan - officiellement « République de Chine » -, la majorité des États, dont la France, reconnaissant comme souverain le géant continental, c’est-à-dire la « République Populaire de Chine ». Pour autant, le poids économique de l’île, et plus récemment une gestion jugée efficace de la crise du covid-19, plaident en faveur d’un plus grand rapprochement diplomatique avec Taipei. Au grand dam de Pékin, qui considère Taïwan comme une province chinoise rebelle, sur laquelle elle revendique son autorité.

Samedi, 39 avions militaires chinois ont traversé la zone d’identification de défense aérienne de l’île. Ces derniers jours, les incursions de ce type se sont multipliées dans le ciel taïwanais. Durant un point presse, le Premier ministre Su Tseng-chang a qualifié l’attitude de la Chine de « belliqueuse », et a estimé qu’elle avait « porté atteinte à la paix régionale tout en se livrant à de nombreux actes d’intimidation ». C’est dans ce contexte de fortes tensions, qu’interviendra la visite sénatoriale qui doit débuter mardi. Emmenés par le sénateur LREM Alain Richard, ancien ministre de la Défense sous Lionel Jospin, les sénateurs Max Brisson (LR), André Vallini (socialiste), Else Joseph (LR) et Olivier Cadic (centriste) doivent notamment rencontrer Tsai Ing-wen, la présidente de Taïwan. Selon Le Monde, les élus se tiendront à l’écart des célébrations de la fête nationale, le 10 octobre. Alain Richard précise également au quotidien du soir que ce déplacement se fait « en concertation étroite avec le Quai d’Orsay ». Sollicité par Public Sénat quant au planning détaillé de cette visite et à ses attentes, l’élu n’a pas souhaité en dire davantage, réservant tout commentaire à son retour en France la semaine prochaine.

La Chine fait savoir son opposition

On comprend que la délégation marche sur des œufs, après un accrochage en mars dernier avec l’ambassade de Chine à Paris. L’annonce de ce déplacement avait alors donné lieu à de vifs échanges, la mission diplomatique chinoise faisant savoir sur Twitter qu’elle réprouvait tout « contact officiel entre les pays ayant des relations diplomatiques avec la Chine et les autorités taïwanaises », allant même jusqu’à évoquer d’éventuelles « conséquences ». « Nous allons faire ce déplacement quand ça conviendra du point de vue protocolaire aux autorités de Taïwan », avait à l’époque balayé auprès de Public Sénat Alain Richard. Celui qui est également président du groupe d’amitié France-Taïwan au Sénat expliquait avoir fait savoir à Lu Shaye, l’ambassadeur de Chine en France, « que cette visite n’avait pas de caractère contradictoire avec la reconnaissance de Pékin par la France ».

Malgré tout, il y a fort à parier que la Chine fasse de nouveau savoir son mécontentement dans les prochains jours. "Les autorités de Taïwan vont recevoir les sénateurs français en grande pompe, il y aura des déclarations sur place. Il faudra certainement s’attendre à une protestation de la part de Pékin », relève le sénateur LREM André Gattolin, également membre du groupe d’amitié France-Taïwan.

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